War of Hearts (French Edition)

Marjory Kenlay · Chapitre 7 sur 52

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War of Hearts (French Edition)

Chapitre 7

 

Sierra

OMG ! Je m’enflamme là…

— Quoi ?! Nan, mais tu rêves si tu crois une chose pareille ! M’avoir sautée une fois ne te donne pas un droit quelconque sur moi, Mec ! vociféré-je en dévalant les marches derrière lui.

Miro est plus rapide que moi. Je suis toujours à l’intérieur du hangar quand j’entends le ronflement inhabituel d’un moteur. Au moment où j’arrive enfin à l’extérieur, je ne distingue rien d’autre que les phares rouges éblouissants s’éloignant de mon champ de vision. Je peste intérieurement, ce gars me met dans une rage folle ! Il est tellement sûr de lui à mon propos que ça me déstabilise complètement. C’est très étrange et inédit, pourtant bien réel. Cependant, il est hors de question de lui céder. J’ai les cartes en mains, la décision me revient avant tout. Je finis par me calmer un tantinet avant de rejoindre Ella entourée de la bande de Luis.

— T’en as mis du temps pour pisser ! balance sans aucun tact Luis.

À cette phrase, le regard de Batista me glace sur place. Nous nous affrontons quelques secondes qui paraissent des heures avant de cesser notre affront.

— Qu’est-ce que ça peut te foutre ? T’es de la police, mon père ou encore mon mec Luis ?! interviens-je avec froideur.

— Flic certainement pas, mais je ne serais pas contre m’occuper de ton cas en domptant ton caractère de tigresse, raille-t-il.

Je ricane telle la reine des garces en me moquant de lui ouvertement.

— Ça n’arrivera pas, on ne joue absolument pas dans la même catégorie Farès ! lancé-je avec dédain. Depuis quand un chaton a-t-il le pouvoir de dompter une tigresse ?

Sans lâcher son regard noir d’homme vexé, mes lèvres s’étirent en un sourire des plus moqueur. Aïe, ça pique pour l’égo masculin. Je m’en réjouis, à ce jeu j’excelle, en général… ça dépend de l’adversaire. Cette pensée me ramène vers l’arrogant, mais irrésistible Miro.

— Vous avez fini la classe biberon ?! tonne Batista.

Je lève les bras en l’air lui indiquant combien les états d’âme de son pote ne me font ni chaud ni froid. Au moment où Riviera s’apprête à reprendre la parole, une bombasse blonde se faufile à ses côtés. Elle lui susurre quelque chose à l’oreille, visiblement agréable puisque le grand brun se décale légèrement d’elle pour l’enlacer. De sa poigne il lui serre la fesse, la faisant glousser avant de l’écraser contre le torse de ce dernier. Batista relève le visage de la bimbo, dans un affrontement visuel m’étant destiné. Puis, il l’embrasse goulument sans me lâcher de ses prunelles métalliques. La joyeuse bande hulule. Je sens mon amie se raidir en face de moi, détournant ses yeux, dégoûtée par cette médiocre scène. Écœurant ! Une fois terminé, il congédie la gonzesse et allume une cigarette.

Mon regard se balade de part et d’autre en survolant la bande d’hispano. D’une oreille distraite, je capte quelques phrases sans intérêt particulier. Les basses de Cold as Ice se répercutent dans ma cage thoracique, en synchro avec mes pensées, quand Ella me ramène à l’instant présent d’une petite tape sur l’épaule.

— Le départ ne va pas tarder, viens on va s’installer de façon à ne rien louper, m’avertit-elle.

D’un signe de la tête, j’accepte de la suivre où elle me guide. Nous suivons la foule qui s’est considérablement épaissie. Malgré ça, nous arrivons, étant donné nos petites tailles, à nous faufiler pour être aux premières loges. La musique est encore plus forte ici et l’excitation des spectateurs plus intense et palpable. Ella saute comme une puce à la vue de la voiture bleue de Batista.

— Si je comprends bien, ils sont cinq coureurs à s’affronter ce soir ? demandé-je.

— Exact ! D’après Luis, c’est la guerre entre Batista et la Nismo.

— C’est quoi une Nismo ?

