War of Hearts (French Edition)

Marjory Kenlay · Chapitre 51 sur 52

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War of Hearts (French Edition)

Chapitre 2

 

Jay

La sonnerie de mon portable me sort du sommeil. Je saisis l’objet machinalement et décroche sans même regarder l’identité de mon interlocuteur. C’est pour le Club, c’est toujours le Club.

— Ouaip !

J’ai la voix éraillée de sommeil.

— Fils, j’ai besoin de toi pour la session. Sois au garage dans une heure, ne sois pas en retard.

— Compte sur moi.

Je mets fin à l’appel de mon président sans plus de courtoisie. Je prends quelques secondes pour me réveiller, quand le bras d’Ashanty glisse sur mon ventre et descend en direction du sud. Cette nana est une vraie chaudasse. Toujours partante à n’importe quel moment du jour ou de la nuit. Et j’adore ça. C’est ce qu’il y a de bien avec Ash, nous sommes sur la même longueur d’onde. Elle sait très bien à quoi s’en tenir avec moi. Ce n’est un secret pour aucune de mes conquêtes d’un soir, je n’ai ni le temps ni la place dans ma vie et encore moins l’envie de me faire chier avec une nana. Je n’aurais jamais de régulière, chose qu’Ash ne convoite absolument pas. Entre elle et moi, c’est du sexe sans attache et sans prise de tête. L’éclate !

Ses ongles griffent avec délicatesse la peau de mon bas ventre, déclenchant une vague de plaisir se répercutant directement dans ma queue. Ash ne manque pas l’occasion qui se présente à elle et laisse ses doigts encercler mon érection matinale. Sa main monte et descend avec lenteur, augmentant mon excitation. Elle accélère crescendo le rythme de ses caresses et m’arrache un gémissement rauque. Je décide de la freiner légèrement, et dépose ma main sur la sienne. À ce rythme-là, le spectacle sera fini avant même d’avoir commencé. Elle émet un gémissement plaintif en réponse, sexy à mort !

— OK ! Fais ce que tu as à faire diablesse. Lâché-je vaincu en écartant les bras en signe de défaite.

Je suis maintenant allongé sur le dos, Ash à califourchon sur moi ses yeux pleins de malice rivés aux miens. Elle descend langoureusement, en faisant bien attention de frotter sa peau brûlante de désir contre la mienne. Sa bouche se promène sur mon torse, puis mon ventre, et putain de merde, elle lèche ma queue au garde à vous, avec gourmandise.

***

Je gare ma bécane à côté de celles de Jer et Klash, déjà arrivées au club house. L’Harley de mon père est là elle aussi. Les dernières semaines ont été plutôt rudes avec lui. Il vient d’apprendre que Vicky, sa régulière, a un cancer du sein. C’est la merde. Mon père est complètement fou de ma belle-mère. Si elle devait y rester, il serait anéanti ! La raison de notre présence à tous, ce midi, est l’annonce de la maladie de Vicky au reste du Club. C’est certain que ça va plomber l’ambiance. Avant mon père, elle était la régulière de Phil Ford, un des firsts membres fondateurs de notre MC. Vicky est extrêmement respectée et représente, en quelque sorte, par sa position de régulière du président des Death’s Falcons, la maman du Club. Les mecs sont au bar en train de siroter leurs bières. Je les rejoins et demande un café au prospect en attendant l’arrivée du reste des frères.

Bill, Brady, Mal et Stew font leurs entrées, la messe peut commencer. Nous sommes tous installés autour de la table de décision. Terry y préside, en bout, à sa gauche Stew, Bill, Mal et Pit. Et à sa droite, moi, Jer, Brady, puis Klash en face de lui. Kill et Vic, les prospects, sont debout un peu en retrait. L’avenir nous dira s’ils méritent d’être investis dans le Club. Avoir un siège à la table leur permettra le droit de vote, mais surtout, le patch aux couleurs du MC à porter avec fierté. Personnellement je pense qu’il ne devrait pas y avoir de problèmes pour leur avenir au sein du Club. Cependant si j’ai bien appris quelque chose durant les dix années passées ici, c’est combien la confiance est un luxe qu’on peut rarement s’offrir, alors sait-on jamais.

— Aujourd’hui les gars, on a plusieurs points à caler concernant le chargement en provenance de Russie.

La voix de notre président en impose, tout le monde respecte mon vieux autour de cette table.

— Klash, Brady, et Jay, vous vous occuperez de la réception du colis au hangar. déclare-t-il en nous pointant du doigt tour à tour. Le camion devrait être là vers seize heures. Jay, tu fais le point avec Barnet. Les gars vous le couvrez et faites l’inventaire du stock de munitions.

— Stew et Jer, vous venez avec moi, on va voir Lopez et s’assurer qu’il a notre fric pour la livraison de la semaine prochaine. Pour les autres, vous allez aider les régulières à bouger les meubles pour la fiesta de ce soir. Prospects, vous escortez les femmes pour faire les courses et assurez-vous que tout roule. Les chambres doivent être nickel pour recevoir. On attend pas mal de frères.

