L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain

Dixième Chant la Ville Merveilleuse

DIXIÈME CHANT

LA VILLE MERVEILLEUSE

 

Il faut en ce bas monde aimer beaucoup de choses.

A M .

SANTANDER

 

A Santander, en plein hiver,

Les mouettes volaient dans l’air ;

Et nos prunelles étonnées

Vous revirent, ô Pyrénées !

Ville espagnole au noir couvent,

Je trouvai ton décor vivant,

Malgré la juste impatience

De revoir le doux ciel de France.

 

LA COMPLAINTE DES SOUVENIRS

 

I

Ah ! vos parfums sur la pelouse

O violettes de Toulouse !

II

Au cœur des fraîches Pyrénées

J’ai connu des jours souriants.

Chers beaux jours des mortes années,

Espagne, peupliers tremblants !

Se cache-t-elle encor la caille

Dans le blé noir et le sainfoin ?

L’étable a-t-elle assez de paille

Pour le troupeau qui vient de loin ?

III

Londres, cité la plus splendide,

Je vins à vous par un soir blond

Je n’étais que la chrysalide,

Vite je devins papillon.

IV

Petit cottage anglais aux roses,

Que j’aimais tes heures moroses

Bexil chantait près de la mer

Un nostalgique petit air.

V

Europe, Europe, Europe exquise !

Vieille terre de mes parents,

Dans la brise de mer qui grise

Que de beaux effluves errants !

VI

Un doux air me vient en mémoire :

« Sous le grand chapeau green-away »

Il est mort l’espoir de la gloire

A .

VII

Le temps passe et la neige lasse.

J’ai trop peur de mes souvenirs.

Oublions, pour mieux voir en face

Les jours nouveaux qui vont venir.