Traffics de femmes
Diversité culturelle
Il y a quelques années, plusieurs campagnes de lutte contre la violence faite aux femmes demandaient aux victimes de « ne pas se laisser maltraiter », ignorant ainsi la présence des agresseurs. Ce n’est que vers le début des années 2000 que ces campagnes ont commencé à s’adresser à ces derniers. Ainsi, leur discours a évolué, passant de: «Toutes les quinze secondes, une femme est victime de mauvais traitements », à : «Toutes les quinze secondes, un homme choisit de maltraiter une femme ». Actuellement, les campagnes de prévention contre la traite des personnes réalisées en Bolivie, en Russie ou dans d’autres pays interpellent les femmes et les mettent en garde : « Ne vous faites pas avoir
». C’est pour cette raison que dans le monde entier, la plupart des victimes
culpabilisent et ont le sentiment de «s’être fait avoir ».
Diversité culturelle
Ce voyage autour du monde m’a également appris qu’on ne peut pas comparer une société d’après-guerre, comme la cambodgienne, dans laquelle le traumatisme social du génocide des Khmers rouges est encore brûlant, à d’autres sociétés, comme celles du Mexique, du Guatemala, du Pakistan ou du Kenya.
Pourtant, les niveaux d’extrême pauvreté en zones rurales et les indicateurs liés à la traite des enfants de tous ces pays comportent des similitudes considérables. Il est nécessaire d’enquêter sur la situation socio-économique des femmes et des petites filles de chaque région, mais aussi sur la perception culturelle de la sexualité et de la violence. Il faut en outre prendre en compte, pour chaque cas, la manière dont la mondialisation et dont l’assimilation des valeurs religieuses et culturelles affectent les expériences personnelles en termes de sexualité, quel que soit l’âge des individus. Il est également primordial de vérifier certains phénomènes récurrents ; pour cela, la participation des experts locaux et régionaux est essentielle. Nous devons trouver un langage commun, c’est-à-dire « mondialiser » les catégories d’analyse. Les millions de clients de la prostitution, qui réagissent à la sexualisation de stéréotypes racistes, représentent une piste très importante. C’est pourquoi, tout comme les proxénètes, ils doivent être étudiés avec attention. En effet, en raison de l’application des lois contre l’exploitation sexuelle commerciale, ils sont les principaux responsables des grands flux essentiellement touristiques à destination de pays se caractérisant par leurs faibles systèmes judiciaires, dans lesquels ils peuvent trouver «des femmes amoureuses et soumises », pour reprendre leurs mots.