Traffics de femmes
Bienvenue dans le XXIe siècle
Cependant, avec le trafic de drogue et d’armes, c’est également un des secteurs qui blanchit le plus d’argent.
On pourrait définir une activité économique comme « l’ensemble des opérations matérielles exécutées pour produire, transformer ou transporter un ou plusieurs produits dans le but d’obtenir des bénéfices, tout en créant des emplois
». Comme d’autres activités, l’esclavage s’est renforcé grâce à la libéralisation de l’économie à l’échelle mondiale. L’exploitation sexuelle est l’une des dimensions les plus extrêmes de l’esclavage. Elle est fondée sur des principes de production capitaliste, dans le sens où elle vise l’obtention d’un bénéfice grâce à une augmentation des recettes combinée à une diminution des dépenses. Si des femmes et des petites filles travaillent gratuitement pendant deux ans, les revenus sont maximisés tandis que les dépenses sont rapidement compensées du fait du niveau de vie très bas de ces esclaves.
Bienvenue dans le XXIe siècle
Jusqu’au début des années 1990, les trafiquants géraient leurs réseaux de façon isolée, mais toujours avec l’aide de l’État (policiers et fonctionnaires corrompus) et des mafias locales. Puis, l’ouverture progressive des marchés et le début d’une nouvelle ère de «panique morale », menée par le président George W. Bush vis-à-vis de la traite, ont permis aux responsables des mafias locales et internationales de s’implanter sur un nouveau marché, composé de réseaux qui avaient besoin d’une protection les reliant à l’échelle mondiale. Cette protection, dispensée par les mafias, complète celle fournie volontairement ou non par certains clients haut de gamme, comme des agents d’Interpol filmés dans une fête à Cancún en compagnie de prostituées, ou encore des gouverneurs, des sénateurs et d’autres personnalités importantes faisant fréquemment appel aux services proposés par les maisons closes, les bars karaokés et les agences d’escorte.