Trafic (Tome3) (French Edition)
Chapitre 06
Inquiétude
[Danilo]
Il fait nuit, il fait froid, j’ai peur. Je hurle intérieurement, mais rien ne sort de ma bouche. Je pourrais appeler “au secours”, me sauver pour rejoindre Juan et Greg, seulement mes jambes ne me portent plus.
— Aide-moi Dani, ne les laisse pas s’en prendre à ta petite sœur. DANI !!! hurle-t-elle.
Je me réveille en sueur et réalise que ce sont les mouvements de Dayana qui m’ont sorti de mes songes. Son sommeil est agité, ses paupières vacillent, et elle sanglote.
— Chut, tout va bien puce, je suis là, tenté-je de chuchoter à son oreille.
— Emilio, pitié, implore-t-elle endormie.
Putain, mais qu’est-ce qu’il vient foutre là ! Pourquoi rêve-t-elle de lui ?
— Pas ça, non, je ne veux pas !
Mes dents se resserrent et je décide de mettre fin à son supplice.
— Allez, ma belle, ouvre tes jolies paupières.
Je l’enlace contre moi, mais elle se débat et ses yeux s’écarquillent d’un coup. Daya saute du lit et s’éloigne, comme si j’étais un agresseur. Elle referme ses bras sur elle, le visage maculé de larmes.
— Eh, c’est moi. Tu étais en bad trip.
Elle ne répond pas, encore sous le choc, tremblante de peur.
— Puce, qu’est-ce qu’il y a ?
Elle mime un non de la tête et ravale les quelques sanglots qui lui montent à la gorge. Dayana a beau vouloir jouer la forte, elle reste encore une enfant. Je m’avance doucement, et avec précaution, je saisis sa main pour l’attirer contre moi. Après quelques instants, elle se jette contre mon torse et je sens son corps frémir de terreur.
— Raconte-moi Daya, pourquoi as-tu prononcé le nom de mon oncle ?
— Je… je ne sais pas.
S’il y a bien une chose dont-elle est incapable, c’est de me mentir. Je redresse son menton puis pose un baiser sur ses lèvres salées. Ma langue s’invite et elle s’en empare désespérément. Je lui offre un dernier baiser pour la rassurer. Mes iris plantés dans les siens, je repose la même question.
— Il m’a convoqué hier dans son bureau.
Putain, je hais quand il s’amuse à ça !
— Et ensuite ? Vous avez discuté de quoi ?
— De notre mariage, de mon avenir, si jamais tu ne te décidais pas.
L’enfoiré ! Il lui fout la pression. Mais il n’y a pas que ça et je redoute le pire, car dans l’abject, il est champion.
— Il t’a touché ?
— S’il te plaît Dani.
— Réponds-moi Dayana.
Mon ton est plus sec que je ne le voudrais et elle se décompose.
— Je te demande pardon.
Mon ventre se noue, si jamais il a osé…
— Il ne m’a pas violée, intervient-elle en voyant ma colère.
— Parle ! Je veux savoir ce qu’il s’est passé !
Comme si je venais de dégoupiller une grenade, elle me balance tout.
— Il m’a ordonné de me déshabiller complètement, j’avais tellement honte Dani, j’avais si peur. J’ai dû m’allonger sur son bureau, je l’ai imploré de me laisser, mais il a dézippé son pantalon.
Ma colère s’intensifie.
— Je l’ai supplié, il m’a dit que si tu ne te chargeais pas de mon éducation, lui s’en occuperait. Son sexe… Il l’a frotté contre moi, je me sens si sale Dani, je… je ne veux que toi. J’ai cru que c’était fini, mais…
— Continue.
Ses larmes roulent sur ses joues et je sais déjà ce qu’elle va m’avouer.
— J’ai aimé ça, j’avais envie qu’il aille en moi, perdóname.
— Eh, ce n’est pas toi la fautive, c’est lui.
— Danilo, s’il ne s’était pas contenu, je ne serais plus vierge.
— Il tente de t’attaquer, car il sait que de mon côté, il n’obtiendra rien.
— Ça devient une obsession de coucher avec un homme, je n’arrive plus à résister.
— Normal, à notre âge les hormones nous stimulent et Emilio veut s’en servir, car il connaît ta faiblesse. La seule chose qui l’intéresse, c’est que je craque et te foute enceinte. Mon oncle va vite comprendre que j’ai grandi et que je ne suis plus un môme.
Cet enfoiré s’en prend à une gamine de dix-sept ans, quelle pauvre merde ! Il va le regretter, c’est une certitude.
— Ne lui dis rien ! Il faut juste qu’on se marie, et…
— Non.
