La France n'a pas dit son dernier mot
Adolescents - 21 mars 2014
Une fois encore, mon imagination historique s’était jouée de moi.
Adolescents
21 mars 2014
On parle haut et fort. On surenchérit l’un sur l’autre. On se coupe sans vergogne, on digresse, on plaisante, on évoque des souvenirs, on dit : « Je t’explique », on dit : « Je te l’avais dit », on dit : « Tu avais raison », on dit : « Tu avais tort. » On échange des bons mots et des citations.
Mes conversations avec Alain Madelin se suivent et se ressemblent. Depuis près de trente ans, le décor importe peu, que l’on soit dans un restaurant, un train, une voiture, un avion, un bistrot, un bureau de parti politique ou sous les ors d’un ministère. On reprend là où on s’est arrêtés. Il ressort son Bastiat ou son Smith ou son Hayek. J’exhume mon Taine ou mon Bainville ou mon de Gaulle. On croise l’économie et l’histoire, la politique et la finance, les souvenirs de lecture et les souvenirs de rencontre. Madelin joue au sale gosse mal élevé qui met les pieds sur la table pour qu’on ne le prenne pas pour le bourgeois qu’il est devenu, et qu’on n’oublie pas qu’il fut un fils d’ouvrier. Il parle fort pour occulter son zézaiement. Il assène avec talent et vigueur ses théories puisées aux meilleures sources pour effacer ses défaites politiques.