Le plus beau cochondumonde
Chapitre VIII
I
Lord Emsworth était allongé dans son lit. Sa lettre expédiée, il se demandait, comme tous les auteurs qui ont remis leur manuscrit, s’il n’aurait pas pu la fignoler davantage et lui donner ces dernières petites retouches qui font toute la différence. Cependant, toujours comme tous les auteurs, il savait que ce qu’il avait écrit, même sans ce dernier coup de burin, était simplement quelque chose d’étourdissant et c’est avec l’esprit tranquille qu’il reprit la lecture d’Edgar Wallace.
Il se disait qu’il n’aurait pas aimé être un gorille adonné au crime… Sommeil sans cesse interrompu… Pas d’emploi du temps régulier… Toujours obligé de s’exhiber le long des tuyaux de gouttière et ainsi de suite… quand un joyeux « debout les morts » interrompit sa rêverie. Son frère Galahad venait d’entrer.
— Alors, Clarence, dit Gally, comment vous sentez-vous à présent ? J’ai réfléchi au sujet de votre rhume et je vais vous dire le traitement qu’il vous faut employer. Vous faites une inspiration forcée et restez la poitrine gonflée le plus longtemps possible. Cela bloque les mauvais germes à l’intérieur de vos poumons, et comme ils ne peuvent eux-mêmes renouveler leur oxygène, ils étouffent. Lorsque vous videz enfin votre poitrine d’une rapide expiration, tous ces sacrés machins sont expectorés à l’état de cadavres. Il ne vous reste plus qu’à acheter une cravate noire et à assister à leur enterrement. Mais à quoi bon tenter de vous débarrasser de vos mauvais germes, ajouta-t-il en baissant la voix, quand vous pouvez à tout moment être la proie d’un superbacille comme Connie ?
— Hein ?
— J’ai tenu à vous prévenir. Vous allez recevoir sa visite.
— Oh ! la barbe !
— Je comprends vos sentiments.
— Elle est donc rentrée ?
— Oui et le chignon en bataille. On m’a dit qu’elle est dans un état violent. Je ne l’ai pas vue personnellement, mais Beach, qui a eu un long entretien avec elle, m’a assuré qu’elle ressemblait à un gorille qui se martèle la poitrine en rugissant et se prépare à étriper ses semblables.
Lord Emsworth sembla frappé de ce rapprochement.
— J’étais justement en train de lire une histoire où il est question de gorille. Quel drôle d’animal !…
— Et que fait-il de particulier ?
— Eh bien ! apparemment il passe la majeure partie de son temps à grimper le long des tuyaux de gouttière et à arracher les filles de leurs lits.
Gally ne parut pas impressionné. Il fit une moue dédaigneuse.
— Histoire à l’eau de rose. Un simple amateur, évidemment. Attendez un peu de voir Connie.
— Mais que me veut Connie ?
— Ah ! dit Gally, je suis content que vous me posiez cette question. Je vous l’aurais d’ailleurs expliqué depuis longtemps, mais vous ne m’avez pas permis de placer un mot.
Il s’assit sur le bord du lit, rajusta son monocle et se mit à détailler une étrange histoire.
— Sans nous attarder à sa naissance, sa petite enfance et tout le reste, nous commencerons l’historique de Connie à son retour du Cercle littéraire de Market Blandings. La réunion avait été intéressante, et Connie était d’excellente humeur. Elle déambulait avec une allure toute printanière et je n’aurais pas été surpris de l’entendre fredonner quelques bribes de chanson. Bref, un enfant aurait pu alors jouer avec elle, et elle serait même allée jusqu’à lui donner vingt francs pour qu’il s’achète des bonbons.
Lord Emsworth, comme presque toujours quand il écoutait une histoire, était un peu perdu.
— Je croyais que vous disiez qu’elle était dans un état violent.
