War of Hearts (French Edition)

Marjory Kenlay · Chapitre 37 sur 52

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War of Hearts (French Edition)

Chapitre 35

 

Andrea

Le trajet jusqu’à l’hôpital m’a paru interminable. Mais à présent je suis enfin aux côtés de ma belle. Elle vient tout juste de remonter du bloc opératoire. Elle est encore dans les vapes à cause de l’anesthésie générale. Avant de la rejoindre dans sa chambre, je suis passé au bureau des infirmières pour avoir des informations sur son état. D’après elles, Sierra a eu beaucoup de chance, compte tenu de la violence du choc. Elle peut s’estimer chanceuse, car les airbags de la C63 lui ont sauvé la vie. Elle présente plusieurs hématomes et une légère commotion, sans gravité d’après les médecins. Cependant lors de l’impact, Sierra a eu l’avant-bras droit fracturé, ce qui a nécessité une intervention chirurgicale afin de remettre en place les os fracturés avec un appareillage d’ostéosynthèse. Je suis rassuré, car oui globalement, Sierra va bien.

Je suis bouffé par la culpabilité. Je m’en veux de ne pas avoir été à ses côtés ! Je ne comprends pas pourquoi elle a pris la C63 pour me rejoindre. J’ai consulté de nouveau ses multiples appels, au cas où j’aurais loupé quelque chose. Pourtant rien, elle n’a en aucun cas laissé de message vocal ou de SMS. Je ne sais pas ce qui l’a poussée à prendre le volant en pleine nuit tout en sachant qu’elle déteste conduire. Et ce, malgré mes quelques leçons de conduite improvisées. Je suis catégorique, la Mercedes lui faisait peur. Il est indéniable qu’un tel monstre de puissance peut paraître effrayant.

Alors, pourquoi a-t-elle pris ce risque ? Et comment se fait-il qu’elle se soit crashée avec l’AMG ? C’est vraiment louche… À cette pensée, je réalise que mon précieux jouet vient d’être pulvérisé. Il va falloir que je m’occupe de toute la paperasse en sortant d’ici. Aussi fastidieux que ça puisse être, ça me permettra de canaliser mon énergie ailleurs que de ressasser inlassablement, combien j’ai merdé.

Je balade mon regard sur le corps fragile et encore groggy de celle que j’aime plus que tout au monde. À cet instant, toute la rancœur que j’éprouvais pour elle a disparu. Traitez-moi de faible, de canard, ou ce qui vous chante, je n’en ai que faire. Je lui pardonne sa trahison. En revanche, je n’oublie pas ! Je compte bien jouer cartes sur table pour connaître le fin mot de l’histoire : toute son histoire. Ce sera ma condition sine qua non pour qu’il y ait de nouveau dans un futur proche : un nous. À elle de voir…

— Miro…

— Je suis là mon ange, réponds-je avec douceur.

— Je suis vraiment désolée d’avoir explosé ta Mercedes !

— Chut, c’est qu’une bagnole. L’essentiel c’est que tu t’en sois sortie presque indemne.

— Certes, mais tu adorais cette voiture…

— Ne te prends pas la tête avec ça.

— J’ai tout foutu en l’air entre nous !

—Non, tu n’as rien foutu en l’air, c’est moi qui m’excuse pour mon comportement d’hier… J’ai vraiment été un connard, déclaré-je en glissant mes doigts entre ceux de sa main valide avant d’y déposer un baiser de mes lèvres.

C’est tellement bon de la voir, de l’entendre et de pouvoir la toucher. À son contact, je respire enfin. Sierra représente mon bien, si je puis dire, le plus précieux. Sa valeur à mes yeux est inestimable ! Aucune montre, voiture ou liasse de billets ne remplaceront ça. Je l’aime bien plus que ma propre vie. Je tuerais pour elle. Je mourrais cent fois s’il le fallait, ne serait-ce que pour un seul de ses sourires. Je sais, mes paroles vous semblent disproportionnées ou encore excessives, mais elles n’en sont rien pour moi. Quand on aime de la manière dont j’aime Sierra, rien n’est jamais trop, mais bien : jamais assez ! Cette femme est mon shoot d’adrénaline, essentiel à mon être pour se sentir complet. Putain que je l’aime !

— J’ai merdé Andrea, ne minimise pas mon acte, je n’ai pas d’excuse pour ce que j’ai fait.

— Je ne te cherche pas d’excuse, je veux comprendre tes motivations. Mais pas maintenant ma belle. Chaque chose en son temps, OK ?

— Okay.

Je m’approche d’elle et caresse du bout des doigts son visage marqué par la fatigue de ces dernières heures. Je m’empare de ses lèvres en l’entraîne dans un baiser dicté par la fougue et la passion. Nos bouches se dévorent comme si nos vies en dépendaient.

— Putain, tu m’as collé une de ces trouilles ! Ne recommence pas, mon ange.

— Je t’aime tellement Miro !

— Je t’aime aussi…

— Merci.

— De quoi ?

— De m’aimer et de me pardonner. Je ne te mérite pas.

Je m’apprête à lui répondre qu’elle raconte des conneries quand je suis coupé par l’arrivée de Riviera dans la chambre. Qu’est-ce que ce connard fout là, sérieux !!

