L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain
A la France
VIII
Emporte-moi, vieux train sonore,
A travers prés et champs.
Je verrai Paris à l’aurore !
Espoir chante tes chants !
IX
Rouges lueurs au ciel gris-bleu…
Paris ! le sang vibre à mes tempes !
Paris ! les papillons du feu
Palpitent dans les lampes !
X
Quand soudain du vapeur retentit la sirène, O France, je te vis surgir des grandes eaux ; Bien que l’hiver eût pris tes fleurs et tes oiseaux Ton beau ciel n’eut jamais de douceur plus sereine.
A LA FRANCE
A Madame Geneviève Henry Bérenger.
Jours d’autrefois, jours purs, jours d’idéal, jours ivres, Où sous le vaste ciel du tropique irisé,
Je sentais chaque soir, en refermant tes livres, Mon jeune cœur pour toi d’amour fier embrasé. France, j’aimais de loin ta grande âme qui vibre Comme un clairon à l’aube où flambent tes drapeaux ; Et je rêvais de vivre enfin sur ton sol libre Sur ton sol où la gloire éclaire les tombeaux. Et tandis qu’aux plateaux sanglants du crépuscule, Le bataillon vaincu du jour ardent recule,