War of Hearts (French Edition)

Marjory Kenlay · Chapitre 42 sur 52

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War of Hearts (French Edition)

Chapitre 39

 

Sierra

J’ai à peine le temps de terminer ma tirade que la nausée me surprend. Je cours en direction des W.C pour y déverser le contenu de mon estomac.

La violence de ce souvenir me terrasse encore aujourd’hui. Malgré les années passées, je sens encore la chaleur du souffle de Steven au creux de mon cou quand il a prononcé ses mots. Et je suis folle de rage qu’il soit toujours parmi nous à prendre un malin plaisir à me torturer, encore ! Haineuse, je m’empare de papier toilette pour me nettoyer la bouche, le balance et tire la chasse. C’est seulement quand je me redresse pour m’adosser contre le mur de faïence que je prends conscience qu’Andrea est à mes côtés. Sans un mot inutile, il me tend ses mains pour m’aider à me relever. Une fois debout, il m’enveloppe de ses bras massifs pour m’offrir un maximum de réconfort.

— Pardon.

— Pardon de quoi, mon ange ? De t’être sentie mal au point d’en vomir… tu n’as pas à t’excuser pour ça, rétorque-t-il avec douceur, mais fermeté.

Andrea plonge son regard dans le mien pour appuyer sa phrase en quête de confirmation de ma part.

— OK, Bé.

— Allez, stop pour aujourd’hui !

— Tu en es sûr ? Je ne t’ai pas tout révélé…

— J’en ai assez entendu pour traquer ce fils de pute et lui arracher la tête !! Et pour le reste, je suis déjà au courant.

Je l’observe, peu convaincue par sa réponse.

— Si, je t’assure ! Je suis au jus pour les SMS mystérieux qu’il t’envoie depuis des mois. La photo et la menace qu’il t’a faite samedi soir. Pire, ton accident n’en était pas un…

— De quoi tu parles ? J’ai perdu le contrôle de ta Mercedes, déclaré-je en baissant la tête, toujours honteuse d’avoir pulvérisé une bagnole à des milliers de dollars.

Andrea relève mon menton de ses doigts pour aligner nos prunelles l’une à l’autre.

— Non mon ange, tu te trompes. Cet enfoiré a trafiqué mes deux caisses. Tu n’y es absolument pour rien !

J’en reste sans voix ! J’ai toujours su que Steven avait un grain, mais là je comprends qu’il est prêt à tout pour m’atteindre et faire le ménage autour de moi.

— On peut s’estimer chanceux sur ce coup, tu conduis comme une grand-mère. Si je l’avais conduite moi, je serais mort à l’heure qu’il est !

Cette pensée me déclenche une salve de frissons d’horreur dévalant mon épine dorsale. J’ai besoin de le serrer encore plus fort contre moi pour avoir une dose de réconfort supplémentaire. Andrea me rend mon étreinte en caressant avec légèreté mon dos. J’inspire à pleins poumons les fragrances vieillissantes de son parfum, encore présent de la veille, sur son t-shirt. Je me gave de lui à m’en faire péter les synapses, à la limite de l’implosion. Notre câlin dure un certain temps, ni l’un ni l’autre ne l’ayant interrompu.

— T’en penses quoi d’aller déjeuner chez Christian ? propose-t-il avec entrain.

— Tu me laisses une demi-heure et après ça, je te suis au bout du monde !

Je sens mon fiancé se raidir un court instant, si infime qu’il passerait presque inaperçu, mais pas pour moi. Alors, je me dégage avec douceur pour me redresser face à lui.

— Qu’est-ce qui ne va pas, Miro ?

Je sens dans ses yeux qu’il hésite à me répondre, comme s’il appréhendait ma réponse. Je fronce le nez en affichant ma moue boudeuse légendaire tout en prenant la pose. Évidemment, moins élégante qu’habituellement en raison de la superbe attelle à mon avant-bras gauche. Ce dernier réprime de justesse un gloussement de moquerie.

— Quand tu dis que tu me suivrais jusqu’au bout du monde, tu le penses vraiment ? Je veux dire, tu partirais d’ici sans te retourner ?

Mon rythme cardiaque fait une embardée à sa question et cogne de plus belle quand j’envisage, avec sérieux, la faisabilité de son idée. Inutile d’y réfléchir pendant des heures, mon cœur a pris sa décision sans avoir concerté ma raison.

— Oui, sans aucune retenue. Mon chez-moi c’est toi ! Il n’y a que dans tes bras que je respire véritablement.

— Alors, fais ton sac nous partons demain !

— Demain ! m’écrié-je.

Mon cerveau turbine à vive allure pour tenter d’imposer un soupçon d’ordre et d’organisation pour ce départ inattendu.

— Encore une race, ce soir. Après, nous serons libres. Tu dois trouver ça rapide… mais c’est ce dont j’ai expressément envie à l’heure qu’il est.

— Stop, Miro ! le coupé-je avec douceur. C’est okay pour moi.

La tension qui planait au-dessus de nos têtes se dissipe peu à peu en accord avec les émotions d’Andrea. C’est alors que je profite de son trouble momentané pour le guider aux portes de la douche italienne. Docile, Andrea ne se fait pas prier pour m’emboîter le pas. Il a d’ailleurs cerné mes intentions. Je commence par attraper de ma main valide, le pan de ma nuisette, tout en lui demandant de l’aide silencieusement. Mon fiancé s’exécute, désireux de me dévêtir à sa guise. En un claquement de doigts, nous évoluons de caresses et baisers sous la pluie de douche.

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