L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain

L’anse aux Tortues

M’ont donné de belles leçons !…

Vous parfumez vos claires rades

Du souffle des matins rosés

Et dans vos golfes les dorades

Dansent sous les flots irisés.

C’est à vos cieux que je dérobe

Le murmure des filaos,

Lorsque la mer change de robe

A l’aurore, au parfum des flots.

Je vois rentrer le paille-en-queue

Pareil à mon blanc rêve pur,

Lorsque blonde en sa prison bleue

La lune contemple l’azur.

Ile ardente du Pacifique

Stevenson ne t’aime pas mieux

Que je n’aime ma Dominique,

Ma belle île aux oiseaux heureux.

Douce Antille aux bois admirables,

Sera-ce sous ton azur clair,

Que j’entendrai, du fond des sables,

Les grandes lyres de la mer ?

 

L’ANSE AUX TORTUES

 

Sur la plage où le flot a des lueurs d’agates Ne glisse plus le vol émouvant des frégates. Les lézards ne vont plus parmi les mangliers Happer les fourmis d’or qui rôdent aux halliers. Du croissant safrané vois les cornes pointues. C’est juillet, mois torride où pondent les tortues. Veux-tu que nous allions vers le sable luisant De la plage où le flot blanchit le noir brisant ? Là, muets, nous pourrons peut-être, sous la lune, Voir l’immense tortue aborder la lagune,