L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain

Louange de la Barbade

Un rayon jaune allume au loin un champ de cannes Et les sentiers déserts sous l’heure diaphane Montent vers la fraîcheur des grands bois familiers. Un chien aboie au loin au fond de la campagne ; L’aboi d’un autre chien plus proche l’accompagne, Le vent s’est apaisé dans les feuillages mous. Les brises des forêts enivrent les prairies ; Et, comme un serpent d’or, glisse sous les bambous Un ruisseau que la lune orne de pierreries.

 

LOUANGE DE LA BARBADE

 

Antille que l’on dit financière et bourgeoise, Ile chère aux vaisseaux, propice aux étrangers, Qu’il fut doux de te voir surgir des flots légers, Ceinte de tes palmiers sur la mer de turquoise. Sous ton ciel ne rit pas la complainte patoise, Point de monts tropicaux ni de blonds orangers. Mais bien que tu sois plane et veuve de vergers, La beauté de la mer t’enivre et te pavoise. Que tes sables sont doux aux pieds nus des baigneurs ! Que tes jardins sont frais, que vives sont tes fleurs, Oasis par l’odeur des sucres parfumée !

Barbade, sur tes bords j’ai vécu trois beaux jours ; Dans le rapide éclair de leurs instants trop courts, Je t’ai trouvée exquise et digne d’être aimée.