Unstable feelings - T2
ch027
Chapitre 27
Lysandre
C’est bien parce que Logan s’occupe désormais de la direction des Nyx, que je ne peux rien dire concernant la présence d’Erika. Comme chaque année, à mon anniversaire, je suis, sans surprise, tendu, je ne sens pas cette soirée qu’ils ont organisée. Je ne comprends même pas pourquoi elle est ici, je croyais qu’il en avait marre d’elle. Finalement, elle a dû réussir à obtenir ce qu’elle désirait de lui et il doit, par conséquent, se la coltiner. Dès qu’elle se trouve dans le secteur, la nervosité investit mon corps, je n’aime pas la voir. Encore moins lorsque Sky se tient également dans le coin. Mon instinct me crie que, à tout moment, ça pourrait dégénérer. J’ignore pourquoi elle ne me lâche pas la grappe non plus. Quand Logan a le dos tourné, elle n’a de cesse de me narguer, me provoquer inutilement. Même si je sais que je ne céderai pas à ses foutues avances, sa venue me déplaît.
Sky me repère alors que je suis assis sur une banquette et que la blonde se tient à tout juste un mètre de moi, à me bouffer du regard. Je la sens mal, cette soirée de merde. Elle stoppe ses pas précipités en la dévisageant un infime instant avant de se reprendre. Sky arbore un sourire qui se veut chaleureux, mais je sais, pour le coup, qu’il est bourré de fausseté. Tout comme moi, elle n’apprécie pas cette fille. Toutefois, sûrement pas pour les mêmes raisons. Je m’attends à ce que, d’une seconde à l’autre, elle m'embrouille avec cette meuf dont je n’ai rien à foutre, qu’elle pète un câble, cependant rien ne se produit. Sky n’a rien à voir avec Natalia, elle n’est pas aussi… excessive. Elle intériorise jusqu’à ce que ça explose et je ne sais pas si c’est mieux.
Pour couronner le tout, à cause de cette nana, elle a l’air de ne pas oser
franchir les derniers centimètres qui nous séparent. À croire qu’elle nous dérange. Un pli barre mon front pendant que je me lève pour la rejoindre. Son visage suit le mouvement en se redressant pour garder un contact avec moi. Sa clavicule peu couverte par la bretelle de sa robe noire se parcourt de frissons. Mes iris ne peuvent s’empêcher de la couver du regard, de la caresser visuellement comme j’aimerais tant le faire de mes mains. La chaleur de son corps près du mien affole mon pouls déjà survolté dès que je la perçois dans mon champ de vision. Elle est belle, elle l’est toujours, mais ce soir, il y a un petit plus que je n’arrive pas à discerner avec certitude.
— Bonsoir, murmuré-je en posant un baiser sur sa joue. — Bon anniversaire, réplique-t-elle sur le même ton. Est-ce qu’il y
aurait un truc que je devrais connaître à propos de cette fille… et toi ? me demande-t-elle faiblement.
Elle est calme, or je ne m’y trompe pas, l’électricité qui anime cette
conversation s’avère dangereuse. Trop pour que je ne désire m’y risquer. Je tressaille, et par chance, elle ne voit rien. J'ai conscience que ma réponse pourrait engendrer un tas de réactions chez elle, de problèmes également, alors c’est plus fort que moi, je lui mens et je m’en veux aussitôt. Hélas, je ne reviendrai pas pour autant sur mes paroles.
— Non, pourquoi ?
Elle secoue la tête.
— Rien, c’est juste moi qui affabule, dit-elle en souriant sincèrement.
J’ai un cadeau pour toi, mais je ne sais pas s’il te plaira, ni si je dois te le donner maintenant ou après, bredouille-t-elle en rougissant.
— Pourquoi plus tard ? C’est une bombe et tu ne veux pas que l’on
découvre que tu cherches à me nuire ? tenté-je l’humour.
— C’est… exactement ça, rétorque-t-elle avec des étoiles dans les
yeux.
Je n’ai pas l’occasion de lui proposer de nous éclipser pour n’être que
tous les deux que nous sommes interrompus par Logan. Je grince quelque peu des dents en le voyant la scruter avec malice et… gourmandise alors que sa copine du moment n’est pas loin, et que je suis là.
— Bonsoir, Sky, sifflote-t-il. Es-tu une bonne joueuse ?
