L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain

Vers le Cap-Aux-Oiseaux

Elle avait des yeux purs aux prunelles très grandes Et je dis : « O Circé, nymphe aux yeux éclatants, Comme Ulysse avec vous je resterais longtemps Si nous étions encore aux beaux jours des légendes. Merveille incomparable, Ange au regard divin, Es-tu réalité, n’es-tu pas le mensonge ?

Quel échanson m’a fait boire ce puissant vin ? Quel philtre m’a conduit vers cette île de songe ? » Elle pencha vers moi son beau regard voilé Et prononça des mots chargés de tant de charmes Que je sentis mes yeux pleins de divines larmes Et mon bonheur chanta vers l’azur étoilé.

 

VERS LE CAP-AUX-OISEAUX

 

I

Faisons chanter les vers comme de verts roseaux Et faisons-les bondir comme de blanches lames ; Le canot caraïbe au rythme gai des rames, O charme, nous conduit vers le Cap-aux-Oiseaux.

II

Sous le ciel merveilleux qui sans fin se déploie, Nous aurons, je le sens, d’incomparables jours ; Ah ! dans le grand désert sauvage de l’amour Il est des oasis adorables de joie.

III

Que le grand vent qui souffle, aux quatre coins des cieux Emporte aux portes d’or des étoiles mes rêves ; Je veux les voir monter à l’horizon des grèves, Vers les hauts archipels des astres radieux.