Traffics de femmes

Lydia Cacho · Chapitre 42 sur 70

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Traffics de femmes

Chapitre 10 - Profession : proxénète

Chapitre 10

Profession : proxénète

Le padrote [proxénète] se caractérise par toute une série d’éléments de la culture pa triarcale, laissant penser qu’il existe certains mécanismes de pouvoir qui font partie intégrante du corps, masculin ou féminin. Ces mécanismes sont utilisés par le padrote lui-même dans un contexte plus large, dont les structures socio-économiques et histo riques facilitent ce type de pratiques.

Óscar Montiel Torres

Pour des millions de personnes, la prostitution est le plus vieux métier du monde. Pourtant, si l’on en croit ceux qui dirigent l’industrie du sexe, la plus ancienne profession est en réalité celle de proxénète, également appelé

«maquereau», « entremetteur » ou encore « trafiquant ». Au Mexique, il existe une expression familière pour désigner cette fonction: padrote, dont l’équivalent féminin est madrota. Ce terme désigne une personne qui manipule, gère, forme, contrôle et tire profit de femmes en situation d’exploitation sexuelle. Il véhicule l’idée que le proxénète joue le rôle d’un père ou d’une mère de substitution qui «

éduque » et qui « protège » les prostituées, adultes comme enfants. Dans le langage populaire mexicain, padrotear signifie tromper quelqu’un pour lui soutirer de l’argent.

Le sud de l’État mexicain de Tlaxcala, par exemple, se caractérise par le nombre élevé de padrotes, chargés de recruter des femmes, puis de les vendre ou de les placer à Mexico et dans des villes de province, voire aux États-Unis, afin qu’elles y soient sexuellement exploitées. J’ai été surprise de constater que les padrotes de cette région, tout comme ceux qui travaillent à la frontière entre le Guatemala et le Mexique, fonctionnent de la même manière que les proxénètes