War of Hearts (French Edition)
Chapitre 16
Sierra
Je passe à peine le pas de porte de l’appartement qu’Andrea me tombe dessus. J’en conclus que l’absence de ces derniers jours a eu raison de son manque de moi. Manque totalement partagé, inutile de me mentir. De plus, je déteste les soirs où il s’abandonne à ses courses de bagnoles grotesques ! Mais qui suis-je pour l’en empêcher ? Rien de plus que son plan cul ou encore son crush du moment. Peut-être pas seulement, meuf… mouais, admettons. Il fait voler mes vêtements à la vitesse de la lumière, comme s’il cherchait à remporter le record mondial du désapage ! Ce mec ne finit pas de m’étonner et me séduire par la même occasion. Je fais mon possible pour ne pas m’emballer. Simplement, il est tellement bon de s’abandonner à cet homme. Du moins pendant de courts instants au creux de ses bras, là où je me sens invincible. Nos ébats changent également. Ils sont davantage doux, chargés de sensations qui m’étaient jusqu’alors inconnues. Nos corps dansent comme si leurs vies en dépendaient. C’est différent, curieux, mais tout aussi délicieux.
Une fois notre parenthèse de luxure terminée, Andrea se prépare pour rejoindre le Panam. Installée sur le côté, je le regarde se mouvoir avec aisance, j’en salive tant il me fait envie. Jamais rassasiée ma fille ! Je sens mon cœur faire une embardée au moment où le regard de mon amant capte le mien et s’y verrouille. Les murailles solidement érigées autour de ce dernier, tremblent sous le poids de ces yeux onyx si mystérieux et envoutants.
— Viens avec moi ce soir, déclare-t-il en s’approchant d’une démarche féline.
Je suis surprise par sa demande, car c’est la première fois qu’il me propose de l’accompagner, lui qui met un point d’honneur à ne pas mélanger business et vie privée. Mettant trop de temps à lui répondre, il poursuit :
— Je ne veux pas te quitter ce soir, ni les autres d’ailleurs… mais ça, on verra plus tard.
— Qu’est-ce qu’on verra plus tard Miro ?
— Ah ah, tu ne perds pas le nord toi, hein ?! me taquine-t-il.
Le sourire qu’il m’offre en entendant ce diminutif me fait fondre littéralement. Mon beau rital me fait perdre la tête, il m’est quasi impossible de lui refuser quoi que ce soit. Face à lui je deviens sans équivoque, une faible femme. Vient s’ajouter à ça, des mots de ma copine photographe. Une pointe de jalousie me force à sortir mes fesses de ce lit.
— T’as raison, il est grand temps que je marque mon territoire… t’es à moi beau gosse ! Officialisons notre relation dans ton royaume de la nuit ! lâché-je en bondissant du matelas avant de me jeter sur ses lèvres gourmandes.
D’énormes gyrophares clignotent à vive allure dans ma tête. Cependant, je décide de les ignorer ! Et crac ! La muraille se fissure davantage. Je vais le regretter à coup sûr. Il est très difficile de résister à Miro et mon cœur l’a bien compris. Advienne que pourra comme on dit !
Une fois prête, j’inspecte une dernière fois mon reflet dans les immenses miroirs qui composent le hall qui sépare le Club du penthouse d’Andrea.
La règle numéro 1 d’une garce sûre d’elle est de s’assurer d’être irréprochable. Comment voulez-vous paraître sûre de vous si vous n’en êtes pas convaincue vous-même ? D’où l’importance capitale d’être impeccable. Ce que je m’efforce d’être en toutes circonstances. Mon make up est toujours parfait, mon rouge à lèvres carmin en arme ultime. Je suis prête à affronter les regards vaniteux et désobligeants du fan-club d’Andrea ! Je sors déterminée du hall secret faisant claquer ma paire de talons de douze centimètres au sol. D’une main experte, je défroisse les plis imaginaires de ma robe blanche.
— Putain, mais qu’est-ce qu’il m’a pris de t’offrir cette robe ? Tu ne passeras jamais inaperçue comme ça. s’exclame-t-il en se collant derrière moi.
