La France n'a pas dit son dernier mot

Éric Zemmour · Chapitre 101 sur 127

Pages du PDF

La France n'a pas dit son dernier mot

Jockey Club - 28 novembre 2018

Je crois tout le contraire. Wauquiez a saisi qu’il y avait quelque chose de pourri au royaume des élites françaises, parce qu’il est un esprit brillant.

Son erreur n’est pas dans son diagnostic, mais dans son irrésolution, dans sa pusillanimité. Dans son entre-deux permanent, dans son refus de briser le cercle de feu qui entoure le Front national ; dans son refus de reprendre les mesures radicales sur l’immigration, qu’avait pourtant énoncées la droite dès la convention de l’opposition de 1990. Les Giscard et Chirac, mais aussi Juppé ou Madelin avaient été bien plus audacieux que leurs cadets. Giscard avait parlé « d’immigration-invasion » et Chirac avait, à la mairie de Paris, versé une allocation familiale réservée aux Français. Wauquiez avait préféré imiter les méthodes d’un Sarkozy, qui lui avaient permis à coups de déclarations tonitruantes, de « Kärcher » et « d’identité nationale » de détacher une partie de l’électorat populaire de Jean-Marie Le Pen. Mais une fois au pouvoir, cet électorat n’avait rien vu venir. À défaut de Kärcher, il avait eu Kouchner. Les cocus ne l’avaient pas oublié. Funeste imitation. Ce n’était pas seulement le « job » de ministre de l’Intérieur que Sarkozy avait tué. Il tuerait aussi Wauquiez, qui coucherait avec lui sous la mitraille ce pauvre Bellamy qui n’en pouvait mais. Sarkozy, c’est Attila : là où il est passé, l’herbe de la droite ne repousse pas.

 

Jockey Club

28 novembre 2018

« Et comment fais-tu ton nœud de cravate ? Je n’en mets jamais. »