War of Hearts (French Edition)
Chapitre 21
Andrea
Je me réveille en sursaut, le cœur palpitant, tout en sueur. Encore un ! Je me redresse sans douceur dans mon plumard et me frotte avec vigueur le visage. J’en bondis sentant la nausée monter le long de ma trachée. C’est de justesse quand j’arrive aux W.C. pour expulser le tout. Toujours le même putain de schéma, à croire que je n’en serai jamais libéré ! Ce mal me ronge de l’intérieur, je suis totalement impuissant face à lui. Comment m’en débarrasser ? Arriverai-je un jour à sortir la tête de l’eau ? Trouver le bonheur en laissant le passé derrière moi ? Putain, je suis épuisé de toute cette merde ! Il va falloir que ça cesse, d’une manière ou d’une autre.
J’entends des pas se rapprocher de moi avant de sentir une main chaude se poser sur mon dos moite.
— Qu’est-ce qu’il t’arrive Bé ? Comment je peux t’aider, dis-moi ? s’inquiète Sierra.
— Rien, j’ai dû forcer un poil sur le rhum, ne t’inquiète pas.
— À d’autres, tu veux ! rétorque-t-elle du tac au tac.
J’oubliais à qui j’avais affaire, rien n’échappe à Sierra. Je bluffe et elle le sait.
— T’as bu deux verres Andrea, ne te fous pas de moi, c’est autre chose ! Tu étais sur les nerfs toute la soirée. J’ai bien cru que tu allais faire machine arrière et retirer ta demande.
Je me redresse et m’adosse au mur à côté du chiotte. Je passe mes mains dans les cheveux, me sentant un peu mieux. Peut-être serait-il plus simple de lui expliquer. Elle risque fort de se foutre de ma gueule ! C’est le risque, mais au moins tu serais fixé, mec, m’encourage la petite voix dans ma tête. Si ça se trouve, elle pourrait comprendre la situation.
— Je t’interdis de douter de nous. Tu es la plus jolie chose qui me soit arrivée dans la vie. Avant toi tout n’était que déception et lassitude, mais ce n’est plus le cas depuis que tu illumines mon existence.
Sierra me sourit pour toute réponse, un de celui qui embrase l’entièreté de mon être.
— Tu voulais que je me mette à table, hein ?
Elle incline la tête en signe de oui, alors je me lance.
— Pour la faire courte, j’ai pas eu l’enfance typique d’un gosse de bourge. J’ai vécu des trucs pas cool, commencé-je mal à l’aise. Je ne suis pas en bon terme avec mes parents et surtout Liliane, comme tu as pu le constater ce soir.
— Sans lui manquer de respect, elle est très froide et notre « échange » ou manque d’intérêt pour quiconque est frappant. Elle ne me trouve pas assez bien pour toi, j’ai bien reçu le message !
— Rassure-toi, personne ne trouve grâce aux yeux de Liliane ! sifflé-je amèrement. La plupart du temps je gère plutôt bien mon ressenti à leur égard et parfois j’ai des périodes où ces choses-là, mon enfance et autre, reviennent me prendre la tête.
Sierra à la même posture que moi et m’écoute avec attention. Je vois sur son visage combien elle prend ça au sérieux, ça me soulage.
— OK, je vois. T’as genre des flashbacks ?
J’incline la tête en silence.
— Tu sais que tu peux tout me dire ? Quand tu t’en sentiras prêt, OK ?
— Ouais… Ça risque de prendre du temps.
— On a tout notre temps, je saurai être patiente pour toi, mon fiancé, affirme-t-elle le ton léger avant de se lever et de me tendre sa main pour que j’en fasse de même.
Je la suis comme un automate, agréablement surpris de sa réaction. Je n’aurais pas pensé qu’elle soit compatissante et pourtant c’est purement le cas. Elle m’entraîne avec elle sur le matelas. Je m’allonge sur le dos face au plafond pendant qu’elle se love contre mon torse. Du bout des doigts, elle caresse ma peau tatouée en respirant les effluves de ma chair de son nez au creux de mon cou.
