L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain

Le Beau Vers

De la ruche à la fleur, de la fleur à la ruche ; Jusqu’à l’heure où le soir plus vert qu’une perruche Dorera de ses feux une mer de corail.

Désirs, désirs plus beaux que les mouches fidèles, Vous n’avez de repos ni l’hiver ni l’été ;

Grisés par les parfums de l’arbre de Beauté, Nuit et jour vous volez aux fleurs surnaturelles.

 

LE BEAU VERS

 

Lorsque sur le papier traçant le noir sillon, Ma plume écrit un vers d’une beauté parfaite, Il me semble en la nuit voir un beau papillon ; Complaisant et joyeux, j’admire ma conquête. Mais dès que sur les lacs le soleil s’est levé, Le vers prend la couleur morte des chrysalides ; Il a perdu l’éclat du sphinx vert des Florides, Je n’écrirai jamais le vers que j’ai rêvé.

 

LE RAYON

 

Garde-toi d’enlever de la ruche qui dort

Le rayon non scellé par les abeilles d’or, Le miel operculé seul est un vrai trésor.