— Elle le devint… quelques minutes plus tard et je vais vous en donner la raison. Un télégramme l’attendait sur la table du hall. Et quand je dis un télégramme, il s’agissait plutôt d’un câble adressé de Long Island City, des États-Unis d’Amérique, par le vieux Donaldson, le roi des biscuits pour chiens. Il y était question de Mrs. Bunbury.
— Je crois que ce sont de vieux amis.
— Ce n’est pas l’avis de Donaldson. D’après son télégramme, il n’a jamais entendu parler d’elle.
— Ça, par exemple !
— C’est exactement ce qu’a dit Connie. Elle s’est mise aussitôt en quête de Mrs. Bunbury, afin de lui demander quelques explications. Elle l’a trouvée dans le passage, au-dessous de l’escalier qui conduit à l’office de Beach. Beach la tenait serrée dans ses bras et l’embrassait tendrement sur les joues.
Lord Emsworth éternua.
— Beach, quoi ?
— Je comprends votre surprise. Ces mœurs, pensez-vous, sont plutôt révolutionnaires. Les maîtres d’hôtel n’embrassent pas les invitées. Les chauffeurs, peut-être ; les gardes-chasse, passe encore. Mais jamais les maîtres d’hôtel. Pour excuser cet étrange comportement, je dois vous faire savoir que Beach est l’oncle de Mrs. Bunbury.
— Son oncle ?
— Oui. C’est son oncle Sébastien. J’aurais dû vous le dire plus tôt et je me demande comment je n’y ai pas songé. Mrs. Bunbury n’est pas Mrs. Bunbury. C’est la veuve du sieur Stubbs. Son nom de jeune fille est Beach, naturellement, bien que, lorsque je l’ai connue comme barmaid au Critérion de Londres, elle se fit appeler Maudie Montrose.
Lord Emsworth semblait être sur le point de s’agripper à son couvre-pieds.
— C’est une barmaid ?
— C’était une barmaid. Plus tard, elle a épousé le propriétaire-exploitant d’une agence de police privée. Il repose maintenant au royaume des étoiles. Quand Beach m’a révélé les relations de sa nièce avec le monde spécial de ceux « qui marchent sur des semelles de feutre », j’ai eu l’idée de la faire venir ici pour surveiller à la dérobée le jeune Parsloe et déjouer ses machinations contre l’Impératrice. Je croyais qu’elle était rompue à ce genre d’exercice. Ce n’est malheureusement pas le cas. Elle n’y peut rien d’ailleurs, la pauvre chère, et il a été délicieux de l’avoir ici et de rappeler les histoires du vieux temps. C’est une compagne pleine de charme. Mais je ne veux pas m’écarter du sujet. Reprenons le fil du scénario. Connie, que la lecture de ce câble avait lancée sur les talons de cette vamp, fut extrêmement troublée au spectacle du maître d’hôtel bondissant dans tous les coins pour embrasser les gens. Sommes-nous au château de Blandings, se demanda-t-elle, ou aux Folies-Bergère ? Elle regagna son boudoir en chancelant, sonna Beach et le mit sur la sellette.
Gally s’arrêta courtoisement pour permettre à lord Emsworth d’en terminer avec ses gémissements, puis il reprit :
— Ce fut durant cet entretien que Beach fut frappé de la ressemblance qu’elle offrait avec un gorille atteint d’ulcère à l’estomac et nous pouvons difficilement le blâmer d’avoir succombé dans cette épreuve. Je n’ai jamais vu plus loyal buveur de porto que Beach, mais tout être humain a ses points faibles. Lorsque Constance se précipite sur les gens comme un loup dans une bergerie, elle est pire qu’une furie et je n’ai pas été surpris qu’au bout de quelques minutes d’un semblable traitement Beach ait perdu pied et mangé le morceau. Vous dites ?…
Lord Emsworth hocha la tête. Il avait simplement gémi une fois de plus.
