War of Hearts (French Edition)
Chapitre 11
Andrea
J’arrive devant un immense portail au pied d’un gratte-ciel typiquement New Yorkais. Il s’ouvre sur nous presque automatiquement. Ce n’est pas comme si je n’étais pas connu. Sierra gigote d’impatience sur le fauteuil en cuir, ce qui me provoque un petit rictus amusé par son attitude. Elle ne s’attend pas à se retrouver à la soirée d’anniversaire du célèbre pilote de F1 Levi Ariston. J’ai un carnet de contacts renfermant une multitude de noms prestigieux. Mais sur ce coup, tout le mérite ne me revient pas. Levi est un ami, mais surtout un client régulier d’Aurelio, mon frère aîné. Ils se connaissent depuis une bonne vingtaine d’années. Au début, seulement pour le business et enchérir sur tel ou tel pari. De fil en aiguille, ils se sont liés d’amitié. Il n’est pas rare de le voir côtoyer les tables des « clients » du Panam les lundis soir, organisées par Aurelio. Cependant, je me garde bien de divulguer cette partie-là de l’histoire à Sierra.
— Alors tu vas te décider à me dire chez qui nous sommes ? déclare-t-elle dévorer par sa curiosité.
— Chez Levi Ariston. Tu sais de qui il s'agit ?
Accoudée contre la paroi de l'ascenseur, ma belle roule des paupières en feignant l’agacement.
— Évidemment ! Il m’arrive de lire la presse à scandale Andrea, me défit-elle. Et je peux te dire qu’elle regorge d’informations croustillantes le concernant.
Je ris à sa mine de fouine, son nez en trompette retroussé accompagné de son regard brillant de malice. Il n’y a pas à dire, cette fille sera ma perte à coup sûr. Tout chez elle m’attire, c’est effrayant. Nous arrivons à destination, au rooftop du luxuriant gratte-ciel. Les portes s'ouvrent sur une pièce de vie bondée de monde. La jeunesse dorée de Manhattan est comme je le pressentais, au rendez-vous. Je jette un œil amusé vers ma cavalière. Devant ce tableau, Sierra est bouche bée. Petite victoire personnelle en passant, car faire perdre ses mots à cette gonzesse relève presque de l'exploit ! Je lui caresse le bras du bout des doigts pour regagner son attention. Un énorme sourire aux lèvres, elle plonge son regard chocolat dans le mien. À cet instant, je dois contenir mes pulsions en restant maître de moi. Je crois bien être déjà foutu !
Je lui tends le bras et la guide à travers l'immense pièce de vie. À l’accoutumée, je préfère rester dans l'ombre à l’abri du crépitement des flashs d’appareils photo ou de selfies sauvages. Et pourtant, je brûle d’envie qu’elle soit vue à mon bras. Comme dans un état second, je plaque ma belle contre moi et l’invite à sourire face à l’objectif pointé sur nous. En une fraction de seconde, l’instant est immortalisé. Ce n’est plus qu’une question de temps avant que la nouvelle ébranle toute la ville. Le putain de buzz !
La soirée se déroule comme annoncée, dans le luxe et l’abondance. Sierra est comme un poisson dans l’eau et je dois dire que l’idée de l'avoir à mes côtés me plaît chaque minute un peu plus. Inévitablement, je croise pas mal de connaissances et clients du Panam. Je les salue et présente ma cavalière comme étant ma petite amie. Cette dernière se raidit d’étonnement. Son trouble ne dure pas bien longtemps et comme une professionnelle, elle salue en retour les différentes personnes. Une fois seul, le moment que j’attendais avec impatience se produit enfin.
— Petite amie, rien que ça ? Connais-tu le poids de ces mots Miro ? Ou alors était-ce juste pour « faire bien » ? m’interroge-t-elle en mimant les guillemets de ses mains.
Je m’installe avec nonchalance sur le sofa non loin de nous, lui faisant signe de s’asseoir sur mes genoux. Ce qu’elle fait. J’attrape de ma main droite son joli menton en guidant son regard dans le mien.
— La véritable question est : y vois-tu un inconvénient ? Ce nouveau statut te déplaît-il ? Il me semble que tu t’es donné du mal pour mettre la main sur « le célibataire le plus couru de la ville », je me trompe ? demandé-je.
Malgré mon attitude sûre de moi affichant mon fameux sourire bouclier, je n’en mène pas large. Attention, je ne suis pas en train de dire que je pourrais en chialer si elle ne voulait plus de moi ! Mais déçu, assurément ! Elle me plaît. Je suis quasi certain de la réciprocité, néanmoins un doute subsiste. C’est pourquoi une confirmation de sa part serait la bienvenue. Ma belle me fait languir, faisant mine de chercher sa réponse. Ras le cul, j’approche son visage contre le mien pour emprisonner ses divines lèvres de ma bouche. Elle suit chacun de mes assauts sans retenue en laissant même échapper quelques doux gémissements.
— Alors Sierra Faming, la balle est dans ton camp... insisté-je après l’avoir libérée.
— Il est clair que je me suis donné du mal, commence-t-elle le regard pétillant. Néanmoins, je tiens à te présenter le topo. Je ne suis pas pour autant une fille facile ni à vivre ni à mettre dans son lit.
Je la regarde tout ouïe, pouffant face à son début de topo.
— OK, on oublie l’histoire du lit ! Ce que je veux te faire comprendre Andrea, c’est combien je suis une femme indépendante, carriériste avec un fort caractère. Je ne suis pas là pour me faire marcher sur les pieds et encore moins être prise pour une truffe, lâche-t-elle faisant une pause en me questionnant du regard.
Je l’invite à développer, ce qu’elle a à me dire m’intéresse grandement. C’est peut-être bien la première fois où une véritable conversation est engagée entre nous.
— Si je deviens ta petite amie, pas mal de changements vont voir lieu dans ta vie. J e veux être ta priorité, exclusive sexuellement. Il est hors de question d’être reléguée au second plan ! Je suis un premier choix. Mais, ne t’y méprends pas, je ne serai jamais ta chose obéissant au doigt et à l’œil. Je vais vouloir la robe, la bague et les gosses. Pas dans l’immédiat rassure-toi, mais tôt ou tard, j’aurais envie de ça et tu devras me le donner. Voilà ce que ça implique pour moi, tu comprends ?
Du Sierra tout chié. Elle ne passe pas par quatre chemins, les choses sont claires d’emblée, je sais où je mets les pieds. Je suis prêt à satisfaire ses désirs, seul bémol, les gosses. Mais comme elle vient de me l’énoncer, ce n’est pas pour demain et puis entre nous l’avenir nous dira le reste... Dans les grandes lignes, ça me va. Je ne sais pas en quoi consiste la monogamie, mais pour elle je veux bien tenter l’expérience.
— Je suis comme qui dirait averti, Bella, conclus-je.
Ses yeux s’illuminent de feux artifices de victoire.
— Je ne te le fais pas dire, beau gosse !
Ma petite amie, ça fait tout drôle de dire ça, clos la conversation en m’embrassant à pleine bouche, électrisant instantanément mes sens et surtout mon membre à l’étroit dans mon pantalon de costume.
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