—Je t’ai rapporté un cheeseburger du coin de la rue, commence-t-il tout en ouvrant la porte.

Nos regards se confrontent un instant, avant qu’il me délaisse pour porter son attention sur ma fiancée.

— Les infirmières m’ont dit que t’avais enfin leur feu vert pour manger un bout. Je savais pas trop quoi te prendre, donc voilà.

Sierra le remercie d’un sourire poli.

— Elle est végétarienne, Ducon ! balancé-je sans tact.

— Ah, merde, j’en savais rien !

— Évidemment ! Pourquoi t’es encore là d’abord ? On était en pleine discussion.

— Doucement, Miro, ne sois pas trop dur avec lui.

Je reporte mon attention sur Sierra et acquiesce à contrecœur, bien trop jaloux pour le reconnaître.

— Je partirais seulement quand Sierra me le demandera ! Dis-moi Miroslav, t’étais où cette nuit quand Sierra s’est fracassée contre un mur avec ta caisse ?

Je fulmine de rage, car je sais où il veut en venir et combien je suis fautif.

— En train de fêter ta victoire en picolant et roucoulant avec d’autres gonzesses !

— Ferme ta gueule Riviera, aboyé-je. Sinon…

— T’étais pas là, CONNARD ! rugit-il sous mon nez.

Je m’apprête à me jeter sur Riviera quand Luciann et un autre type, alertés par nos éclats de voix, pénètrent dans la pièce. De sa main, mon ami m’en empêche en même temps que l’autre gars se place devant mon visage et balance sur un ton froid et menaçant :

— Sinon, quoi ?!! Riviera a pour ordre d’assurer la protection de ma sœur, ça te pose un problème ?

Je le toise du même regard noir que le sien. Je ne sais pas encore si je vais apprécier ce mec ou non, cependant, j’aime la façon dont il prend la sécurité de sa sœur au sérieux. Peut-être parce qu’il sait combien ses activités illégales l’exposent au danger.

— Stop, Andrea, ce n’est pas le moment, commence-t-il. Sierra a besoin de se reposer. Laissons-les en famille.

— Je suis sa famille, bordel ! Nous sommes fiancés ! éructé-je au paroxysme de ma frustration.

— Bah vl’à comment tu l’as protégée hier soir, mec ! renchéri Lane.

— Tu parles de moi, mais tu t’es regardé !? T’es loin de décrocher la coupe du « Grand frère de l’année » !

— Ça suffit !!! Vous êtes ridicules ! Andrea n’a rien à voir dans mon

accident ! J’ai perdu le contrôle de sa voiture, je suis la seule fautive, rétorque Sierra avec difficulté.

Notre confrontation est suspendue aux lèvres de mon ange. La vision

d’elle allongée dans ce lit d’hôpital par ma faute me fait l’effet d’un coup de pelle en pleine face. Davantage encore, quand je perçois son beau visage se tordre de douleur.

— Luciann ?

— Oui, beauté ?

Je suis surpris par sa réponse… Beauté ? J’ai manqué un passage, c’est certain.

— Peux-tu raccompagner Andrea et garder un œil sur lui, histoire qu’il ne fasse rien de stupide ?

— Yep !

À les entendre, on croirait que c’est monnaie courante pour moi de faire le con…

— Quant à vous deux, fermez-la ! Vous n’avez pas mieux à faire qu’un combat de coqs ?! Je ne serais pas là si vous m’aviez écoutée… alors, lâchez mon fiancé.

Les deux hommes grimacent à ses mots, ce qui attise ma curiosité. Je me répète mentalement la phrase que Sierra vient de prononcer « Je ne serais pas là si vous m’aviez écoutée ». Je tique, y a un truc que je ne saisis pas. Qu’a-t-elle voulu dire par là ?

Mon ami m’encourage à quitter les lieux, d’une tape dans le dos. Je lui fais signe d’attendre quelques secondes. Je retourne auprès de ma belle pour lui dire au revoir avant de partir. J’accentue outrageusement mon baiser pour marquer mon territoire, histoire que Riviera imprime une fois pour toutes que Sierra est à moi !

— Tu ne vas nulle part sans moi. Tu m’appelles et j’accours, OK ? insisté-je avant de la quitter.

— OK, Miro.

C’est sans un mot que je sors de la chambre, non sans maintenir mon regard menaçant à tour de rôle entre le frangin et l’homme de main. C’est d’un pas plus léger que je suis Luciann déambuler dans l’hôpital. Une fois sur le parking, je respire à pleins poumons comme soulagé d’un poids maintenant que je sais que la femme dont je suis fou amoureux est, même si ça me fait chier de le reconnaître, entre de bonnes mains.

— Andrea Miroslav ! Veuillez ne pas imposer de résistance, vous êtes en état d’arrestation.

What ?!

Comme un seul homme, Luciann et moi nous retournons pour face à mon interlocuteur.

— Pour quel motif ?

— Viol. Mettez vos mains derrière le dos.

Tel un automate, j’obtempère, dans l’incompréhension la plus totale. Bordel de merde, ça recommence !

— Je m’occupe de tout mon pote ! Surtout, ne dis rien ! J’entends prononcer au loin la voix de Luciann.

Garder le silence ? Ça fait un bail que je ne fais que ça…

 

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