Je frôle son visage et pose mes lèvres sur les siennes. Je veux gommer ce qu’elle a vécu par ma faute. Je la porte et la recouche sur mon lit.
— Tu veux que j’arrête là ? lui demandé-je connaissant d’avance sa réponse.
— Non.
Je l’embrasse et retire son pyjama. Ses cuisses s’écartent généreusement et je ne peux m’empêcher de vérifier sa virginité. Elle est intacte physiquement, à moi de remplacer les images de mon taré d’oncle. Je descends le long de son corps pour venir trouver sa fente toute lisse. Je refuse qu’elle considère le sexe comme quelque chose de sale. Ma langue gomme chaque millimètre de peau que cette ordure a touché. Je la dandine, la faufile entre ses lèvres et lape son clitoris gonflé.
— Je t’en supplie Dani !
Je sens qu’elle mouille, ma bouche accélère le rythme. Elle se cambre sur le matelas, s’agrippant aux draps. Sa respiration est saccadée, j’écarte bien sa chatte et lèche son hymen intact, soudainement son orgasme explose. Putain ce que j’aime donner du plaisir à une femme ! Je remonte pour l’embrasser pour qu’elle se goûte et ma queue se pose contre elle.
— Je suis prête, m’indique-t-elle.
Je lui impose le silence par un baiser et mime l’acte en me frottant à elle. Je descends le long de sa mâchoire et chuchote à son oreille.
— Sens-moi ma belle.
— Ohhhh.
Heureusement que j’ai un membre assez long pour éviter la pénétration, car mon corps ne capte pas la différence et bouge comme si j’étais en elle. Mes couilles claquent contre sa chatte, et je la retourne pour la mettre sur le ventre. Je veux qu’elle ait une idée de ce qui l’attend, en espérant que ça lui suffise. J’embrasse son dos qui se creuse, descends le long de la raie de ses fesses et ma langue vient laper son anus. La tête entre ses lobes, je l’amène à la jouissance. Je la recouche sur le dos, et l’observe. Elle est magnifique.
— Je t’ai promis de te protéger, et j’ai échoué. Je te demande pardon Dayana.
— Non, c’est lui qui…
Elle me scrute et ses yeux s’embrument. Je caresse ses tempes et lui pose un baiser rapide.
— Dani…
— Tout va bien. Je vais te mettre en sécurité, je ne sais pas comment, mais je vais trouver. Tu mérites une belle vie.
— Elle sera forcément parfaite auprès de toi.
Je comprime mes mâchoires, mais je lui dois la vérité.
— On est trop jeunes, Daya.
— Ne m’abandonne pas, je n’y survivrais pas.
— Je serai toujours là, mais je ne suis pas celui qu’il te faut.
— Non ! T’es le seul que je veux ! Toi et moi, on s’aime.
Je prends une grande inspiration.
— On a grandi ensemble, on nous a promis l’un à l’autre sans nous demander notre avis.
— Parce que c’était une évidence ! gueule-t-elle décontenancée.
— Non Dayana, je ne te chérirai jamais comme un mari. T’es tellement plus. Je… Je ne t’épouserai pas, et tu ne finiras pas sur un trottoir, ça, je te l’assure.
Ses yeux me fusillent et la tristesse laisse place à la colère. Elle me repousse et je ne peux lui en vouloir.
— Tu romps avec moi ! Pourquoi ? Pour qui Danilo !
— Pour nous. Si je t’aimais, je ne coucherais pas avec toutes ces filles.
— Je m’en fous d’elles ! T’es un homme, t’as des besoins. Une fois marié, je te comblerai je te le promets.
Elle se lève et tente de s’accrocher autour de mon cou, mais j’attrape ses poignets et la stoppe doucement.
— Je sais que tu serais une femme parfaite, mais… ça ne fonctionne pas. On ne peut pas s’unir juste parce que tu me donneras ce dont j’ai besoin, ce n’est pas comme ça que je conçois un mariage. Et si j’ai mis autant de temps à me décider, c’est parce que je savais au fond de moi que tu n’étais pas la bonne.
— Tu n’es qu’un connard ! Pourquoi tout ça alors !
— Pour qu’on se dise au revoir Dayana, que tu gardes un bon souvenir de la sexualité.
— Je te déteste ! Je te hais ! Va en enfer, Danilo !
Elle ramasse son pyjama, l’enfile et claque la porte de ma chambre. Je vais sur le balcon et lève mes yeux vers les étoiles.
— Comment m’assurer que c’est le bon choix papá ?
C’est la décision la plus raisonnable, mais je ne peux m’empêcher de mal vivre sa souffrance. Alors je vais chercher la seule personne qui sait me parler.