— Bella ?
— Miro ?
— Ne me quitte pas… soufflé-je du bout des lèvres.
— J’en ai pas l’intention, j’aime ce que nous sommes, ensemble, déclare-t-elle.
— Sierra ?
— Andrea ?
— Je t’aime…
— Je t’aime aussi Bé.
Mon cœur fait une embardée dans ma poitrine. Sierra est aux premières loges, mais je m’en fous. C’est pour elle qu’il se démène comme un forcené, elle doit le savoir.
— Si on se mariait demain, ou ce week-end à Vegas ?!
Ma belle se relève sur un coude, laissant dégringoler sa chevelure brune en cascade d’ondulations, le regard interrogateur.
— Tu te fous encore de moi ! C’est ça, hein ? Avoue… bafouille-t-elle.
— Nan, même pas !
Elle s’assoit franchement ce coup-ci sans lâcher mon regard du sien, me laissant apercevoir son trouble quant à ma question. Ses yeux chocolat se parent d’un voile brillant avant que ses paupières se referment faisant papillonner ses longs cils noirs.
— T’as pensé aux invités ? On n’en a même pas encore parlé ! Et nos tenues, les alliances… Miro, c’est de la folie, réfléchit-elle.
— En vrai, on s’en fiche de tout ça ! Juste toi et moi, le temps d’un week-end à Vegas. Je veux que tu sois ma femme et je ne veux plus attendre. Rendons ça légal un point c’est tout. Si ça te rend heureuse, nous organiserons un énorme mariage à la date qui te conviendra avec tout le bordel et tout et tout. Mais putain, j’en ai plein le cul d’attendre, déballé-je impatient de la mener à l’autel.
Sierra reste muette un long moment, si long que je ne m’attends plus à ce qu’elle me donne de réponse, puis elle prend la parole.
— Tu préfères Elvis ou Michael Jackson ?
— J’en déduis que c’est un oui ?
— Oui, c’est un putain de oui même Bé ! confirme-t-elle.
Finalement, c’était plutôt facile de la convaincre. Je suis aux anges. Ma fiancée sera ma femme d’ici quelques jours ! Comme une furie, elle grimpe sur moi à califourchon collant son buste contre mon corps. La pointe de ses seins se dresse sous l’effet de l’excitation déchaînant mon désir brûlant pour elle. Ma déesse mange ma bouche avec avidité et gourmandise. Sa langue entraîne la mienne dans une valse envoûtante. Ses doigts glissent dans mes cheveux pendant que sa main empoigne mon membre. J’ai l'impression que mon sang a quitté mon corps pour migrer dans mon érection. Sierra malaxe avec délicatesse mes bourses me faisant lâcher un râle de plaisir entre nos lèvres vissées. Elle met fin à notre baiser et plonge son regard chocolat brillant de malice dans le mien. Une moue coquine étire ses lèvres pleines. Je ferme les yeux sous le poids de tant de délices. Je sens ses lèvres contre la peau sensible de mon cou, le suçotant. Puis, elles descendent sur mon torse, le long de mon ventre, pour enfin s’arrêter à l’élastique de mon boxer. Sierra l’agrippe de ses dents avec sauvagerie tandis que ses yeux aguicheurs restent plantés dans mon regard.
J’inspire profondément, impatient d’entrer dans sa bouche. Quand enfin la chaleur délicieuse de cette dernière m’enveloppe. Cette sensation est d’une intensité à vous faire péter les neurones. Rares sont les fois où j’ai pris mon pied avec une pipe, mais là, elle est clairement inqualifiable ! Pour peu qu’elle me lèche les testicules, je risque fort de jouir comme un ado prépubère. Ses doigts restent autour de ma queue, la serrant et donnant le rythme à ses va-et-vient. Joueuse, Sierra relève la tête par moment afin d’inspecter mon état de divine détresse. Sa langue aguiche mon gland puis caresse mon membre de tout son long. Mon cœur bastonne et mon sang bouillonne. Putain que j’aime ça ! J’inspire à pleins poumons me délectant de cette fabuleuse gâterie. Je grogne de surprise au moment où la langue gourmande de ma belle lape mes boules. Je me durcis de plus belle en laissant échapper plusieurs râles. C’est démentiel ! Je vais exploser si elle continue ainsi.
