War of Hearts (French Edition)

Marjory Kenlay · Chapitre 9 sur 52

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War of Hearts (French Edition)

Chapitre 9

 

Sierra

Comme si je l’avais brûlé, le brun lâche le panneau métallique, que je bloque avec mon pied, victorieuse d’avoir atteint ma cible. Ce mec est marié, pourtant il est malheureux de l’être. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Sans dire un mot de plus, l’homme regagne son véhicule et démarre dans la foulée. Touché ! Je me félicite silencieusement avant de gravir les marches de l’escalier. Arrivée à l’étage, j’entends des voix féminines ricaner. D’un pas conquérant, je pénètre dans la pièce principale.

— Salut les filles ! clamé-je joyeusement.

Trois paires d’yeux se fixent sur ma petite personne en même temps que le silence se fait entre les quatre murs. Sans gêne, je fais comme si j’étais en terrain conquis. Je m’installe près d’elles, me sers un verre de Martini blanc, puis trinque avec elles. Ses idiotes sont bouche bée devant mon aisance, sans réaction aucune à aucun moment. Quand la blonde s’interroge enfin.

— T’es qui toi ?

Décidément, ils ne savent dire que ça ici !

C’est la deuxième fois dans la même soirée qu’on me pose cette foutue question ! Dans mon quartier tout le monde sait qui je suis et se retourne sur mon passage. Il est grand temps de marquer les esprits ici aussi.

- Sierra Faming, l’informé-je, le sourire carnassier aux lèvres. Vous devez faire partie des divertissements multiples d’Andrea… Êtes-vous au courant de ses petits problèmes de santé ?

Leurs grands yeux ronds m’indiquent que non.

— Quels problèmes ? demande la brunette aux yeux bleus.

— Vous me faites marcher, non vraiment vous ne savez pas ? insisté-je d’une voix semblable à celle de ses trois bécasses. Eh bien, la cousine de la copine de mon cousin a passé une nuit avec votre beau brun. C’était chaud évidemment, ils ont baisé comme des bêtes toute la nuit, ricané-je, pour moi-même. Figurez-vous qu’après cette nuit-là, elle a commencé à se sentir dérangée, je montre mon entrejambe de la main et poursuis mon récit. Elle n’était pas bien du tout, donc la copine de mon cousin l’a emmenée voir le doc, et…

— Et quoi ? Dis-nous tous, on doit le savoir ! demande-t-elle paniquée.

— Eh bien le doc a dit à la cousine de la copine de mon cousin qu’elle avait attrapé une maladie sexuellement transmissible méga rare avec un nom de fleur, un truc comme ça !

— Oh, mon Dieu, comme les Violettas ?! s’égosille la blondasse.

Je tente de cacher le fou rire menaçant de s’emparer de moi en buvant une grande lampée de Martini.

— Exactement ! Alors, moi je ne sais pas ce que vous aviez prévu avec lui ce soir, mais… il serait peut-être plus prudent de reporter, nan ? insisté-je heureuse qu’elles gobent toutes mes conneries avec tant de facilité.

Sans plus de réponses, les trois nanas déguerpissent comme si elles avaient le feu aux fesses, me laissant le champ libre. Andrea est à moi, point barre ! Toujours sur le canapé, je m’affale contre le dossier en sirotant mon verre, extrêmement fière de ma performance, quand des applaudissements me font sursauter. Je me retourne avec la lenteur d’un slow motion vers le son qu’ils produisent. Je suis comme qui dirait prise la main dans le sac.

— Félicitations ! C’est bien la première fois que j’assiste à un truc pareil !

— J’en conclus que tu as tout entendu ?

— Le moindre mot…

— Oh…

— Tu me paraissais bien plus loquace, il y a encore deux minutes.

Je finis mon verre puis le repose, déterminée, sur le plateau de la table en verre.

— En effet, je t’ai rendu un sacré service, si tu vois ce que je veux dire. Tu devrais m’en remercier plutôt que de m’en tenir rigueur, car il est limpide que ces pouffiasses étaient des MST ambulantes !

Son rire emplit la grande pièce puis finit par me transpercer de part en part, m’insufflant des petites piques d’excitation. Si je suis arrivée en ces lieux avec une idée en tête, je peux vous affirmer que je ne partirais pas sans avoir atteint mon but. Je veux cet homme dans mon lit. Pas seulement ce soir, mais pour les prochains et tous les autres qu’il me sera possible de vivre. Je n’aurais pas dû boire ce verre à cette vitesse, voilà qu’il me fait partir dans de drôles de délires. Pensez comme bon vous semble, j’en ai rien à foutre, mais ne me parlez pas d’amour. Car cet état n’est à mon sens qu’une chimère après quoi courent énormément d’âmes en peine.