— J’aurais besoin de voir Adil, s’il vous plaît.
— Si señor.
Mes hommes vont réveiller mon bras droit, qui arrive vingt minutes plus tard, douché et habillé.
— Un problème ?
— On se retrouve à ma planque.
— Ok.
J’enfourche ma bécane et lui prend l’Audi. On se fait un signe de tête au bout de quelques kilomètres et on active nos brouilleurs pour suivre deux chemins différents. J’arrive quelques minutes avant Adil, qui sort de la voiture avec sa classe naturelle.
— Alors ? me questionne-t-il curieux.
— J’ai besoin de mettre Dayana en sécurité. On doit la sortir du cartel.
— Tu vas m’en dire plus ?
— Emilio a failli la violer et j’ai rompu. Enfin, c’est un bien grand mot, on n’était pas vraiment ensemble, mais…
Il m’observe comme pour me sonder et se pose à mes côtés face au lever du soleil.
— Adil, je ne suis pas pour elle. Je… je ne me vois pas marié, des gosses et… depuis petite, elle se prépare à ça. Elle jouait à la petite maman avec ses poupées et…
— Et toi, tu n’as pas envie de ça, me coupe-t-il.
— Regarde notre monde, il n’est pas conçu pour.
— Pourtant, j’y aurais bien vu des minis moi, ricane-t-il vaincu d’avance.
— Avec Alana ?
Il acquiesce d’un sourire.
— Alors là, laisse tomber, Emilio te tuerai.
— De toute façon, j’ai déjà assez de toi pour m’occuper, ricane-t-il de ses belles dents blanches.
— Je suis si compliqué que ça ?
Il lève les yeux au ciel.
— T’es le mélange de Matéo et Céani Sanchez, se marre-t-il en allumant une clope.
J’éclate de rire puis me recentre sur notre discussion.
— Adil, tu penses pouvoir la sortir du clan sans risquer sa vie ?
— Tu te rappelles d’un mec qui s’appelait Luïs ? Un ami de tes parents.
— Non du tout.
Une partie de mon enfance est partie en fumée avec mon père.
— C’est un chilien qui a sauvé la vie de ta mère. Matéo l’a pris sous son aile et je suis en charge de sa sécurité. C’est un mec clean, et qui vous adorait. S’il y a bien une personne en qui j’ai confiance, c’est lui.
Le Chili, ça serait parfait ça, le cartel n’a pas la main dessus.
— Et on peut planifier ça quand ?
— Je ne sais pas, je vais voir avec lui pour commencer, mais y aura des conditions, Dani.
— Je t’écoute.
— Si elle part là-bas, c’est pour toujours. Je ne compromettrai pas la vie de Luïs et sa famille. Et tu n’informes pas Anna-Maria.
— C’est sa mère !
— Elle est sous l’autorité de ton oncle, elle finirait par tout lui raconter.
Il n’a pas tort.
— Ok. Mais promets-moi qu’elle sera protégée et qu’elle ne manquera de rien.
— T’as ma parole. En attendant, tu fais profil bas.
— Merci.
— Cette petite est bien, elle est juste tombée au mauvais endroit.
Là-dessus, on est d’accord. Nous reprenons la route et tout le monde semble dormir quand nous rentrons. Sauf que la porte du bureau d’Emilio est gardée, donc il est à l’intérieur. Lorsque je m’y présente, ses hommes me barrent la route.
— J’ai besoin de voir mon oncle.
— Il est occupé.
— C’est urgent.
Ils se regardent et l’un d’eux rentre puis ressort en m’indiquant de le suivre. El dragón congédie une fille qui s’essuie la bouche.
— Tu tombes bien, je dois te parler, me lance-t-il en se levant, reprenant sa stature d’autorité.
Ma rage contre lui éclate et sans réfléchir, je lui décroche une droite.
— La prochaine fois que tu la touches, je te bute !
Depuis le temps que ça me démangeait, c’est enfin tombé et je me sens plus léger. Il ricane en se tenant la mâchoire.
— Elle avait besoin d’un peu d’attention, mais rassure-toi, je ne l’ai pas baisée, lâche-t-il toujours avec ce foutu sourire.
Il s’avance vers moi, mais je ne bouge pas, je n’ai pas peur de lui. Mon oncle s’approche à quelques centimètres et pose sa main sur mon épaule.
— La taille ne fait pas la force Danilo.
Son genou arrive à pleine vitesse dans mes testicules, la douleur me coupe les jambes et je tombe à ses pieds. Il m’attrape par les cheveux et m’oblige à basculer la tête en arrière. La lame de son couteau se pose sur ma gorge.