J’agrippe avec délicatesse une mèche de sa chevelure. Elle relève une nouvelle fois la tête, obéissante, en me questionnant de son regard ingénu. Je renverse la situation en la plaquant contre le matelas, à présent au-dessus d’elle. À mon tour de la rendre barge, ensuite nous passerons aux choses sérieuses. Sans trop de ménagement, j’écarte ses jambes. Mes doigts glissent le long de ses côtes provoquant de légères chatouilles avant d’arriver à leur but. Je me faufile entre ses lèvres brûlantes et découvre le fruit de son excitation. Sierra est trempée ! Je la pénètre directement de deux doigts pendant que mon autre main s’occupe de malmener son clitoris. Ma petite bombe gigote dans tous les sens et couine à son tour. Elle est sexy à mort, c’est un régal de la voir dans cet état-là ! Je l’emmène aux portes de la jouissance en alternant avec mes doigts et ma langue.
— Putain Bé ! Si tu ne me prends pas immédiatement, je te préviens, je hurle ! menace-t-elle à bout de patience.
— Humm… j’aime quand tu hurles ma belle…
— Andreaaaa ! chouine-t-elle.
—Vos désirs sont des ordres femme !
Je repousse l’élastique de mon caleçon et entre en elle d’une poussée. Son cri de surprise attise mon envie d’elle. Je m’immobilise afin de retrouver un semblant de calme, je pourrais presque tout décharger à l’instant T. Je ferme les yeux et inspire avant de reprendre où j’en étais. Sierra n’est pas le genre de nana à jouer la poupée de chiffon, nan, ma belle est une tigresse au plumard, ouais là aussi. Son bassin ondule et quémande mes va-et-vient. Plus ça tape, plus elle aime et manifeste son plaisir. Elle me rend clairement fou... J’aime et idolâtre absolument tout chez cette femme. De l’insignifiant au plus important.
Elle aura ma mort à coup sûr et quand bien même, maintenant que j’ai goûté au bonheur de l’avoir dans ma vie, je pourrais partir en homme heureux. Dans un élan de fougue incontrôlable, je la fais tourner et la positionne à quatre pattes face à moi. J’enroule mon poing dans sa tignasse ébène en attrapant sa hanche pour m’engouffrer sans plus aucune retenue en elle. Le cœur au bord des lèvres, je la pilonne avec vigueur et amour. Comme si tout l’amour que je ressens à son égard pouvait se quantifier à cet instant précis, quand je suis à ma place en elle pour la posséder de la plus intime des façons. Putain que je l’aime !
La réalité me rattrape faiblement, assez pour l’entendre s’extasier sous le poids de l’orgasme que je lui procure. Elle est tellement belle quand elle jouit. Mon rythme cardiaque s’emballe, mon sang est en fusion, je sens le plaisir irradier le long de ma colonne vertébrale. Je donne tout ce qu’il me reste sous la pédale et finis par totalement les perdre en m’abandonnant à mon tour sur le chemin de la délectation.
Je libère Sierra et m’affale, épuisé à ses côtés. Le cœur battant, je reprends doucement pied après le raz de marée que je viens de prendre. Ma belle n’en mène pas large non plus, notre étreinte l’a, semblerait-il, épuisée elle aussi. Malgré ça, elle trouve tout de même la force de hisser son corps jusqu’à moi pour poser sa tête contre ma poitrine. Mes doigts ne peuvent s’empêcher de glisser entre ses mèches soyeuses. Je répète ce geste encore et encore jusqu’à ce que le sommeil m’emporte avec lui loin, loin des cauchemars de mon passé.
À ma place, voilà où je me situe quand Sierra est avec moi.
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