L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain
Aurore Australe
La nuit ferme son aile et parmi les roseaux On entend pépier d’innombrables oiseaux.
A pas comptés, l’aube s’approche.
De la savane la plus proche
On entend les clairons des coqs.
Argo ne vogue plus dans la vaste nuit bleue. Le long Scorpion d’or rentre sa longue queue
Par delà l’île aux sombres rocs.
Les torrents de l’aurore en blanchissant l’azur Ont emporté le sable éclatant des étoiles
Et la mer voit soudain, à son orient pur,
Le clair vaisseau du jour dresser ses roses voiles.
INCANTATION
Ah ! vivre ici, bercé de secrètes musiques
Et le regard toujours tourné vers la beauté ; Les meilleurs de nos vers n’étant que des reliques Où l’on veut des beaux jours conserver la clarté ! Poèmes de tendresse écrits à la nuit close, Brillez comme l’étoile en un feuillage noir ; Gardez le souvenir de la dernière rose
Et l’écho langoureux des colombes du soir.