L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain

En Rencontrant des Vaisseaux

Je suis l’oiseau de la vallée

Qui chante loin de la mêlée

Et dont on ignore les chants.

Bien que je vienne des Tropiques

Au grand vent des deux Amériques,

Je ne suis pas un étranger.

Si j’ai rêvé sous l’oranger

Au lieu de rêver sous le chêne,

J’ai lu Keats et j’ai lu Verlaine.

Mon navire est plein de rayons !

Il a connu les nuits mauvaises

Entendu le bruit des canons

Et ce sont les couleurs françaises,

Qui décorent ses pavillons !

 

EN RENCONTRANT DES VAISSEAUX

 

Les pays que l’on a traversés ne sont pas, Même en songe — aussi beaux que ceux que l’on ignore. O charme de penser qu’il est d’autres climats, D’autres ciels inconnus qui m’attendent encore.

 

NORVÈGE

 

Par les jours où le ciel haletait de chaleurs, Je rêvais d’un pays du nord, ô sortilège ;

Et tandis que le vent buvait le sang des fleurs, Je redisais ton nom de tristesse, Norvège.