— Maintenant que Connie sait que je suis à la tête de la machination, car Beach m’a complètement démasqué, il est possible qu’elle vous soupçonne de complicité dans cette affaire. Vous la connaissez. Elle prend tout en mauvaise part. Aussi ai-je pensé qu’en toute amitié je devais vous prévenir au plus vite pour que vous vous teniez prêt à toute éventualité. Préparez votre histoire. Montrez-vous ferme avec elle. Prenez les choses de haut. Et pour l’amour du ciel, Clarence, ne continuez pas à gémir ainsi. Elle ne vous mangera tout de même pas. D’ailleurs je ne crois pas qu’elle en ait la moindre envie, car vous êtes bien la denrée la moins comestible que j’aie rencontrée dans ma vie.
Et, avec un « Haut les coeurs ! » final, Gally se retira, non sans avoir expliqué qu’il n’avait pas peur de Connie le moins du monde, mais qu’il y avait des moments où il valait mieux éviter la compagnie des femmes et attendre que l’orage fût passé. Il ne voulait pas, dit-il, d’une scène vulgaire.
Il laissa lord Emsworth glacé jusqu’aux os sur sa couche et semblable à la femme de Loth changée en statue de sel.
Lord Emsworth ne reniflait plus. Fait remarquable et digne d’une communication à la Faculté, entre tous les remèdes prescrits au cours de cette soirée pour la guérison de son rhume, il n’y avait que le choc des révélations apportées par Gally qui eût sensiblement amélioré son état. D’un seul coup, il était redevenu un homme bien portant, exactement comme s’il avait absorbé un thé au citron, entamé un paquet de « Granulés Mignons », fait une inspiration forcée et asphyxié tous les germes encombrant son organisme, sans considération d’âge ou de sexe.
Mais quoiqu’il se sentit en meilleure condition physique, le moral était au plus bas. Il est triste de devoir rapporter ce fait, mais son amour pour Maudie était mort aussi sûrement que si quelqu’un, le guettant au coin d’une allée sombre, lui avait assené un coup de massue sur la tète. La seule chose à laquelle il pouvait penser pour l’instant, c’est à ce que dirait sa sœur Constance, femme bien née, en apprenant qu’il avait écrit une lettre pour demander en mariage une ex-barmaid apparentée par les liens du sang au maître d’hôtel de la famille.
Et ce n’était pas tout. Il pensait également que lorsque Connie s’arrêterait de parler, si jamais cela arrivait, il se trouverait en présence de cette alternative : ou bien risquer les foudres de la loi pour rupture de promesse de mariage, ou bien s’exposer à appeler Beach pour le restant de ses jours « Oncle Sébastien ».
Jerry arriva sur ces entrefaites, resplendissant de joie. Il venait juste de rencontrer Penny dans le couloir et de recevoir une preuve renouvelée de son indéfectible amour. Certes, elle était encore la fiancée d’un autre, mais elle s’était littéralement jetée dans ses bras pour l’embrasser, et c’était suffisant pour faire de cette soirée une date historique. Il se précipita vers lord Emsworth.
— J’ai déposé votre lettre, dit-il comme un boy-scout qui vient rendre compte de sa bonne action journalière.
Lord Emsworth ressuscita. La statue de sel devint un sémaphore.
— Rapportez-la-moi, mugit-il en battant l’air de ses bras.
Jerry resta sidéré. Il ne comprenait pas le processus mental de son patron.
— La rapporter ?
— Oui.
— Vous voulez dire l’enlever à la pelote d’épingles ?
— Oui, oui, oui… Je n’ai pas le temps de vous expliquer, mais dépêchez-vous de me la rapporter !
Si Jerry avait eu quelque commentaire à faire sur cette étrange attitude, il n’aurait pas eu loisir de l’exprimer, car la porte de la chambre s’ouvrit brusquement et lady Constance entra.
Il eut l’impression qu’en le voyant dans la pièce elle lui jeta un coup d’oeil plutôt froid, comme si le peu d’affection qu’elle avait ressenti pour lui s’était évanoui d’un seul coup. Mais un homme qui vient de recevoir un baiser de sa bien-aimée dans la pénombre d’un couloir ne fait guère attention aux regards plus ou moins froids des grandes dames de la société. Il lui adressa un aimable sourire et dit qu’il allait chercher ce papier.