Je me détends instinctivement à son toucher, le fessier calé contre son membre en légère érection. Sa bouche suçote la peau tendre de mon cou avant de me susurrer à l’oreille :
— T’es tellement bandante ma belle… un véritable bonbon pour mes rétines… j’ai hâte de te dévorer, encore !
Je ferme les yeux en me délectant de sa voix suave et sexy en diable habillant mon corps de frissons. Il est limpide combien cet homme a un effet incroyable sur mon être.
— Et moi donc !
Je suis avec automatisme mon amant foulant le sol du night-club d’un pas victorieux. La tête haute, je ne prends pas la peine de regarder avec attention les visages des personnes qui interpellent Andrea. C’est un homme apprécié et respecté par ses employés, il n’en fait aucun doute. Je reconnais néanmoins l’As des cocktails quand nous passons à proximité du bar de la mezzanine. Ce dernier ne semble pas étonné de me voir main dans la main avec son boss. Rapidement, je ressens le poids de regards insistants sur ma personne. Je tente de les ignorer. Malgré moi, je finis par en capter quelques-uns. Je prends un malin plaisir à soutenir avec insistance celui d’une petite blondinette, un plateau à la main en robe moulante noire comme uniforme du Panam.
C’est fascinant de voir avec quelle facilité j’arrive à déstabiliser les autres femmes. Comme une petite fille perdue, les traits du visage de la serveuse se figent pendant qu’elle déglutit avec difficulté. Je la provoque de plus belle en lui servant mon sourire de garce triomphante. Vexée, l’hôtesse fait un pas à reculons quand le meilleur ami d’Andrea glisse un bras dans le creux de ses reins. Elle accueille Luciann avec surprise et joie, le sourire retrouvé. Le beau brun le lui rend avant de lui souffler quelque chose à l’oreille. Cette bécasse se met à rire sous son regard enjôleur. Quand Luciann nous rejoint enfin pour nous saluer, je laisse ma curiosité exploser.
— On dirait bien que tu as tapé dans l’œil de Blondinette.
Le business man a un temps d’arrêt, puis finit par percuter.
— Tu parles de Lucy ?
Je hausse les épaules ne sachant pas si nous parlons de la même personne avant de la montrer du doigt.
— Nan, Lucy n’en pince pas pour moi, mais pour ton mec… il fut un temps où c’était réciproque, déclare-t-il.
À l’annonce de son prénom, Andrea met un terme à la conversation qu’il avait avec un des agents de sécurité du club, pour s’intéresser à nous.
— Ah oui, vraiment ? Je ne vois pas bien ce que tu as pu lui trouver. C’est son côté fraîchement débarqué de son Kansas natal qui t’a fait bander, Bé ?
Andrea me regarde perplexe en se grattant la tête. J’ai touché un point sensible en évoquant sa petite pucelle.
— Elle ne t’arrive pas à la cheville et je n’ai jamais touché cette fille, si tu veux tout savoir Bella, se défend-il.
— Merci, j’en avais aucun doute, nous ne jouons pas dans la même catégorie, claqué-je avec assurance. Ce que je ne comprends pas, c’est ton envie de te la taper et davantage que tu ne l’aies pas fait. Pourquoi ?
Luciann étouffe un juron dans son poing en nous regardant tour à tour. Andrea prend place à côté de son ami en plongeant ses billes onyx dans les miennes tout en passant sa main dans ses mèches noires. Il s’apprête à me répondre quand Blondinette, non Lucy, nous interrompt en nous apportant nos boissons. Je détourne mon attention sur la serveuse en la retenant par l’avant-bras. Stupéfaite et un brin affolé, cette dernière me regarde mal à l’aise.
— Tu fantasmes toujours sur Andrea ? demandé-je d’un ton accusateur.
Son regard, maintenant en panique totale, cherche celui réconfortant d’un des deux hommes spectateurs de la scène. Si elle pense m’attendrir avec ses airs de biche apeurée, elle se fout le doigt dans l’œil !