Elle braque un regard agacé sur lui.
— Ça dépend à quoi, et avec qui. Si c’est une sorte de code faisant référence à des choses que je ne souhaite surtout pas entendre de ta bouche, je préfère passer mon tour, Logan. Au revoir.
Sa réponse a le don de lui arracher ce sourire roublard qui a fini par m’énerver avec le temps. Elle stimule trop son intérêt.
— Je parlais de poker, petite vicieuse. Et pas celui qui implique que tu perdes tes fringues, si tu veux le savoir. Je suis un gentleman, ce soir.
Elle s’esclaffe.
— C’est ça, persifle-t-elle. Je ne sais pas jouer au poker, mais j’apprends très vite. Alors, je serai de la partie.
— Super ! T’entends ça, Lys. Sky va jouer avec nous. La partie risque d’être… méga intéressante, annonce-t-il, volontairement licencieux.
D’une œillade, que j’espère suffisamment froide pour qu’il percute que je veux le voir déguerpir, je porte mon attention sur lui en effectuant un pas dans sa direction. Je sais de quoi cela a l’air de l’extérieur, cependant, je ne suis pas en train de marquer mon foutu territoire. Sky s’appartient à elle seule, je tente uniquement de le mettre en garde sur les potentielles conneries qu’il pourrait dire ou commettre.
Sa paume vient claquer ma joue avec insouciance pendant que ses menaces déguisées me parviennent à l’oreille :
— Ne te bile, je ne trahirai pas tes vilains petits secrets.
Je tourne la tête vers la rouquine qui nous observe avec inquiétude. J’essaie de me détendre, mais avec Logan et Erika dans les parages, cela risque d’être compliqué.
— Et si tu profitais de ta soirée d’anniversaire. J’suis certain que Sky a un joli cadeau pour toi, en ajoute-t-il une couche.
Elle l’entend parfaitement et s’empourpre en le fusillant du regard, ce qui déclenche l’hilarité du blond. Sans plus attendre, je la rejoins, saisis sa main afin de nous éloigner de la fête, et par la même occasion de la nervosité que provoque Logan.
— C’est moi ou il est encore plus insupportable maintenant qu’il dirige tout ce bordel ? bougonne Sky qui me suit sans opposer de résistance.
Évidemment, on lui a donné les clefs du royaume et il ne sait pas quoi en faire. Il n’a pas été habitué à gérer quoi que ce soit. Les responsabilités, ça n’a jamais été son fort. Logan est présent pour semer le chaos, pas pour réparer. Nous nous ressemblons sur certaines choses, mais en cela, nous sommes bien différents. Le chaos me poursuit et me fait culpabiliser. Je ne suis pas sûr qu’il soit touché par ses propres erreurs.
— Ne te préoccupe pas de lui, il n’en vaut pas la peine, désapprouvé-
je dès que nous franchissons le couloir dépourvu de lumières.
Sky bondit presque de peur alors que j'agrippe ses hanches et l’accule
gentiment dans ce coin tranquille près de la fenêtre où il n’y a personne. Le rideau tiré, un faible halo de lampadaire traverse ces derniers, éclairant suffisamment son visage pour que je sois en mesure de la discerner.
— Es-tu en colère ?
— Pourquoi le serais-je ?
— Je ne sais pas. Tu as l’air… tendu, confie-t-elle avec son honnêteté
habituelle.
Je ris, la pression descend subitement. Mes phalanges se contractent
autour de ses hanches pour qu’elle ne bouge pas. En la voyant dos à cette fenêtre, dans la semi-pénombre, j’ai pourtant bien peur des conneries que je pourrais faire parce qu’elle est trop jolie, même pour moi. Si j’ai besoin de ces sécurités pour me protéger, j’ai aussi surtout la trouille du mal que je pourrais lui faire, de ce qu’elle pourrait découvrir. Le désir est trop violent, inassouvi et vif pour que je maîtrise la moindre pulsion qui me hurle de la prendre ici, quand bien même le risque est si grand. Notre relation ne peut pas marcher. Malgré tout, je m’accroche en sachant que je la ferai souffrir. Mathématique, inévitable.