— Quel papier ?
— Un papier sans importance que lord Emsworth m’a demandé de lui rapporter.
— Comment se fait-il que vous ayez besoin que Mr. Vail vous rapporte des papiers, Clarence ?
— Et pourquoi pas, que diable ! répliqua lord Emsworth que la crainte rendait agressif. Pourquoi ne me rapporterait-il pas des papiers ? Cela fait partie de ses attributions, je pense. C’est mon secrétaire, après tout !
Lady Constance suivit Jerry jusqu’à la sortie d’un regard plus froid encore.
— Il ne restera pas longtemps votre secrétaire, si j’arrive à mes fins, dit-elle d’un ton sec.
Lord Emsworth saisit au bond cette excellente occasion de détourner la conversation des maîtres d’hôtel et de leurs nièces.
— Et pourquoi ne resterait-il pas mon secrétaire, plus longtemps, si vous arrivez à vos fins ?
— Parce que je le soupçonne de faire la cour à Pénélope Donaldson et d’essayer de la détacher d’Orlo Vosper.
— Vosper ? Vosper ? Vosper ? Ah ! oui, Vosper ! dit lord Emsworth. Il était temps, car un « qui est donc Vosper ? » eût été du plus déplorable effet. Et qu’est-ce qui vous fait penser qu’il agit de la sorte ?
— Je vais vous le dire. Quand nous avons été à Londres, un mystérieux monsieur a demandé Pénélope au téléphone. Il s’est présenté comme s’appelant Gerald Vail et semblait avoir arrangé clandestinement un dîner avec elle. Or, le lendemain, il arrive ici comme votre secrétaire, suivant un plan évidemment établi à l’avance et d’accord avec elle. Et juste à l’instant, en passant dans le couloir, je viens de les voir l’un près de l’autre. Très près l’un de l’autre, dit lady Constance d’un air plein de sous-entendus.
— Grands dieux ! Quoi ? Que voulez-vous dire ? Enlacés ?
— Quand je les ai aperçus, ils n’étaient pas positivement dans les bras l’un de l’autre, si c’est là ce que vous voulez signifier par cet étrange mot, poursuivit-elle avec froideur. Mais le visage de Pénélope était cramoisi et je soupçonne le pire. Si je peux trouver le plus petit motif, je congédierai ce garçon. En vérité, avec tout ce qui se passe ici, le château de Blandings devient une véritable maison de fous. Les secrétaires embrassent les jeunes filles confiées à ma garde, les maîtres d’hôtel embrassent…
— Ah ! oui, Galahad m’a raconté tout cela, coupa lord Emsworth d’un air détaché. Il m’a dit quelque chose, si j’ai bonne mémoire, au sujet de Mrs. Bunbury qui ne serait pas Mrs. Bunbury.
— Elle s’appelle Stubbs, et c’est la nièce de Beach.
— Oui, il me semble me souvenir que c’est ce qu’il m’a dit. Je me souviens même avoir pense qu’il était curieux qu’une femme prétende être Mrs. Bunbury tout en n’étant pas Mrs. Bunbury. Cela me paraît ridicule. Êtes-vous arrivée à savoir ce que tout cela signifie ?
Lady Constance le regarda bien dans les yeux.
— Et vous, qu’en pensez-vous ?
— Moi ?
— Étiez-vous dans le complot, Clarence ?
Lord Emsworth fronça les sourcils et fit appel à ses dernières forces.
— Que voulez-vous dire par complot ? Je n’ai jamais trempé dans un complot. Croyez-vous donc qu’un homme aussi occupé que moi ait du temps à perdre pour s’occuper d’un complot ? Allons, allons ! C’est insensé !
Une dame de moindre caractère eût cédé devant un si noble courroux. Lady Constance subit le choc sans broncher.
