L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain
Vols D’oiseaux en Septembre
La lune brillera sur la crête à minuit.
C’est l’heure où frôlant l’air de ses ailes, sans bruit, Vole aux sapotilliers le chat-huant vorace ; Poète, négligeant l’Hymette et le Parnasse, Il te faut composer un poème à la nuit ;
A la nuit tropicale, immense, sans pareille, Portant l’étoile verte et l’étoile vermeille,
Dont le voile est de feu, d’ombre et de diamant. Chante, la voix des mers immenses t’accompagne Et l’encens sept fois pur des fleurs de la montagne, Charmera ton silence et ton recueillement.
VOLS D’OISEAUX EN SEPTEMBRE
Le vent tumultueux blanchit les flots mobiles Et l’espace est rempli de vols d’oiseaux de mer Qui s’en vont, radieux de la vigueur de l’air, Chercher d’autres climats et frôler d’autres îles. Par delà les vols blancs des mouettes agiles, Plus haut qu’aucun oiseau de passage au vol fier, Les frégates, au cœur lumineux de l’éther, Planent, le col tendu, les ailes immobiles.
Longtemps, je suis des yeux le départ émouvant Des oiseaux migrateurs emportés par le vent Vers le nord éclairé des lumières plus frêles. Déjà le dernier vol s’efface à l’horizon !
Je vous envie, oiseaux qui changez de saison En une nuit, par la puissance de vos ailes !