— OK Terry, on s’en charge, clament en cœur les deux jeunes.

— Parfait. Hum…

Du regard, Terry cherche mon soutien que je lui confirme d’un hochement de menton. Il fait de même avec mon frère. J’allume une clope pour occuper mes doigts et m’attends à faire face à la chute d’ambiance imminente.

— Avant d’en finir les gars, j’ai quelque chose d’important à vous dire, commence mon vieux.

— Des soucis mon pote ? demande Bill.

— Une merde vient de nous tomber sur le coin de la gueule Bro.

Je tire une longue latte et fais craquer ma nuque. Je cache comme je peux mon malaise. Vicky n’est peut-être pas ma mère, mais elle est ce qui s’en rapproche le plus. Elle m’a toujours accepté comme je suis, contrairement à Betty et a été un bon nombre de fois mon garde-fou. Même si elle ignore les actes du Club, elle connaît ses règles et a toujours su réveiller ma conscience, les fois où je partais à la dérive. Elle est bien plus que la régulière de mon père, elle est la gardienne de ce foutu Club. Sa maladie nous concerne tous. Je me hasarde à regarder le visage de mon petit frère, il fait bonne figure face aux gars, mais en vérité il ne réalise toujours pas. Qui le pourrait ? Il est si jeune et la possibilité de perdre sa mère, non pas par des représailles ou un accident que le Club pourrait causer, lui fout un coup. Nan, c’est un putain de cancer qui menace de la lui arracher !

— C’est Vicky, elle ne se sentait pas vraiment en forme ces derniers temps, elle était constamment épuisée et elle avait des migraines pratiquement en continu. Alors elle a passé quelques tests médicaux et ce n’est pas bon du tout…

— Oh, mon dieu de merde ! C’est quoi Terry ?

Avant même que mon paternel réponde, j’écrase ma clope et réponds à Bill.

— Un putain de cancer, mec !

Je ne peux cacher mon dégoût et grimace d’amertume. Un chapelet d’injures s’échappe de la bouche de tous. Mes jambes tremblent toutes seules d’agacements et de nervosité. Terry instaure le calme et poursuit.

— Elle a un cancer du sein de stade II, c’est donc fifty-fifty. Je vais avoir besoin de disponibilité pour m’occuper d’elle. Alors je compte sur chacun de vous pour veiller sur le Club en mon absence.

— Bien sûr Prez, tout ce que tu voudras.

— Merci !

Sur ses remerciements, il frappe la fin de la session de son marteau, refermant la parenthèse émotion. Les gars vont tour à tour montrer leur sollicitude en assénant multitudes tapes viriles dans son dos pour lui insuffler du courage ainsi qu’à Mal. Je sors de l’église comme si j’avais le feu aux fesses. Je boirais bien un coup maintenant. Je fais signe à Kill de me servir une bière, et sors de mon paquet de Marlboro mon joint puis l’allume.

— Ça va Jay ? me demande Jer.

— Ouais, ça va mon frère.

J’inspire à plein poumon et recrache le mélange de tabac et d’herbe.

— Elle va surmonter ça, c’est une dure à cuire notre Vicky, mec ! continue-t-il.

— C’est clair, t’as raison. Mais ce n’est pas que ça, eux m’inquiètent…

Son regard suit la même direction que le mien se posant sur Malonne et mon vieux.

— Je sais ce que tu penses, mais on est une famille, on se serre les coudes et les liens se renforces dans les moments de merde intense, me rappelle-t-il.

— Ouaip ! lâché-je d’un rire amer.

Je tire une dernière fois sur mon joint et le lui tends. Il hoche la tête pour me remercier, avant de le porter à ses lèvres.

— Sincèrement Jay, de toi à moi, quelles sont ses chances de s’en sortir ?

— Franchement je n’en sais trop rien. D’après le doc, ils l’ont découvert assez tôt pour ne pas que ça soit irrémédiable. Mais elle n’échappera pas à la chimio et à toutes ces merdes.

— OK, dis-lui bien que nous sommes tous là, elle ne sera pas seule pour affronter ça.

— Tu lui diras toi-même, vieux, elle sera là à la fête du printemps.

Je prends une longue gorgée de bière et me dirige vers Malone.

***

Seize heures pétantes, Barnet arrive au hangar. Je lui fais signe et viens à sa rencontre.

— Jay ? Terry n’est pas là ?

— Nan, il avait à faire. D’ailleurs à l’avenir c’est à moi que tu auras à faire.

— Ah ouais et pour combien de temps ? Parce que Keposwitch m’a donné des ordres Jay. Je tiens à ma famille et à ma vie, me dit-il inquiet.

— Le temps qu’il faudra Barnet. Kep j’en fais mon affaire, tout sera réglé d’ici ton retour, no stress, le rassuré-je.

— C’est bon pour moi, termine-t-il en me tendant la main.

— Parfait. Rétorqué-je en la serrant. Les gars on décharge !

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