Le plus beau cochondumonde
Chapitre III
— Vous voulez danser ? demanda Gloria.
Jerry frissonnait de la tête aux pieds.
— Ce que je veux, c’est vous serrer dans mes bras et couvrir votre visage renversé de baisers brûlants.
— Vous ne pouvez pas le faire ici. Et vous semblez avoir totalement oublié que chacun de nous est fiancé à quelqu’un d’autre.
— Vous n’avez pas compris. Ce serait des baisers de reconnaissance. De la même famille que ceux qu’un frère peut donner à sa soeur si elle les mérite. Je ne sais comment vous remercier, chère vieille Gloria. Vous parliez d’accomplir votre bonne action du jour. Ce que vous avez fait ce soir vous comptera au moins pour deux années, même si vous ne deviez pas accomplir une seule bonne action d’ici là. Eh bien ! je suppose que tout ce que je peux vous dire tient en ce simple mot : merci.
Elle lui tapota la joue.
— Inutile d’en parler, dit-elle. Allons danser.
III
Allongée dans son lit dans sa coquette petite villa du faubourg de Valley Fields, Maudie Stubbs, née Beach, s’abandonnait au plaisir d’une dernière cigarette avant d’éteindre ses lumières.
Tout était prêt pour son voyage du lendemain. Les bagages soigneusement fermés, ses cheveux mis en plis, son chat Freddie placé en pension chez une amie au bas de la rue. Elle pouvait maintenant rêver tout à loisir ce que son oncle Sébastien lui avait dit la veille au téléphone.
L’histoire qu’il lui avait racontée avait été nécessairement brève et sommaire et elle ne savait pas encore en détail ce que l’on attendait d’elle à son arrivée à ce château de Blandings dont elle avait tellement entendu parler. Au cours de son récit, oncle Sébastien avait mentionné un certain sir Gregory Parsloe comme un individu dangereux pour son maître et pour lui-même. Elle se demandait si ce n’était pas, par hasard, le Tubby Parsloe qu’elle avait si bien connu quand elle était Maudie Montrose.
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