L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain
Chant de Voyage
Homme voici la mer que tu ne peux dompter. Comme elle est belle et comme en l’azur elle chante !… — Je songe à deux beaux yeux que je n’ai su capter Et qui vous ressemblaient, ô mer indifférente !
CHANT DE VOYAGE
O poètes de l’autre bord,
O rêveurs de l’autre rive,
Quand vous apprendrez que j’arrive,
Venez me rencontrer au port.
Venez Royère et vous Paul Fort,
Foulon de Vaux, Pilon, Montfort
Et vous tous dont la voix m’est chère.
Venez Guy Lavaud, Duhamel ;
Venez sous l’hiver blanc du ciel
Accueillir un poète, un frère…
Solitaire je suis resté
Loin de vous pendant mon été ;
Ah ! maudissons les tours d’ivoire !
Je n’aime plus que la bonté,
La tendresse et la volupté.
Tout le reste est chiffre et grimoire.
Si j’ai chanté près des forêts
Au lieu d’écrire dans les villes,
(Le déplorer est inutile)
C’est que Dieu, Dieu l’a fait exprès.
Vos belles voix se sont mêlées
Et de vibrantes assemblées
Ont entendu vos cris touchants.
Mais moi sous les soleils couchants