L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain
Douzième Chant Epilogue
DOUZIÈME CHANT
EPILOGUE
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage.
J B .
I
Me voilà revenu sous ton ciel, ô mon île,
L’eau qui chante en la cour évoque tes roseaux ; J’entends les premiers bruits du rucher, de la ville, Et je m’éveille au chant joyeux de tes oiseaux. Qu’ils sont beaux, dans la nuit tropicale, les astres ! Qu’ils sont purs, les matins qui parfument la mer ! Pays, j’ai pu guérir enfin mon cœur amer.
Gardez-moi près de vous loin du vent des désastres. Qu’ils sont beaux, dans la nuit tropicale, les astres !
II
Que la vie est chose changeante !
Hier, c’était le vibrant Paris ;
Et ce soir, belle île indolente,
Je suis sous tes manguiers fleuris !
Hier nous étions des enfants sages,
Demain nos cheveux seront gris ;
Ah ! qu’ils sont courts les beaux voyages,
Où de tout le cœur est épris.