War of Hearts (French Edition)
Chapitre 10
Andrea
Bordel, je me réveille en sursaut ! Encore un de ces cauchemars, souvenirs plutôt, de merde ! Ce n’est pas comme si c’était inhabituel, cependant il est si facile d’y faire abstraction quand ils me foutent la paix. Je passe une main tremblante dans mes cheveux trempés de sueurs froides. Un véritable bon vingt-deux ans en arrière, de quoi me mettre en forme pour la journée. Je me redresse avec difficulté dans mon plumard et balaye ma chambre du regard. La panique me gagne quand je ne la vois pas à sa place endormie.
— Ixa ! l’appelé-je à plusieurs reprises, mais rien.
Je bondis de mon lit, envoyant valser la couverture au passage, pour la chercher dans l’appartement. Elle ne peut pas être loin, bon sang ! En arrivant dans la cuisine, je me rends compte de l’heure qu’il est et comprends rapidement la situation. Il est déjà 14h00, ayant passé la nuit au loft, Livia a dû à coup sûr venir la chercher. Je retrouve un semblant de calme et décide de me faire couler un café pour émerger. Au moment où je quitte la pièce pour récupérer mon portable, la porte d’entrée s’ouvre sur les filles.
Ma Rott se jette sur moi comme une furie. Soulagé de la voir, je lui offre le câlin qu’elle mérite. Ma chienne prend une place énorme dans ma vie, elle m’aide à garder le cap et à ne pas flancher. C’est un amour de chien. Elle est victime de la mauvaise presse sur sa race ; entre nous c’est de la merde ce qu’il se dit sur les Rottweilers. Très franchement, c’est une véritable peluche, encombrante certes et un poil pot de colle ! Cependant, je ne pourrais pas vivre sans elle.
— Ravie de te voir aussi, beau gosse ! s’impatiente ma nièce.
Je m’écarte difficilement d’Ixa, car cette dernière monopolise toute mon attention. Je finis tout de même par enlacer Livia et lui coller une bise baveuse sur la joue.
— Beurk ! T’es vraiment dégueulasse tonton, en plus je ne sais pas où t’as laissé traîner ta bouche, se plaint-elle tout en s’essuyant du revers de la main.
— Tu n’exagères pas un chouïa là ?
— Franchement ? Juste un poil alors… beaucoup trop de femmes te tournent autour, ça en devient indécent !
— Le plus indécent serait de ne pas en profiter ma nièce chérie dixit « c’est l’hôpital qui se fout de la charité ».
— Nan, je n’ai rien avoir avec toi, je ne suis pas une tombeuse… Et sinon, ça te dit si on changeait de sujet ? !
J’accepte volontiers et enchaîne :
— Tu m’as foutu les jetons, mais merci de t’être occupé d’Ixa, Lia.
— J’ai pourtant essayé de te réveiller, mais tu étais loin dans les bras de Morphée, donc je t’ai laissé un mot sur le micro-ondes que tu n’as pas dû voir, m’avertit-elle.
— Ah merde, non en effet… avoué-je penaud.
Je la suis du regard se diriger vers la cuisine avant de lui emboîter le pas, Ixa toujours dans mes pattes. Quelques secondes seulement et ma nièce fait volte-face, un post-it collé sur l’index, où y est inscrit « Partie en vadrouille avec Lia ! Ixa ». J’abdique d’un signe de tête.
— Tiens, ton café mon oncle, t’as l’air d’en avoir grand besoin.
— Pourquoi dis-tu ça ?
— Bah t’as qu’à voir ta tronche et t’auras ta réponse, ricane-t-elle à mes dépens.
Naturellement sa spontanéité me fait sourire en envoyant valdinguer les restes de ce satané souvenir. Nous buvons notre café ensemble, sans pouvoir éviter la curiosité de Lia de s’abattre sur moi. Ça ne me dérange pas, ma nièce et mon meilleur pote sont les deux seules personnes en qui j’ai entièrement confiance. Alors parler avec eux se fait naturellement, enfin tout dépend du sujet de conversation.
***
Sierra me plaît beaucoup, un peu trop même, si vous voyez où je veux en venir. Avec elle, il va falloir la jouer fine et ferme à la fois. Autrement, je vais finir bouffé tel un vulgaire casse-croûte. La nuit partagée avec elle me l’a bien confirmé. Sierra m’avait déjà pas mal retourné lors de notre première étreinte, je n’étais simplement pas prêt à me l’avouer. On ne peut pas dire que j’ai une chance formidable avec la gent féminine. Soit elles veulent me baiser, soit elles me baisent au sens propre comme au figuré. Alors, leur faire confiance ?! C’est mort ! Sierra ne fait pas exception, c’est une croqueuse de diamant comme les autres. Cependant, elle ne s’en cache pas et le revendique dans les moindres détails de son attitude. C’est ce qui fait toute la différence entre elle et les autres. Et puis, je dois bien le reconnaître, cette bomba latina me fait bander comme un dingue !
