War of Hearts (French Edition)
Chapitre 13
Andrea
Un peu plus d’un mois s’est écoulé depuis que Sierra a accepté d’être ma petite amie. Et moi, décidé de la jouer comme elle le souhaite : en bon petit homme. Je ne suis pas certain d’en être amoureux, enfin peut-être que si, je n’en sais rien en fait… mais je veux la rendre heureuse, tout simplement. Ne riez pas, on verra comment vous vous en sortirez quand une femme comme la mienne vous tombera dessus. La mienne, j’aime me répéter ces deux mots dans la tête. Pourtant ma femme, Sierra ne l’est pas encore et l’idée qu’elle le devienne me plaît de plus en plus. J’y réfléchis depuis un petit moment.
Notre relation est toute récente, cependant elle n’a rien de conventionnel. Nous avons brûlé pas mal d’étapes à commencer par notre première fois arrivée à peine une heure après notre rencontre. Sierra squatte mon appartement depuis presque trois semaines. Pas au quotidien, mais tous les week-ends. Au départ, l’idée même de lui faire un peu de place dans ma tanière me foutait la trouille et puis j’ai fini par ne plus pouvoir me passer de sa présence. Je me trimballe comme un shooté entre ses murs humant les fragrances de son parfum. Aussi, ses affaires traînent çà et là, le rangement ne fait pas partie de ses qualités. J’ai du mal à mettre la main sur toutes mes fringues, c’est comme si elles se volatilisaient sur son passage. Encore, un truck de chelou qui doit finalement relever de la normalité dans le quotidien d’un couple. Certes. Cependant, après ma Jaeger LeCoultre, c’est au tour de mes boutons de manchette en platine de se faire la malle. Il va vraiment falloir que je sois plus ordonné à l’avenir.
Bref, ce n’est qu’un détail parmi tant d’autres ! La vie est courte et j’ai attendu cette femme toute ma putain de vie. Je ne veux plus perdre de temps. Je vais l'épouser et le plus tôt sera le mieux. Elle acceptera, j’en suis certain. Car derrière ses airs de Diva, je sais lire en elle. Je compte pour elle, simplement Sierra a sa manière bien à elle de me le montrer.
Nous allons dîner à L’Alchimy en compagnie de Luciann et Cara son épouse. L’heure des présentations officielles a sonné. Je suis persuadé que nos compagnes s’entendront bien étant donné leurs points en commun. Leurs goûts affirmés pour la mode et le luxe. Comme vous le savez, je ne suis pas un grand fan de Cara, mais pour une soirée je devrais tenir bon. Luciann était plutôt enthousiaste pour cette rencontre quand je l’ai eu au téléphone ce matin. Pour preuve, mon ami à même choisi le restaurant. Peut-être est-ce pour avoir la certitude de ne pas croiser une de ses nombreuses conquêtes nocturnes. Ça ne m’étonnerait pas en fait. L’endroit est trop classe et huppé pour ces demoiselles aux mœurs légères.
Sierra me sort de mes pensées en augmentant le volume des enceintes de la C63. Elle se dandine avec grâce sur la mélodie entraînante d’I Follow Rivers. J’aime la regarder danser et par chance ça arrive fréquemment. Mon moment préféré est le matin quand elle ondule des hanches sur la musique pendant que le café coule dans son mug. Rien que d’y faire allusion, des images de ma belle très peu vêtue défilent sous mes yeux. Foutu, foutu, foutu… j’ai cette nana dans la peau.
Quand nous arrivons, mon ami et son épouse nous attendent déjà. Chacun est obnubilé par son smartphone. C’est bien triste et pourtant bien la réalité. Luciann est le premier à remarquer notre présence. Il nous accueille chaleureusement suivi de Cara. Son sourire est bourré d’hypocrisie, mais qu’importe, je lui en renvoie un identique au sien.
Très rapidement la bonne humeur envahit la tablée. Comme pressenti, les filles parlent chiffons pendant que nous parlons business. Le repas se déroule sans accroche faisant le régal de nos papilles. La cuisine est gastronomique à la française. J’aime la simplicité, un bon plat de lasagnes ou ravioles de Mémère me rend heureux. Mais je dois l’avouer, le chef cuisine divinement bien. J’observe avec attention ma compagne, peu habitué à ce genre d’endroit et pourtant si à l’aise. Elle semble être bien et passe un bon moment. Parfait ! Entre le plat et le dessert, Luciann et moi décidons d’aller nous en griller une sur la terrasse panoramique du restaurant.
Un serveur vient à notre rencontre pour nous proposer un verre d’alcool. Comme à notre habitude, je commande un Maximo et Luciann un Macallan de 25 ans d’âge. Je m’adosse à l’imposante rambarde, face à mon ami.