— Non, je ne pense pas que vous en soyez. Je suis sûre que c’est Galahad qui a tout échafaudé, sous l’influence et avec l’aide de Pénélope Donaldson, qui m’a dit que Mrs. Bunbury était une vieille amie de son père. Je suis choquée, je dois le dire, par la façon dont elle agit. Je la prenais pour une charmante jeune fille et elle se révèle être tout à fait sournoise et hypocrite. Si je n’avais pas reçu ce câble de Mr. Donaldson m’apprenant qu’il n’avait de sa vie rencontré une Mrs. Bunbury, je n’aurais jamais pu me douter de ce qui se passait ici. Bien entendu, mon premier réflexe a été de mettre cette femme, à la porte.
— Alors, elle s’en va ? dit lord Emsworth, qui trouvait que dans l’ensemble les choses s’arrangeaient.
— Non, elle ne s’en va pas. Étant donné ce que Beach m’a appris, je ne puis faire autrement que de lui permettre de prolonger son séjour. Je ne peux pas vexer sir Gregory.
— Vous voulez dire… Parsloe ?
— Nous ne connaissons qu’un seul sir Gregory, n’est-ce pas ?
— Mais que vient faire Parsloe dans cette affaire ?
Lady Constance fit la grimace comme si elle avalait une dragée amère.
— S’il faut en croire Beach, cette femme et sir Gregory se sont fiancés ce soir même !
— Quoi ?
— Votre surprise ne me surprend pas.
— Je suis stupéfait, suffoqué. J’en suis, sacré diable, complètement abasourdi.
— J’ai été comme vous quand Beach me l’a appris. Je n’en croyais pas mes oreilles.
— Vous voulez dire que Parsloe, la rencontrant ce soir pour la première fois de sa vie, lui a demandé de l’épouser ? dit lord Emsworth avec une sorte de respect pour un homme si prompt à l’action.
— Il ne l’a pas rencontrée ce soir pour la première fois. Il parait qu’ils se sont connus autrefois, avant que sir Gregory n’ait hérité de son titre. J’ai trouvé Beach en train de l’embrasser et il m’a expliqué qu’elle venait juste de lui annoncer la nouvelle et qu’il la félicitait. De toute façon, qu’elle soit Mrs. Bunbury ou Mrs. Stubbs ou tout ce qu’on voudra, elle va épouser sir Gregory et je ne peux insulter sir Gregory en la chassant de chez moi. La vie à la campagne est impossible si on ne vit pas en bon voisinage.
Une horrible pensée traversa le cerveau de lord Emsworth.
— Vous n’allez pas renvoyer Beach ?
— Je ne sais pas.
— Eh bien ! moi, je sais. Je veux être pendu si vous renvoyez Beach… Oui, pendu ! dit avec force lord Emsworth.
La vie sans Beach était une chose qu’il ne pouvait envisager.
— Non, dit lady Constance après un temps de réflexion. Non, je ne donnerai pas congé à Beach. Je considère qu’il a été détourné du droit chemin par Galahad. Galahad ! Ah ! celui-là ! Je me souviens, continua-t-elle d’un air désenchanté, du jour, quand nous étions enfants, où il est tombé dans la mare du jardin potager. Au moment où il coulait à pic, un de nos jardiniers est arrivé juste à temps pour l’en sortir.
Elle s’arrêta comme pour marquer une sorte de regret profond. Il était clair qu’elle se trouvait en parfaite harmonie avec le poète qui a dit que, de tous les mots les plus tristes qui aient pu être écrits ou prononcés, les plus tristes sont encore ceux-ci : « Cela aurait pu arriver. » Elle s’arrêta un instant, évoquant en silence l’intervention intempestive de ce jardinier écervelé.
— Eh bien ! reprit-elle, je vais aller dans ma chambre me bassiner les tempes à l’eau de Cologne. J’en suis à me demander si je ne marche pas sur la tête.