Mon amie explose de rire pour se foutre de ma tronche ouvertement.

— Arrête de te foutre de moi, tu sais très bien que les voitures et moi ça fait deux… bougonné-je, détestant être prise pour une truffe.

— Ouais, je sais Sissi, mais là c’est trop marrant vraiment ! continue-t-elle sans gêne.

Sans vraiment arriver à se calmer, mon amie me montre du doigt les différents modèles de voitures en train de s’aligner sur le top départ.

— Celle de mon fantasme, la bleue, est une Honda Civic Type R reprogrammée.

— Repro quoi ?! balbutié-je.

— Laisse tomber meuf ! La noire c’est une BMW M5, la rouge une Dodge Challenger SRT, la grise une Subaru WRX STI. Elles sont toutes passées entre les mains d’un préparateur automobile pour les stager plus les reprog, développe-t-elle.

— T’as conscience que je n’entrave pas un traître mot de ce que tu viens de me dire ma belle ?

— J’en ai malheureusement conscience, oui ! Bref… Ces trois-là n'ont aucune chance face à Riviera ou Miroslaw.

— Miroslaw ?! hoqueté-je stupéfaite.

De sa main, Ella m’indique la voiture blanche qui s’avance vers les autres. Malgré mes faibles connaissances en matière de bagnole, je reconnais facilement celle de Miro. Mes neurones se connectent enfin. Miro comme Miroslaw, nan ?! J’en mettrai ma main à couper tant je suis à quatre-vingt-dix-neuf pour cent sûre qu’il s’agit bel et bien du même gars. Miro n’est autre qu’Andrea Miroslaw ! Ça expliquerait bien des choses… bon sang, je me mettrais des claques par moment.

- La Nismo c’est celle-là, le mec avec qui tu causais tout à l’heure, c’est Andrea Miroslaw ma cocotte. D’où mon étonnement quand on est tombé sur lui, de plus que tu ne m’en aies pas parlé. C’est pas comme si tu me rebattais les oreilles avec ce mec depuis plusieurs semaines, glousse-t-elle encore à mon égard.

— Je ne le savais pas Ella ! clamé-je prise entre deux feux.

J’ai envie de hurler de rage pour m’être fait prendre pour une conne et pleurer de joie d’avoir enfin touché ma cible. Je crois bien avoir trouvé un adversaire aussi bon que moi. La partie va être épique croyez-moi. Maintenant que je l’ai ferré, je ne suis pas près de lâcher mon Mystery Man !

— Il s’est présenté sous le nom Miro. Je n’ai pas cherché à en savoir plus. Nous n’avons pas vraiment eu le temps de nous raconter nos vies avant de nous envoyer en l’air, déballé-je. Ni lui ni moi n’en avons ressenti le besoin. Comment voulais-tu que je sache que c’était un pseudo ? 

— Tu te fous de moi là, t’as couché avec ce mec ?!

— Oui, il y a deux semaines, au Panam. Je t’en ai parlé.

— Ouais, mais tu ne m’avais pas dit avec qui, bordel ! Nan, sérieux meuf, tu me fais marcher ? Tout le monde le connaît, merde ! Enfin ceux qui s’intéressent un minimum aux réseaux sociaux, en ajoute-t-elle une couche.

Merci d’insister, ce n’est pas comme si je me sentais très conne à cet instant. Toujours étant, je ne vais pas louper le beau rital. Il a voulu la jouer comme ça, très bien. Maintenant il va voir de quel bois j’me chauffe.

— Vraiment, j’en savais rien. Et puis, ce mec n’a même pas de profil sur les réseaux…

— Ouais, ça se tient. En résumé, Andrea est le rival de Batista. Entre eux c’est la guerre du bitume depuis quelque temps, m’explique mon amie. Deux beaux gosses, bourrés de fric, complètement accros à l’adrénaline et prêts à tout pour crever le plus jeune possible si c’est de la façon la plus dingue ! Ah et j’oubliais, ce sont les célibataires les plus courus de NY.

Chouette ! Je suis convoitée par les deux meilleurs partis de la ville, de quoi arranger mes affaires et mes poches vides… Que le jeu commence !

 

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