— Alors ? Comment la trouves-tu ? le questionné-je avec appréhension.
— Bien.
— Sérieux, bien ?! C’est tout ?
— Bonne alors… poursuit-il.
Ce mec m’exaspère par moment.
— Ça, c’est pas un scoop Man !
Il se met à rire, signe qu’il se foutait bien de ma poire. Le serveur arrive avec nos verres. Je saisis le mien, prends une bonne gorgée avant d’allumer ma clope, imité par Luciann.
— Je me fous carrément de toi ! Ouais, Sierra paraît plutôt bien, après je pense que t’es assez grand pour savoir ce que tu fais. C’est une Princesse, avec tout ce que ça implique, déclare-t-il en demi-teinte. Maintenant, je dois reconnaître que depuis que tu l’as rencontrée tu parais moins sombre. C’est tout ce qui m’importe, ton bonheur, toi plus que quiconque.
Ses paroles me vont droit au cœur. Évidemment Sierra me rend très heureux, c’est effrayant, mais putain de galvanisant. Ça n’étanche pas ma soif d’adrénaline pour autant, mais m’apaise tout de même. Je prends ça comme un semblant de victoire sur mon enfance pourrie !
— Alors tant mieux, parce que j’ai l’intention de la demander en mariage ces prochains jours, lui annoncé-je sans préambule.
Ce dernier boit sa gorgée de travers, à deux doigts de la recracher dans son verre. Putain un spiritueux de cette valeur ! Son visage s’empourpre d’une teinte proche du cramoisi et ses yeux sont exorbités.
— Je vois que ma nouvelle a un peu de mal à passer.
Mon ami reprend sa respiration avant de s’adresser à moi.
— Bordel, mais tu ne vas pas faire la même connerie que moi ! Je savais que t’étais cramé, mais là t’es irrécupérable putain ! crache-t-il tentant de garder son calme en société.
— Ne fais pas le rabat-joie, ça t’a pas trop desservi d’épouser Cara. Vois le côté positif mec, t’as une belle poupée à ton bras constamment, tu peux baiser quand tu veux sans craindre de choper une MST, sans oublier la jolie petite Perla.
Mon analyse est plutôt primaire, disons-le, voire pourrie, et la tronche de mon pote me le confirme bien.
— Andrea, on ne s’est jamais menti tous les deux, pas de ça entre nous… et puis ça fait à peine un mois que tu la connais ! On ne décide pas de lier sa vie avec une personne sans la connaître vraiment. Sans parler des sentiments, c’est… c'est… primordial les sentiments, enfin il me semble, insiste-t-il perplexe.
— Parce que tu sais ce que sont des sentiments, toi ?! Je connais chaque courbe de son corps Man ! Et t’inquiète pas pour les sentiments, j’en ai pour elle.
Luciann accuse la nouvelle avec difficulté c’est sûr, mais il peut bien dire ce qui lui chante, je vais épouser cette femme. Avec ou sans sa bénédiction.
— Laisse mon mariage tranquille, tu veux… Je vais être honnête avec toi, je ne la sens pas cette histoire, poursuit-il. Tu te mets au-devant de merde. Bon sang, pourquoi te précipites-tu comme ça ? Prends ton temps. Tranquille, rien ne presse ! Laisse-toi au moins le temps de la réflexion.
— Désolé mon ami, je ne sais pas faire ça. Doucement ne fait pas partie de mon vocabulaire. Tu devrais le savoir depuis toutes ces années passées ensemble.
Je sais combien la réticence de Luciann n’est pas liguée contre moi, mais bien un souci concernant mon bien-être au vu de mon passé.
— Ma décision est prise, je tenais simplement à t’en faire part en premier. N’oublie pas, vivre avec des remords plutôt que des regrets est et sera toujours ma devise.
Il acquiesce silencieusement d’un hochement de tête, vaincu, avant de prendre une longue taffe de nicotine.
— Si je suis le premier, j’en déduis que Livia n’est pas encore au courant, glousse-t-il.
Le bâtard !
— Tu déduis bien… soupiré-je pas certain d’avoir le courage de braver l’ouragan que représente ma nièce quand elle est contrariée.
— Hé bah je te souhaiterais bien bonne chance, mais nous serions naïfs de croire que la chance te suffira face à elle. Cette meuf est So démoniaque mec ! médit mon meilleur ami.
En effet, je crois bien que la chance ne me sera d’aucune aide au moment d’annoncer la nouvelle. Lia va prendre ça comme une bombe !
Priez ou faites au mieux pour moi… Comme on dit courage, fuyons !
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