Traffics de femmes
Pourquoi si peu de plaintes ?
Les mafias connaissent la réponse à cette question: c’est tout simplement impossible. En effet, la pornographie est un fantasme et un produit populaire. Le genre s’est renouvelé et est désormais différent de celui proposé par les chaînes de télévision Hustler ou Playboy. Aujourd’hui, les films qui circulent gratuitement sur Internet et qui peuvent être achetés 30 dollars à Shanghai ou moins de 20 dollars à Tokyo proviennent en grande partie des réseaux de trafiquants, qui investissent dans la nouvelle culture pop slave. C’est ainsi que Jean, une jeune Américaine, a été violée à Tijuana et frappée si brutalement qu’elle a dû être hospitalisée pendant deux mois. Un an après, son frère a retrouvé des photographies d’elle sur un site pornographique nommé
deputaspormexico.com. Il existe d’autres sites semblables à celui-ci, comme
www.slavefarm.com, qui nous font prendre brutalement conscience de la réalité.
La production pornographique réalisée avec des esclaves est un phénomène fait pour durer : tant qu’elle sera considérée comme une forme de liberté d’expression, personne ne pourra lui fixer de limites, hormis les consommateurs et la société.
Au centre des expositions Sands, dans le Nevada, l’industrie du sexe tient un salon qui attire 22 000 personnes par an : l’Adult Entertainment Expo (AEE).
Lors de l’édition 2009, les propriétaires et les gérants de maisons closes, ainsi que les producteurs de films pornographiques, ont pu assister à une formation en vente et en marketing. À la fin de ce séminaire, deux hommes d’affaires mexicains, trois Singapouriens, une Colombienne travaillant à Tokyo et l’un des plus importants propriétaires d’instituts de massage à New York et à Chicago se sont réunis dans une suite. Là, ils ont échangé leurs cartes de visite et conclu des accords pour actualiser leurs modes opératoires et leurs méthodes de recrutement. Une de mes sources qui était présente m’a affirmé que la Colombienne avait suggéré de mettre en place un partenariat, consistant à ouvrir une agence de voyages à Chicago ainsi que plusieurs filiales dans les pays respectifs de tous les participants à la réunion. L’objectif de cette association était de faciliter l’internationalisation des événements mettant en scène les jeunes femmes exploitées.