War of Hearts (French Edition)
Chapitre 30
Andrea
— Merci, j’ai compris, répond-elle tout en mettant de l’ordre dans sa tenue le sourire aux lèvres.
— Non, tu ne comprends pas.
Je me plante face à elle et reprends avec un détachement qui me surprend moi-même.
— Toi et moi, c’est fini.
— Pardon ? Tu plaisantes Andrea ? s’insurge-t-elle.
— Tu sors de ma vie ! C’est pourtant simple comme phrase !
Je recule d’un pas et m’apprête à quitter les lieux quand Sierra me retient par le bras.
— C’est tout, tu me lâches cette bombe et tu me tournes le dos ?
— Tu t’attendais à quoi, sérieux ? riposté-je.
— Je ne sais pas… pas à ça déjà.
— Il fallait y penser avant de me prendre pour un pigeon !
— Laisse-moi au moins t’expliquer le pourquoi j’ai agi ainsi…
Furieux je fonce sur elle pour lui cracher ma rage au visage.
— M’expliquer pourquoi ?! Non, ne te donne pas tant de mal, j’ai peut-être l’air d’être un abruti, mais c’est pas entièrement le cas, hurlé-je, l’index accusateur dans sa direction. T’avais besoin de fric, j’avais des sentiments pour toi et t’en as profité pour m’entuber ! Autre chose à dire ? La provoqué-je.
— Je vois… c’est plutôt bien résumé.
J’accuse le coup une fois encore. À bout de souffle, je prends ma tête entre les mains souhaitant mettre un terme à cette souffrance lancinante qui vient s’ajouter aux blessures déjà béantes au creux de ma poitrine. Je fais une volte-face de rage et abats mon poing dans le mur à côté de nous.
— Ça n’a rien de personnel, je n’avais pas le choix…
— Arrête bordel ! On a toujours le choix ! On ne se réveille pas un matin en se disant j’ai pas le choix alors je vais dépouiller mon mec.
— Les gens comme toi ont le choix et d’autres comme moi, non.
— Les gens comme moi ? Les blindés de fric, tu veux dire… et toi, que tu viennes d’un quartier pourri et que tu sois orpheline ça excuse tes fautes ?!
— Je n’ai pas dit ça, tu déformes mes propos. Et puis d’abord qu’est-ce que c’est 100000 dollars pour toi !?
— Que dalle, Bella ! Je t’aurais donné le triple voire davantage si simplement tu me l’avais demandé, avoué-je épuisé par ce combat de boxe avec elle.
Un silence pesant et à la fois lourd de sens s’installe pendant plusieurs minutes, avant que Sierra y mette fin :
— Les choses sont parfois, souvent, plus complexes qu’elles n’y paraissent. Si une fois ton calme retrouvé tu souhaites entendre ma version, je te dirais tout ce que tu veux savoir sur moi.
— Merci, mais non merci. T’es qu’une putain de menteuse, j’en ai plus rien à cirer, je veux plus te voir, barre-toi vite Sierra.
— Je serai à l’appartement si tu changes d’avis, répond-elle à ma provoc.
Je ricane d’un rire sans joie et lui balance mon coup de grâce :
— Tant que t’y es, débarrasse mon appartement de toutes tes affaires et dégage aussi loin qu’il t’est humainement possible de l’être !
Sans attendre sa réponse et encore moins voir sa réaction qui, à coup sûr, me décevrait, je détale avec un besoin irrépressible de me noyer dans des litres de rhum.
Quelques minutes plus tard, alors que je suis vautré dans un des fauteuils mis à disposition pour la soirée, je scrute sa silhouette descendre les escaliers pour finir par quitter le hangar. Les battements de mon cœur sont d’une telle violence qu’il se fissure un peu plus à chacun d’eux. J’ai mal. J’ai tellement mal que je veux crever. Ça fait bien trop longtemps à présent que je me bats. Et pour quoi d’ailleurs ?!
J’ai un casier judiciaire pour délinquance sexuelle, un père qui n’a jamais vu que j’existais, une belle-mère qui m’a toujours détesté et a fait de moi le lâche que je suis… Mon business ? Sans Luciann, il n’en serait rien ! Le Panam cartonne, mais soyons honnête, Livia fait tout le sale boulot pendant que j’en récupère les lauriers. J’ai des comptes en banques blindés de tunes, mais je ne m’en sers pratiquement pas n’ayant plus personne avec qui les partager. Je ne suis plus certain de rien, pourtant, je sais que toutes ces merdes ne valent pas la peine que je continue ainsi.
J’ai un plan. Et le premier point consiste à boire jusqu’à la limite du coma éthylique. C’est ce soir que tout prendra fin. Je bois cul sec le verre de rhum en ma possession pour appuyer mes pensées. Une fois vidé, je le délaisse et continue sur ma lancée en m’abreuvant directement à la bouteille.
Une poignée d’heures plus tard, je n’ai toujours pas mis à exécution la deuxième partie de mon plan diabolique. Des paires de fesses et de seins se frottent contre moi. Mes sens sont exacerbés totalement empreints au taux d’alcoolémie présent dans mon sang. Je perds toute notion de réalité et me laisse entraîner par l’ivresse de l’instant. La deuxième partie peut bien attendre encore un peu…
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