Une tout autre intensité investit son regard, de ses hanches, Sky frôle
la ceinture bouclée autour des siennes. Un sifflement ne tarde pas à se manifester. Ma respiration s’accélère, mon sang bout, son pouls s’affole et colore davantage ses joues. Son exhalation caresse finalement ma peau, je lutte comme un damné, c’en est trop lorsque son corps tout entier s’emboîte à la perfection contre le mien. Nos dents s’entrechoquent, nos lèvres se meuvent l’une autour de l’autre avec une avidité qui en deviendrait presque trop indécente, si ce n’était pas aussi bon. Ses deux mains s’égarent dans ma tignasse qu’elle malmène tout autant que ma retenue.
Elle gémit faiblement au moment où mon bas-ventre frotte le sien.
D’autres qui ne sont pas les siens couvrent l'arrière-plan de mon esprit déglingué. Je contracte violemment les mâchoires en reculant de justesse. De brutaux souvenirs se sont invités bien malgré moi, une suée froide s’étend le long de mon épine dorsale. Discrètement, alors que je lui tourne le dos, un pincement à travers le tissu fin de mon boxer me contraint à revenir à mes résolutions initiales. Je n’y vais pas de main morte, la douleur est vive, quasiment insupportable. Je ne peux pas repenser à ces conneries, pas lorsqu'elle est avec moi. Je ne peux pas avoir envie de la baiser à ce point quand je sais vers quoi cela nous mènera. Elle mérite mieux qu’un putain de dégénéré dans mon genre.
— Tout va bien ? s’inquiète-t-elle.
— Ouais. On va aller faire cette partie de poker, si tu es toujours partante.
Je suis sur le point d’effectuer un pas en avant afin de regagner la lumière, de m’éloigner des vices qui m’emplissent la tête quand sa petite paume s’accroche à mon avant-bras. Une colère sourde m’envahit et elle n’est en rien responsable. Je me sens seulement minable de l’embrasser pour ensuite feindre qu’il ne s’est rien produit. Je ne pourrai plus me retenir encore longtemps, j’en ai parfaitement conscience. Nos baisers prennent une dimension plus intense que jamais, nos corps s’échauffent et provoquent des étincelles au moindre frôlement.
— Ai-je fait quelque chose qui t’a déplu ?
La claque.
Si seulement…
Les choses seraient bien plus simples entre nous.
Mon esprit n’a jamais été plus tourmenté qu’aujourd’hui. Je n’ai plus la drogue pour me cacher et occulter mes démons. Les conséquences de mes actes pourraient être dramatiques, la faire fuir. Elle n’a pas besoin d’un mec bousillé.
— Bien sûr que non. Tu es parfaite comme tu es, Sky. C’est moi qui déconne, rétorqué-je sans même la regarder.
Et qui me comporte comme un animal en rut…
— Tu peux me parler, tu sais ? bredouille-t-elle à mi-voix en glissant ses petits doigts pour enlacer les miens.
Comme une plume, elle caresse mon cœur et les plaies béantes que je ne suis pas parvenu à camoufler ni à désinfecter. Je n’ai pas son courage, la culpabilité me ronge, rien de pire que cela, que se sentir démuni et coupable. Alors qu’elle est un ange à qui on a arraché les ailes, et qui n’a rien à se reprocher. Elle serait une Sainte, si elle n’était pas si tentante, si je ne l’avais pas déjà souillée de mes mains. Que je ne crevais pas à l’idée de recommencer.
Ô bordel, qu’on me donne la force de résister.
J’ai mérité mon châtiment.
Elle tire avec douceur sur ma main pour que je me tienne face à elle.
Ses petits yeux, habitués au noir, me scrutent avec mélancolie.
— Je sais. Merci, murmuré-je.
La volonté m’a déserté au même titre que mes forces. Je suis fatigué
ce soir, je n’ai plus l’énergie de lutter, et pourtant… Je ne dois pas me relâcher, rien lui montrer de tout ça. Ça la détruirait certainement davantage, la dégoûterait, à supposer qu’elle puisse me croire.
— Tu veux ton cadeau ? couine-t-elle. J’ai peur qu’on se fiche de moi
si je te le donne devant les autres.
J’entends une once de honte dans sa voix, ce que je ne comprends pas.
Malgré tout, sa réflexion m’arrache un sourire à peine visible au coin des lèvres.
— Et pourquoi ça ?
— C’est peut-être un peu trop cucul pour un type de ta catégorie. Pour
ma défense, j’ai eu très peu de temps pour y songer et je ne connais pas tes goûts, bafouille-t-elle.