— Donc, si je te suis Bella, tu vaux mieux que ces trois ravissantes demoiselles avec lesquelles je m’apprêtais à passer une soirée sulfureuse. Te penses-tu vraiment au-dessus ou toutefois à la hauteur de ces trois-là ? me questionne-t-il.

— Sans aucun doute même !

Son rire vient une nouvelle fois chatouiller mes entrailles.

— Je dois t’avouer une chose Bella, ton audace me plaît de plus en plus… pourtant une chose demeure.

Il marque une pause, puis s’avance vers moi pour me surplomber de toute sa carrure. Je déglutis péniblement, sentant l’air se raréfier autour de moi, tant sa présence me déstabilise. Il plonge à nouveau ses iris obsidiens dans mes yeux pour capter toute leur attention.

— Tu es insupportablement excitante et sexy ! énonce-t-il d’une voix suave en diable. Tu as besoin de te faire mater par un homme, un vrai, histoire d’arrêter cette constante rébellion à deux balles.

— Je suppose que ce vrai mec, c’est toi Andrea ? réponds-je à mon tour de la même façon.

— Comme toujours, tu ne manques pas de perspicacité Deliziosa !

Autant vous dire qu’à cet instant-là, ma culotte n’est plus qu’un bout de tissu proche de la noyade, tant ses mots sonnent comme des promesses à mes oreilles.

— Je suis indomptable, néanmoins joueuse et j’ai hâte de voir ce que tu as en toi Misterioso !

— Tu as des origines italiennes ?

— Si Andrea, confirmé-je en insistant bien sur son prénom. 

J’ai tout juste le temps de finir ma phrase, que son imposante musculature me plaque tel un quarterback contre le divan. Sans cérémonie sa bouche vient s’emparer de mes lèvres désireuses de les goûter à nouveau. Sa langue ne se fait pas attendre avant de malmener la mienne avec gourmandise. J’en gémis de délice. Bordel, ce mec va me faire perdre la tête. Et ce n’est pas mon imbécile de rythme cardiaque qui me dira le contraire, vu la vitesse à laquelle il cogne. Rapidement, je perds mon chemisier, suivi de mon slim noir et mes compensées. Il me reste comme seul rempart mes sous-vêtements de dentelle rouge.

***

Aujourd’hui,

Comme si le temps s’était mis sur pause, mon regard capte l’étincelle dangereuse dans celui de mon amant. Mon traître de corps frissonnait et vibrait en cet instant hors norme. Ces quelques secondes sont venues immédiatement se graver dans ma mémoire. Pour revenir à coup sûr me hanter au moment propice. Comme maintenant, dans cette salle de bain miteuse devant ce miroir. Pour la première fois de ma vie, j’en ai perdu mes mots. Je ne sais comment Andrea s’y est pris, pourtant je lui ai accordé ma confiance sans retenue. Nos ébats ont été sauvages, différents de la première fois, absolument divins.

Sous ses doigts, son corps et ses coups de reins, je me suis enfin sentie bien. Apaisée, en totale confiance. C’est effrayant ! Pourtant, je meurs d’envie de le revoir et d’apprendre à le connaître. Ouais, moi, la reine des garces au cœur de glace, je m’intéresse à une autre personne que la mienne. C’est un putain de scoop, assurément.

Il m’a raccompagnée jusqu’en bas de chez moi. Par chance Ella et moi partageons un appartement dans l’Upper East Side, le montant du loyer nous saigne, mais c’est le prix à payer pour sortir de la zone où nous avons grandi : à East Harlem. Au moment de se dire au revoir, reine des glaces un jour, reine des glaces toujours, j’ai esquivé le baiser qu’il prévoyait de déposer sur mes lèvres.

— Tu auras ce droit seulement quand tu seras enfin prêt, l’avertis-je. 

— Prêt à quoi, bellezza fatale ?

— Prêt à ne mettre que moi et moi seule dans ton lit Casanova ! 

Comme à son habitude Andrea m’a gratifiée d’un de ses sourires envoûtants, avant de repartir d’où il était arrivé.

 

OceanofPDF.com Vingt-deux ans auparavant…