— Je t’ai posé une question plutôt simple. Oui ou non !? insisté-je en resserrant ma prise sur son poignet.
— Même si c’était le cas, je ne souhaite pas me faire licencier. J’ai besoin de ce job, déclare-t-elle enfin.
— Donc c’est un oui, affirmé-je le sourire aux lèvres.
— Bella, laisse mon personnel tranquille tu seras mignonne. Lucy n’est rien d’autre qu’une bonne employée.
Je ricane au « bonne employée », mais peut-être ai-je l’esprit trop pervers.
— Je t’ai à l’œil meuf, si tu t’approches d’un peu trop près de mon homme ce n’est pas seulement l’œil que tu vas perdre, l’informé-je avant de relâcher sa chair.
— C’est une menace ? se rebiffe-t-elle.
J’éclate de rire puis poursuis.
— Non, bien sûr que non, juste une mise au point, valable pour toi et toutes tes copines. Je compte sur toi pour leur faire passer le message.
Je n’ai qu’un hochement de tête en guise de réponse, parfait.
— Non pas que ça m’a déplu, c’était quoi ça, Sierra ?
— Je viens de marquer mon territoire dans cette jungle de chattes en chaleur, car c’est le goût de la mienne qui t’enivre à présent, rétorqué-je en terminant ma phrase par un clin d’œil.
— Oh putain mec ! Tu as ma bénédiction, cette femme est démoniaque et je l’adore, raille Luciann affalé sur la banquette de velours.
La soirée se déroule sans autres éclats de ma part. Je profite de faire quelques pas de danse sur le dancefloor, tant le son est bon. Quand je rejoins les hommes à la mezzanine, ils sont en grande discussion. Je capte rapidement qu’il s’agit de la race de mardi soir. Je m’installe discrètement, mon Martini dans les mains, tout en écoutant avec attention ce que les deux amis se disent.
— Riviera est un très bon adversaire, il a le don de te pousser dans tes retranchements et tu finis par te surpasser, déclare Luciann.
Andrea lâche un marmonnement le nez dans son verre de rhum.
— Ça te dit quelque chose Batista Riviera, Sierra ? me questionne le trentenaire.
— Pourquoi ?
— Parce que lui semble te connaître, du moins assez bien pour provoquer Andrea à ton sujet.
Je jette une œillade interrogative à l’intéressé avant de reprendre la parole.
— Il n’y a pas grand-chose à savoir au sujet de Batista et moi, si c’est ce qui te tracasse Miro. Lui et moi avons grandi dans le même quartier, avons fréquenté les mêmes écoles et bandes de potes. Néanmoins, nous n’avons pas plus d’affinités que ça. Il a toujours été réglo avec moi, fin de l’histoire.
J’accentue mon regard dans le sien afin qu’il n’ait aucun doute sur la sincérité de mes dires. Je ne trouve pas pertinent de lui dévoiler l’intérêt soutenu que Riviera a toujours eu pour ma personne. Intérêts à sens unique de toute façon, donc hors sujet.
— La même bande de potes, hein… du peu que j’en ai aperçu, les gars qui l’entourent véhiculent l’étiquette avec mention « embrouilles et compagnie », ma belle.
— J’ai jamais dit le contraire, Miro ! East Harlem n’a jamais figuré dans les quartiers les plus clean de NY, le tout est d’arriver à y survivre, peu importe de quelle manière…
— Et quelle est la tienne ? Mettre la main sur un bon parti peut-être ?
— Ça non plus je ne m’en suis jamais cachée, même si c’est un peu plus complexe que ça. Je suis ambitieuse, Luciann. Je me donne les moyens de mes ambitions. Mais tu sais très bien de quoi je parle à en croire ton couple. Tu cautionnes à fond même, insisté-je en faisant allusion à son mariage totalement intéressé avec Cara.
Je ne suis pas la reine de garces pour rien et là tu viens d’avoir un bon aperçu de cette facette agaçante de ma personnalité mon cher Luciann… pas de panique tout devrait bien se passer entre nous.
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