Je ricane, et ça fait du bien. Peut-être que Colin avait raison au fond.
Elle pourrait mettre fin à cette fichue malédiction des anniversaires gâchés. Je ne sais aucunement ce qu’elle a prévu, pourtant mon instinct me hurle que je vais adorer. Parce que ce sera le sien.
Trop cul-cul pour un type de ma catégorie, hein ? Si elle m’entendait
penser, elle ne se dirait probablement pas ce genre de conneries.
— Donne-le-moi, l’intimé-je.
Avant qu’elle ne change d’avis, elle fouille dans son sac à main, puis
en sort un petit paquet bleu – du moins, je crois. Difficile d’en juger les couleurs exactes avec le peu de luminosité.
— Si tu n’aimes pas, tu peux le jeter, s’empresse-t-elle de dire. — Hors de question !
Je le déballe rapidement pour découvrir une chaîne en argent avec un
pendentif. Je dois utiliser la lampe torche de mon portable pour le distinguer parfaitement. Une seconde, je reste sans voix. Une épée parsemée de petits diamants ensanglantés me rappelant l’escrime.
— Tu vois, c’était… c’est sûrement du toc en plus. Il faut se méfier d’Internet et des…
Je la fais taire en plaquant mes lèvres sur sa bouche gourmande. Un hoquet de surprise la saisit, mon cœur tambourine comme un dingue dans mon thorax. Cela faisait des années que l’on ne m’avait pas offert de cadeau qui soit exactement ce dont j'ai besoin. Je ne peux plus pratiquer l'escrime, j'ai tiré un trait à cause de mes addictions, et ce pendentif me rappellera en partie pourquoi j'ai fait ce choix. La sensation est étrange et grisante. Je sais que je ne m’en séparerai jamais, quand bien même cela puisse être un faux, je m’en bats royalement les couilles.
— Mets-le-moi, susurré-je au bord de ses lèvres.
Elle cligne des paupières, esquissant un large sourire qui me rend presque euphorique. Je la remercie et cesse de respirer, alors que son corps demeure encore si près du mien. L’atmosphère se densifie dès qu’une énième connexion visuelle s’installe entre nous. Si belle, si pure et si tentante. Des courants électriques dansent sur mon épiderme, je sens la chaleur de son petit être qui me nargue, me hurle de la toucher. Oh puis, merde !
Déraisonné, hors de contrôle, ma bouche fond sur la sienne pour ne faire qu’une. Un gémissement de bonheur lui échappe, une vague de bien-être remplit mon thorax. Mon bas-ventre se contracte, j’ignore la pulsion se trouvant dans mon boxer. Je veux la combler, la remercier comme il se doit.
Mes mains dévalent son corps que je presse spasmodiquement en rythme de ses halètements qui m’annoncent que je suis sur la bonne voie. La tête de Sky percute la vitre derrière elle, mes lèvres coulent avec délice sur la fine peau de son cou qui m’accueille sans résistance. Sa peau divine est un appel au péché, et ce soir, planqué dans le noir, je lui montrerai combien elle use ma patience, que lui résister est un supplice de chaque instant.
Un sifflement s’évade de sa gorge au moment où ma paume coulisse entre ses cuisses douces et crémeuses. Mon nez refait surface pour se placer devant son visage. Son regard avide, chamboulé par l’excitation qui grimpe en elle, me toise intensément. Elle me supplie de ne pas m’arrêter, craignant la douloureuse frustration d’un clitoris gorgé de désir inassouvi. Souffle contre souffle, ma bouche effleure la sienne, la pression insupportable de mon boxer me traduit combien j’en meurs d’envie, moi aussi.
Juxtaposé aux images tordues qui emplissent ma tête, je les chasse en
caressant l’arête de son nez, tout en introduisant mes phalanges à l’intérieur de sa culotte. Elle suffoque, sa poitrine se bloque brutalement au contact de mes doigts sur ce bourgeon qui ne demande qu’à être délivré de toute tension.
— Lys, siffle-t-elle entre ses dents.
Sa cage thoracique tremble au même titre que la mienne. Mon autre
main se pose sur la vitre derrière elle, près de ses cheveux. Mon index relève l’une de ses mèches de cheveux que je coince contre son oreille.
