L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain
XII le Souvenir
O mon île boisée, enchantement des mers, Les flots autour de toi dansent des ballets verts Et comme un petit monde où le bonheur réside Tu chantes au soleil sous l’alizé rapide.
Vierge et libre à jamais, Eldorado charmé, Dont les vents aux vaisseaux portent l’air embaumé, Tu ne seras jamais la conquête de l’homme. Tu lui donnes tes fruits, ton miel au pur arome, Mais tu seras toujours, ô reine des forêts,
Le sauvage oasis, l’Hespéride au ciel frais. Et quand d’autres pays auront perdu leurs palmes, Que leurs cieux seront veufs des oiseaux aux vols calmes, Tu garderas encor comme aux jours de jadis Le charme inviolé des anciens paradis.
Permets qu’en te louant, pays, je me souhaite D’être inspiré longtemps par ta beauté parfaite Et de pouvoir, au chant de tes arbres épais, Vivre encor de beaux jours de soleil et de paix.
XII
LE SOUVENIR
Je veux encor aller revoir la mer changer
De couleur, rire
Comme en délire,
Et mourir, vague molle au pied de l’oranger. Je veux aller revoir la maison blanche