La France n'a pas dit son dernier mot

Éric Zemmour · Chapitre 76 sur 127

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La France n'a pas dit son dernier mot

Chapitre 2016

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Ils m’y voyaient déjà !

2 février 2016

La longue tablée est joyeuse et bruyante. Les clients de ce restaurant italien, rue de Provence, doivent se pencher les uns vers les autres pour se faire entendre. Les éclats de voix s’enroulent, nous forçant à hausser le ton jusqu’à ce qu’un de mes propos hurlés retombe de manière ridicule dans un silence soudain. Les rares femmes ne sont pas les moins disertes, et je m’amuse à les taquiner. Je découvre avec un plaisir que je ne leur dissimule pas que ces militants de Sens commun sont loin de la caricature de « cathos culs bénis et coincés » qu’en donnent les médias. Ils ont eu leur heure de gloire quelques années plus tôt, lors de la bataille contre le « mariage pour tous » de 2013. Ils ont été dénigrés, moqués, ostracisés, ridiculisés par la presse bien-pensante. La fureur de celle-ci était à la hauteur de sa surprise : des militants de droite, catholiques et « réacs » montraient des talents d’agitateurs qu’on croyait réservés à la gauche. Jean-Christophe Cambadélis et Julien Dray avaient alors évoqué entre admiration et effroi un « contre-Mai 68 ». Parole d’experts.

L’ambiance est bon enfant, les esprits volettent de thème en thème, avec une légèreté toute française. Nos points d’accord se multiplient. Quand le sujet de l’immigration et de l’islam est abordé, je tance avec affection « leur naïveté chrétienne devenue folle ». Ils rient sans s’offusquer de la référence à Chesterton. Leur patron, Christophe Le Bihan, m’approuve d’un regard complice.