Be My Boss (French Edition)
Épilogue 3
Carter Blanchais
Six mois plus tard…
Il y a quelques mois, je faisais une erreur monumentale qui a fait basculer ma carrière. Aujourd’hui, avec le recul, je m’aperçois que ça n’en était pas une, bien au contraire, il s’agissait d’une chance. Celle de sortir de la spirale infernale où je m’étais fourré. Le sexe facile, l’alcool parfois même la drogue et l’argent. Tout me brûlait les doigts. J’en voulais toujours plus. Plus de nanas, plus de jouissance, plus de popularité. Jusqu’à en oublier l’essence même de mon être.
C’est en contemplant le soleil se lever sur la tour Eiffel que mon envie de retourner à Brighton m’a saisi. Malgré la beauté du lieu, sans Avery, tout me paraissait moche et sans intérêt. Donc, au lieu d’étudier les comportements des autres, de les décortiquer pour fouiller au plus profond de leur être, j’ai décidé de me tourner vers moi. Vers le Carter Blanchais audacieux, altruiste et authentique. Je conserve mon charme et mon physique avantageux ; néanmoins, je m’en sers autrement.
Alors que les flashs crépitent, que l’euphorie gronde à L’Oasis et qu’une femme me contemple avec une adoration débordante, je sais que ma décision sera la meilleure. Pas celle qui m’apportera des montagnes de dollars, des comptes en banque pleins et des appartements à gogo. Après tout, j’ai suffisamment de matière grise pour être riche intérieurement.
– Il va falloir te trouver un appartement, déclare Avery en me souriant.
Naturelle, les cheveux en pagaille, le visage dénué de maquillage, elle irradie littéralement. Ses iris bleutés m’envoûtent et ses lèvres pulpeuses m’appellent. C’est indéniable, Jones m’a manqué.
– Je l’ai déjà, riposté-je avec sérieux.
– Ah. Et où se trouve-t-il ?
Évidemment, je ne peux m’empêcher de la taquiner.
– Pas loin de chez Gwen.
Je reçois un violent coup de coude dans les côtes et lève les mains pour abdiquer.
– OK, ma reine. En fait, je compte m’installer chez toi.
Un éclair de joie traverse ses prunelles, un sourire se dessine sur sa bouche et elle croise les bras sous sa poitrine.
– Qui te dit que j’ai envie de cohabiter avec toi ?
– Je sais ce dont tu as envie, Jones, susurré-je à son oreille.
Mon souffle dans son cou la fait frissonner et la tension entre nous est palpable. Dans mon boxer, ma troisième jambe ne demande qu’à se mettre en branle. Pourtant, il me faut me contenir encore quelques instants.
– Laisse-moi juste le temps de présenter mon projet à la presse et après je m’occupe personnellement de toi, lui promets-je en me redressant.
Ses joues ont légèrement rosi ; néanmoins, Avery ne se départ pas de son assurance.
– Dépêche-toi, m’ordonne-t-elle.
Voyant que je savoure la situation, elle tape dans ses mains pour intimer le silence de nouveau et prend la parole.
– Mesdames, messieurs, ma collaboration avec Carter Blanchais débutera par une soirée caritative ici même, à L’Oasis. Nous attendons bon nombre de personnalités publiques et du show-business. Vous, membres de la presse, aurez également droit à des accès VIP, mais il n’y en aura pas pour tout le monde. À vous de parler au maximum de ce projet afin que nous définissions lesquels méritent de venir.
Que j’aime son ton autoritaire et professionnel ! De toute évidence, Avery possède un supplément d’intelligence, une manière de se comporter et de rassembler les foules. Cette femme m’excite au plus haut point ! Sans ajouter le moindre mot, j’attrape sa paume dans la mienne et fends la foule pour nous diriger vers la sortie. Elle a tout juste le temps de donner les consignes à son second, un certain Trad, et nous voilà dehors. L’air d’été, loin d’être étouffant, anime mes sens.
– Je ne sais pas si je vais pouvoir me retenir jusque chez toi, grogné-je en sentant l’envie d’elle me submerger.
– Il existe des couches absorbantes de haute qualité, me nargue-t-elle.
– L’impertinence te va tellement bien !
C’est au pas de course que nous retrouvons son appartement et, dès la porte d’entrée fermée, nous jetons l’un sur l’autre. Notre étreinte sauvage est à l’image de notre relation, passionnelle et inattendue. Je lui fais l’amour avec une ardeur décuplée par l’avenir qui nous attend.
Quelques heures plus tard, dans les bras l’un de l’autre, je m’aperçois que malgré tout, nous sommes incroyablement bien ensemble.
Malgré tout. Malgré la différence d’âge, nos métiers différents, les épreuves, notre passé. Malgré les départs, l’alcool, les soucis. Malgré le temps qui passe, les douleurs, les peurs et le quotidien. Malgré l’absence, notre caractère fort et les autres.
Malgré tout, il y a l’amour. Le nôtre. Celui que nous vivons depuis quelques mois déjà en pointillé, qui m’a fait grandir, évoluer et surtout me trouver. L’amour qui fait de nous deux êtres rassemblés par un sentiment commun. Avec Avery, je me sens intouchable.
– Je t’aime, mon roi, murmure-t-elle contre ma bouche.
Un frisson me saisit, bientôt suivi par la paix.
– Moi aussi, lui réponds-je sans détour.
Et alors que nous échangeons des mots gorgés de sincérité, mon téléphone portable sonne. Je râle, décidé à ne pas prendre l’appel, mais, comme à son habitude, Avery m’enjoint de décrocher. Lorsque je découvre le prénom de ma mère s’afficher sur l’écran, je prends l’appel.
– Tout va bien ? lui demandé-je sans préambule.
Et j’entends une respiration saccadée, un reniflement, quelques cris au loin.
– Maman ? Que se passe-t-il ?
Je me redresse vivement, l’inquiétude me saisit la poitrine, l’angoisse ressurgit au galop.
– C’est… Dana, bredouille-t-elle.
La pièce tangue, le sol se dérobe sous mes jambes frémissantes et la main d’Avery attrape la mienne.
– Elle s’est réveillée !
Comme un volcan bouillonnant depuis des décennies, mon bonheur jaillit en un geyser touchant les étoiles. Après les épreuves, voici la réussite. Pas celle éphémère qui comble l’ego et le porte-monnaie. Non, celle éternelle, qui restera toujours dans mon âme pour me prouver qu’il ne faut jamais rien lâcher et que le bonheur se trouve souvent là où on ne l’attend pas…
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