— Je suis là, murmuré-je, la voix rauque, chargée de désir. Son exhalation chaude fouette mes lèvres, elle joue également avec
moi. Elle aurait pu les plaquer sur les miennes, mais elle attend, sagement, faussement obéissante. Les monstres envahissant mon esprit aiment la voir… soumise, l’autre partie de moi exècre les choses que je voudrais lui faire.
Dans un énième souffle, mes phalanges glissent contre sa fente
trempée, allant et venant pendant que, pour ne pas perdre l’équilibre, son bras, s’entortille autour de mes épaules. Son bassin ondule, me donnant le rythme parfait pour la combler. Sa tête bascule contre mon oreille et ses gémissements brûlants me font perdre les pédales. J’accélère un peu avant d’introduire mes doigts dans son intimité étroite et mouillée. Une fois à l’intérieur, je ne me précipite pas, instaurant une frustration aussi douloureuse qu’excitante.
Calme-toi ou tu vas davantage déraper, me raisonné-je. — Hm, c’est bon, couine-t-elle.
Sa voix. Pas la sienne. Elle réussit à éloigner mes démons, mais pour
combien de temps ?
Son avant-bras m’enlace davantage, sa cage thoracique secouée de
soubresauts me guide, elle ne feint pas. Ses hanches s’écrasent contre les miennes, frottant mon érection que je ne peux en rien camoufler.
Les cuisses écartées et les fesses au bord de la fenêtre, Sky n’est plus
qu’un amas de chair qui succombe, elle ne se contrôle plus. Ses gémissements plus nombreux chantent délicieusement à mon oreille, et avant de commettre une autre connerie, je recule pour ne pas être tenter de me glisser entre ses lèvres embrasées qui m’étreignent tel un étau. Ma main se meut, mon regard étudie les traits de son visage, l’apaisement, l’exaltation qui l’illumine quand elle se lâche.
« Maintenant, c’est toi, la petite salope, Lysandre. »
Je secoue durement la tête avant de plaquer ma bouche contre celle de Sky. Un dernier mouvement de la main et elle décolle, son orgasme vibre au bord de mes lèvres et j’en atténue le volume sonore pour que l’on ne soit pas découvert. Elle manque de chuter, les jambes cotonneuses, j’enroule mon bras autour de sa taille pendant qu’elle rit, satisfaite.
Elle n’a rien vu de ce qui obscurcissait mes pensées, ce ne sera pas toujours le cas…
Elle reprend tranquillement sa respiration en se rhabillant, je place la chaîne en sécurité sous mon tee-shirt avant de lui tendre une main pour que nous regagnions la soirée et les autres.
Erin, pas bien loin d’Oliver, bondit sur Sky en lui demandant d’intégrer son équipe, je m’interpose derrière elle en lui clamant que la rouquine sera avec moi. Je compte lui montrer comment bluffer comme nul n’en n’est capable.
— Baby monster, tu es avec moi, ne fraternise pas avec d’autres, lui rappelle Logan.
— Je n’ai rien à apprendre de toi, j’en sais suffisamment pour ne pas vouloir m’y frotter, le rembarre-t-elle.
Avec un rictus hypocrite, elle lui adresse son majeur, déclenchant l’hilarité de Colin, Rose et Naoki.
— Tu me brises le cœur, petite teigne, dramatise-t-il en portant exagérément sa main contre son torse.
— Si tu en avais un, je m’inquiéterais. Permets-moi de m’en foutre, dans ce cas précis.
Erin englobe les épaules d’Oliver pendant que Logan sourit, amusé par son aplomb. Erika ne tarde pas à venir le coller, il se renfrogne sur-le-champ avant de quitter la pièce pour revenir peu après. J’ignore quelle mouche l’a piqué et ça n’a pas d’importance à mes yeux. Je m’installe avec Sky ainsi que les membres de mon équipe.
— Sois sans pitié, ils n’en auront aucune, soufflé-je près de son oreille, la faisant frissonner.
— Alors, apprends-moi, décrète-t-elle à tout juste un centimètre de mes lèvres.
Une chaleur électrique inonde mon être, son exhalation me bouscule
dans mes retranchements. Et parce que nous ne sommes plus seuls, je parviens à repousser l’effervescence qu’elle suscite en moi. Avec un sourire sardonique, je braque le regard vers l’équipe de Logan tout en lui mimant : “Je vais te laminer, pauvre con.”
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