La France n'a pas dit son dernier mot

Éric Zemmour · Chapitre 27 sur 127

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La France n'a pas dit son dernier mot

L'aveu - 3 mai 2010

Pendant que je recevais la fessée de Maman Catherine, mon téléphone était agité de convulsions inédites ; les innombrables messages m’avertissaient du tsunami médiatique que j’avais innocemment déclenché. Je ne tarderai pas à vérifier la prédiction de Barma, mais pas à l’endroit où elle l’attendait : je recevais, dans les jours qui suivirent, une lettre recommandée qui me notifiait mon renvoi du Figaro. C’est ma femme qui m’a téléphoné pour me prévenir. J’étais alors chez mon avocat, Olivier Pardo, en compagnie d’Alain Jacubowicz qui, au nom de la LICRA, avait annoncé qu’il déposait plainte contre mes propos ; mais bien installé dans les fauteuils de son confrère, il me proposa un débat sur BFM pour vider l’abcès et renoncer à son action judiciaire. Je m’isolais alors dans une autre pièce et passais deux appels : l’un à Alexis Brézet, qui était alors directeur de la rédaction du Figaro magazine, l’autre à Patrick Buisson. Celui-ci dictait chaque soir au nom de l’Élysée la ligne du journal à un Mougeotte servile et obséquieux ; celui-là était de cette race d’amis de trente ans qui ne trahit jamais. La guerre était déclarée : j’avais bien choisi mes alliés.

 

L’aveu

3 mai 2010

On ôte les micros accrochés à nos vestes et on se passe de fraîches lingettes sur nos visages pour nettoyer les restes de maquillage. C’est la fin de l’émission « Ce soir ou jamais ». À la demande de Frédéric Taddeï, j’y ai défendu mon Mélancolie française. Un de mes contradicteurs s’approche de moi, afin de poursuivre la conversation. Le ton est moins guindé, et le tutoiement s’immisce peu à peu. Il s’appelle Pascal Blanchard. Au cours du débat, on l’a présenté comme historien, spécialiste de la période coloniale. Notre affrontement a été rude à l’antenne, et personne ne renonce à ses idées une fois les lumières éteintes. Avant de me quitter, Blanchard se penche vers moi, et me lance en aparté, d’un air triomphant : « Tu pourras dire ce que tu veux. On s’en fout, on gagnera, on tient les programmes scolaires. »