War of Hearts (French Edition)

Marjory Kenlay · Chapitre 13 sur 52

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War of Hearts (French Edition)

Chapitre 12

 Sierra

La séance photo d’aujourd’hui a lieu dans un immeuble ancien de New York. La décoration est dans un style industriel, loft d’artiste peintre complètement loufoque. Les couleurs restent dans un trio de marron, noir et blanc. L’ambiance est parfaite pour notre shooting sur le thème « mode Hipster ». Malcolm, le modèle est déjà entre les mains de l’une des maquilleuses de Make up for ever. Roger Ascot, le styliste, dont je suis l’assistante a explicitement exigé de travailler avec Malcolm. Comme de coutume, le choix de mon mentor est excellent.

Satisfaite du déroulement des opérations, je me dirige d’un pas déterminé et professionnel vers les portants où sont disposées les différentes tenues prévues pour le shooting. Ça fait maintenant quatre mois que je travaille pour cette agence de mannequinat et je dois l’avouer, je me régale. 

Mon portable vibre dans ma main quand je m’apprête à décrocher du portant la chemise du modèle. Mon mentor. Je décroche sans plus attendre.

— Roger ?

— Sierra, je suis en retard et j’ai une migraine épouvantable, donc je veux un silence digne d’une cathédrale quand j’arriverai… compris mon p’tit ?

— Cinq sur cinq, je vais faire le nécessaire. Avez-vous pris quelque chose pour vos maux de tête ou désirez-vous que j’appelle un employé de Luca ? demandé-je connaissant déjà sa réponse.

— Appelle-le, j’ai besoin qu’il me ravitaille d’urgence, je suis à sec !

— Bien.

Roger raccroche sans plus de courtoisie. Cet homme est un styliste exceptionnel avec un immense talent. Néanmoins, il a une très sérieuse dépendance à la cocaïne. Comme ordonné par mon patron, je contacte la team de dealers de ce dernier par SMS.

Sierra :

« 1 paradis blanc pour la matinée. 3521 Anthems street »

Alors que je m’attends à recevoir la réponse du dealer, mon iPhone vibre dans ma main. 

SMS numéro inconnu :

« Bonjour divin Dahlia noir ».

Encore ce foutu dahlia noir ! Il n’a toujours pas compris qu’il se trompait de destinataire ? Comme lors de la première fois, je lui réponds :

« Erreur de numéro… Encore »

J’attends quelques secondes, le regard rivé sur le petit écran, mais plus rien ne s’y affiche. Je verrouille donc ce dernier et m’affaire à mes tâches, notamment, réunir les exigences de Roger. Quand de nouveau mon smartphone s’éveille. 

Team white : Carl, 9h30

Sierra : « Parfait »

La commande passée, je peux me concentrer sur ma tâche avant l’arrivée de mon boss. Les différentes tenues prédisposées, je me dirige vers le stand réservé au petit déjeuner. Je me sers un café noir sans sucre dans un gobelet et m’empresse d’en boire une bonne gorgée. Je constate que tout le monde est en place, n’attendant plus que les deux prodiges de la mode, Roger et Frédéric, le photographe. Cela étant, l’attente est de courte durée quand ils finissent par arriver sur les lieux ensemble. 

Une fois sa livraison survenue, mon boss affiche une mine radieuse et faussement fraîche. Ah ! la magie de la poudre blanche. Ça me débecte, mais comme j’aime dire : chacun sa merde. Roger est très satisfait des pièces que j’ai assemblées. Je ne suis pas peu fière de moi et cerise sur le gâteau ce dernier me gratifie d’un : « tu apprends vite Miss Latina ». Cependant, je me serais bien passée de ce diminutif. Je ne vais pas faire la bégueule alors, prends avec joie ce compliment.

Je profite que les deux prodiges inspectent le travail déjà fourni pour m’octroyer une petite pause. Il faut dire combien les dernières nuits passées n’ont absolument pas été reposantes. Les partager avec Andrea est synonyme de nuit blanche et overdose de sexe. Mon mec est un dieu au lit, j’ai bien peur de ne jamais en être rassasiée. J’aime être à ses côtés. Aussi étrange que ça puisse paraître, je me sens apaisée et en sécurité quand il est proche de moi. Non, vous ne rêvez pas, c’est bien moi Sierra Faming et je ne parle pas sous une menace quelconque. Depuis qu’Andrea est entré dans ma vie, je ne cesse de penser à lui sans oublier cette envie constante de me retrouver sous son corps.

Je ne pense pas qu’on puisse appeler ça de l’amour, mais une profonde affection, j’en suis persuadée. Il y a quelque chose chez lui qui m’attire comme un aimant, comme s’il pouvait voir au-delà de ma carapace. C’est à la fois effrayant et exaltant. Si au départ mes intentions envers cet homme étaient discutables, vénales et opportunistes, les choses semblent vouloir changer. À présent, je me retrouve quelque peu perdue entre ce que j’étais persuadé vouloir le plus sur cette terre et mon désir naissant à force d’être auprès d’Andrea. Moi, sa petite amie… 

Beverly, l'assistante de Frédéric, se joint à moi pour cet entracte improvisé. Je travaille régulièrement avec elle, c’est une nana sympa, son look un peu trop roots à mon goût, mais passons.

— Comment sont les clichés ? demandé-je cachant mal ma curiosité.

— Ils ont l’air très cool ! Malcolm est canon et vous avez fait un boulot de dingue, s’exclame-t-elle.

Elle se sert un mug de café et mord à pleine bouche dans un croissant avant de m’en proposer un. Je décline évidemment, tout ce gras saturé va directement aller se fixer sur mes hanches déjà bien assez généreuses comme ça. Je n’ai rien contre les formes, simplement je ne saute pas de joie à l’idée de ressembler à une barrique dans dix piges. Mon physique est mon plus bel atout, je compte bien en tirer profit encore pendant quelque temps.

— Ah, pardon tu fais attention à ta ligne, se moque-t-elle. T’as peur de ne plus plaire à ton beau rital ?

Je pouffe de rire à sa remarque comprenant combien la nouvelle sur la situation amoureuse d’Andrea Miroslav a fait le tour de la ville.

— Aucun risque !

— N’en sois pas si sûre, ce mec est ultra convoité ! Méfie-toi des nanas lui tournant autour, s’inquiète-t-elle.

— Je garde l’œil ouvert Miss !

Inévitablement sa mise en garde dévie sur un interrogatoire en bonne et due forme. Je ne lui gâche pas son plaisir gardant tout de même pour moi l’essentiel. Notre pause-café papotage touche à sa fin quand mon iPhone vibre dans ma main. Je jette un œil agacé à ce dernier et découvre qu’il s’agit d’un SMS.

SMS Lane :

« J’ai besoin que tu 

me dépannes frangine »

Ça sent l’embrouille à plein nez. Dans quoi cet imbécile s’est-il encore fourré ? 

SMS Sierra :

« Genre ? »

« 100000 » 

Pincez-moi, je rêve !

« Tu te fous de moi ?! »

« Tu me dois bien ça petite sœur »

Ouais, je lui suis redevable ! Mais bon sang, il n’en a pas marre de me faire le coup à chaque fois ! Sérieusement, où vais-je bien trouver une somme pareille ? Merde !

« Il te les faut pour quand ? »

« T’es un amour… » 

« 48 heures au plus tard »

Génial, vraiment, GÉNIAL ! 

 

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