La France n'a pas dit son dernier mot

Éric Zemmour · Chapitre 115 sur 127

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La France n'a pas dit son dernier mot

Si bête à en pleurer - Mars 2020

Si bête à en pleurer

Mars 2020

Il faut se presser d’en rire de peur d’être obligé d’en pleurer. On connaît la célèbre tirade de Beaumarchais. Elle se prête à d’innombrables situations, d’innombrables personnalités. Mais depuis que Sibeth NDiaye est apparue dans l’espace public, elle semble avoir été inventée pour elle. Se presser de se gausser de peur de devoir s’indigner. Se presser d’ironiser de peur d’avoir envie d’invectiver. Je fulmine et j’oublie. Je persifle et je dédaigne. Magnanime, je me contente de colporter le bon mot de mon cher Naulleau : « Sibeth. Contrairement aux apparences, ce n’est pas un jugement mais un prénom. »

Depuis le début de l’épidémie, Sibeth NDiaye ne parvient plus à me faire rire. Sans doute ai-je perdu le sens de l’humour dans les affres du confinement et de l’angoisse face au virus qui rôde. Naguère, ses tenues bariolées avec un grand cœur rouge qui la faisaient ressembler à Casimir et ses coiffures à étages qui ne la faisaient pas ressembler à Marie-Antoinette m’irritaient, mais je préférais m’en moquer. Je pressentais l’outrage politique tout à fait intentionnel pour ridiculiser la République française à travers un de ses ministres : Sibeth est fille d’un député sénégalais et d’une mère magistrat ; elle connaît les usages et ne les transgresse qu’à dessein. Comme c’est à dessein qu’elle donne le kebab comme plat de base du Français moyen, pour bien ancrer dans l’esprit public le changement de population. À dessein qu’elle assiste en pyjama au défilé du 14 Juillet pour montrer le mépris qu’elle porte à la fête nationale. Je n’oublie pas qu’elle a fait ses premières armes politiques à l’Unef, dont une porte-parole a arboré un ostentatoire voile musulman, et qui est au cœur de l’alliance nouée depuis une dizaine d’années entre la gauche, le mouvement décolonial et les islamistes, les fameux « islamo-gauchistes ». Je n’oublie pas non plus qu’elle ne cache pas que l’imaginaire politique de sa jeunesse fut nourri des luttes de l’indépendance africaine auxquelles ses parents ont participé. Jadis, les immigrés qui voulaient devenir français s’entichaient des héros de l’histoire de France, pas de celle de ses ennemis. Comme ils prénommaient leurs enfants Catherine, François ou Paul, et non Youmali, Ingissolyn et Djimane, prénoms des enfants de Sibeth. Les étrangers désiraient alors se draper dans les plis élégants de la civilisation française, pas lui imposer ceux chatoyants de celle de leurs ancêtres.

La propre généalogie de notre ministre est un parfait résumé de l’histoire de la colonisation française. Son grand-père fut un de ces tirailleurs sénégalais qui donnèrent leur vie pour la France ; ses parents se battirent pour ne plus être soumis à la France ; leur fille acquiert administrativement la nationalité française mais impose à son pays d’adoption son imaginaire africain et islamique.

Il serait inutile de faire ces observations à Sibeth, qu’elle balaierait avec un mépris condescendant. « Raciste », « sexiste », on connaît d’avance ses répliques convenues. Être une femme noire lui donne deux arguments imparables, et la dispense d’un plus grand effort.