L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain
Stance
Combien de cris encor me feras-tu pousser Avant que le vaisseau de la mort ne m’emporte ? Que les chiens du malheur hurlent devant ma porte, Idéal, dans mon cœur, rien ne peut t’émousser ! Le vent rit. Les steamers rapides vont hisser Les pavillons joyeux à leur mâture forte ;
Comme les goélands, nous leur ferons escorte, Nos rêves sur les grands océans vont danser. O vols sacrés fuyant loin de l’heure présente ! L’imagination ouvre une aube enivrante,
Les beaux cieux de l’esprit s’entr’ouvrent, éclatants. Et nous contemplerons, superbes ou tragiques, Sur les Bleus Saharas des mouvants Atlantiques Les lointains fabuleux de l’espace et du temps.
STANCE
La mer autour de moi dresse sa prison bleue. Je ne sais quel désir me vient d’un autre ciel. Qu’il est beau sur la mer ce lointain paille-en-queue Qui monte vers l’azur comme un rêve éternel !