Cette femme aime quand ça brille autour d’elle, je dois donc lui en mettre plein les yeux. Vous allez trouver ça absurde, mais à cet instant, je ressens le besoin de lui donner tout ce dont elle désire. Je le sens au fond de mes tripes, cette nana est forgée du même métal que moi pour être devenue la parfaite reine des glaces. Elle a manqué de beaucoup de choses. De fric ? Limpide, mais pas seulement, c’est plus profond que ça. Croyez-moi, je vais le découvrir, car j’ai déjà ma petite idée. Je tape un message à Lia pour avoir l’info dont j’ai besoin pour ce soir.
SMS Andrea :
Où je peux trouver une
robe de cocktail avec
escarpins et tout le bordel ?
Sa réponse ne se fait pas attendre.
SMS Lia :
Mdrrr…Tu sais
qu’Halloween est
seulement dans trois mois ?
Cette fille a de la chance d’être ma nièce préférée, je vous jure !
Nan, sérieux, c’est à moi
que tu demandes ça ?
Ouais, je sais !
À qui d’autre tu
veux que j’demande ?
Je me gratte la tête, mais ne vois vraiment personne d’autre.
Ton cher meilleur ami…
avec sa poule de luxe,
il doit être au parfum.
Arff, j’y ai bien pensé en plan B.
Tu sais ce que tu cherches
au moins et pour
qui d’abord ? Va chez
Maria, ou appelle-la,
elle devrait te dégoter la
tenue parfaite pour,
je ne sais qui…
Mais oui, Maria est une cousine éloignée qui a une boutique très classe, non loin du restaurant de Christian, mon frère aîné. Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?
T’es la meilleure
ma nièce !
Évidemment !
Livia avait raison, Maria est une fée. Elle a tout de suite su vers quoi me diriger, de plus en un temps record. À l’heure qu’il est, Sierra a dû recevoir le tout par le livreur de la boutique à l’agence où elle travaille. Je croise les doigts pour qu’elle accepte mon invitation à la dernière minute. Naturellement, je ne lui ai pas indiqué pour quel évènement j’avais besoin de sa présence pour m’accompagner. Mais une fois dévoilé, elle sera dingue !
Une heure plus tard, j’ai sa confirmation pour ce soir. Parfait ! La p’tite Bomba Latina veut être vue et admirée ? Eh bien, à mon bras ça me semble idéal. Voyez ça comme un échange de bon procédé. Nous en profitons tous les deux avec en prime de bonnes parties de jambes en l’air. Après avoir réglé deux trois trucs avec l’équipe de ce soir du Panam, je file me préparer. Rien d’exceptionnel pour ma tenue vestimentaire, on ne change pas une équipe qui gagne. Pantalon, chemise, chaussures, le tout noir. Un peu de parfum et me voilà prêt pour aller la chercher. Pour un peu plus de discrétion, je laisse ma Nissan au garage et prends ma C63 AMG S coupé full black, en accord avec ma tenue. Je lui envoie un message en lui indiquant que je pars de chez moi.
Quand j’arrive à proximité de sa rue, j’aperçois une silhouette exquise drapée à merveille dans une robe rouge sang mettant les atouts de Sierra en valeur. Magnifique ! Elle est tout bonnement exquise, elle m’en coupe le souffle ! Quel putain de veinard je suis ! Je me gare à sa hauteur et déverrouille la portière passagère. Ma cavalière s’y engouffre en laissant planer dans son sillage une délicieuse senteur de vanille épicée. Mes narines se ravissent instantanément. Ses yeux chocolat se verrouillent aux miens, puis elle rompt en premier le silence de l’habitacle.
— Bonjour, mon beau Miro…
— Bonjour Bella, réponds-je tout en déposant un baiser sur le dos de sa main. Tu es magnifique !
— Je te remercie, pour l’invitation et pour le reste. Tu es un véritable gentleman ! déclare-t-elle malicieusement.
— Tu m’en vois ravi, et c’est la tenue idéale pour l’endroit où j’ai l’intention de t’emmener.
Elle me sourit tendrement avant de poursuivre.
— D’ailleurs, où allons-nous ?
Je redémarre nerveusement faisant ronronner le V8 tout en arborant mon sempiternel sourire.
— Ça Bella, c’est une surprise !
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