L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain

Matin Devant la Mer

Et le charme est si pur sous le grand oranger, Que vingt fois je reviens sur la haute terrasse, Voir du fond de la nuit les astres émerger. Miracle étincelant d’une voûte étoilée !

Vains désespoirs, sombrez au fond de la vallée, Toi, rêve aérien, monte comme Altaïr !

Pour aimer dignement vos splendeurs magnifiques, Que ne suis-je au sommet d’un piton de saphir, O constellations mouvantes des tropiques !

 

MATIN DEVANT LA MER

 

Au soleil du matin, sous l’azur émouvant,

Les flots sont couronnés de hautes crêtes blanches, Le vent jusqu’à la mer porte l’odeur des branches ; On voudrait de tels jours d’ivresse plus souvent. Ainsi que la frégate, ivre, au soleil levant,

De l’horizon qui flambe et de la mer qui chante, L’esprit prend son essor et d’une aile vibrante, Monte vers l’idéal et les cieux en rêvant.

Rien ne vaut ce voyage enivrant et sonore, Au pays du soleil, au pays de l’aurore,

Quand chante aux mille bords de ses îles la mer. Rien ne vaut ce départ vers les sphères sublimes Où le rêveur revoit planer son rêve fier

Entre le double azur du ciel et des abîmes.

 

A L’IDÉAL