— Dépêche-toi de t’occuper d’elle, car elle grandit et me plaît beaucoup.
— Fils de chienne !
— Tu n’as pas tort et justement en parlant d’elle, sache que si j’ai pu la tuer alors je n’aurais aucun mal à briser ta misérable vie.
Je sens sa menace sous mon cou qui s’appuie un peu plus fort.
— Et imagine tout ce que je pourrais exiger de la petite Dayana en ton absence, chuchote-t-il à mon oreille.
— Non ! Tu n’as pas intérêt de la toucher !
— J’ai absolument tous les droits, elle appartient au cartel, donc par extension à moi. Tu sembles ne pas en vouloir alors qu’elle ne réclame que ça. Tu l’aurais vu remuer des hanches, si je ne l’avais pas contrôlée, ta promise se serait empalée sur ma queue. Peut-être que c’est elle qu’il me faut. À son âge, elle me dédierait toute sa vie de femme pour me donner les enfants qu’Alana ne peut plus m’offrir. Ça arrangerait bien ton bras droit que je me marie avec une autre, ou alors, j’instaure la polygamie dans notre pays et je reste avec les deux pendant que toi, tu seras simple spectateur. Alors Danilo, t’en penses quoi de mon idée ?
— Qu’elle est à chier ! Dayana sera ma femme et la mère de mes enfants, tu as gagné !
— Alors passe-lui vite la bague au doigt, je perds patience.
Il peut aller se faire foutre. Je vais la sortir de là et il n’aura rien d’elle. Et si je dois mourir, qu’il en soit ainsi.
— Promets-moi de ne plus la toucher, s’il te plaît tío, tenté-je de l’amadouer.
— C’est frustrant, mais je peux t’accorder cette faveur.
— Merci.
— Tes actes auront forcément des conséquences, tu t’en doutes bien.
Je comprends sa menace à demi-mot et j’acquiesce de la tête. Je suis prêt à encaisser ma punition, mais quelqu’un frappe à la porte et il me lâche. Andrés entre, encore endormi.
— Tu m’as appelé ?
— Oui, assieds-toi. Et toi aussi, Danilo.
Nous nous retrouvons l’un à côté de l’autre, il me jette un œil puis tourne son attention sur son père qui s’installe à son bureau.
— J’ai eu hier soir l’appel de Lorenzo.
Mon cœur accélère, mon ventre se tord douloureusement et j’ai une sorte de bourdonnement dans les oreilles que je chasse pour entendre la suite.
— Esperanza est dans la nature, elle s’est enfuie, on ne sait pas où elle est.
— Quoi ?! Mais…
— Ferme-la, je n’ai pas fini Andrés.
Mon cousin la boucle et moi, je ronge mon frein.
— On n’arrive pas à lui remettre la main dessus, et j’ai besoin que vous vous en chargiez. Je veux que vous la rameniez au plus vite ici.
— Ici ? clamé-je étonné.
— Oui Danilo, ici.
— Pourquoi ?
— Parce que je vous l’ordonne.
Je soupire, histoire qu’il comprenne que j’en ai marre de ses ordres à la con.
— Et où est-elle ? intervient Andrés, sûrement encore un peu endormi.
— Si je le savais mon fils, je ne te demanderais pas de la trouver.
Je vois le bug sur son visage et on se met à se marrer comme des gamins. La main d’Emilio frappe violemment le bureau et on sursaute.
— Ma fille est dehors sans aucune protection, qu’est-ce-que vous foutez encore là !
— Allez, viens, on bouge, lancé-je à mon cousin qui redoute la colère de son père.
— Avant, prenez ça, ce sont les pays que Lorenzo a déjà ratissé, explique-t-il en nous donnant une liste.
— Pays ?! crie d’un coup Andrés qui se réveille.
— Elle n’est plus en Italie, elle peut être partout.
— Tu ne te poses pas la question pourquoi elle a fui son mari ? l’interrogé-je avant de passer la porte.
— Tu auras tout loisir de lui demander quand tu la choperas.
Lorsqu’on arrive dans la salle à manger, Alana a les yeux rougis.
— On va la retrouver mamá, la rassure Andrés en posant un baiser sur son front.
Elle me regarde suppliante.
— On ne lâchera pas nos recherches tía, et on te la ramènera, je te le promets.
J’espère juste que ce sera vivante. Esperanza est une fille sans défense, elle ne sait pas dans quelle merde elle peut se retrouver si elle tombe sur des connards ou pire… nos ennemis. Alors qu’on avale notre petit-déjeuner, Dayana arrive et je me sens terriblement mal. Elle nous salue tous et vient s’asseoir aussi loin que possible de moi. Les rares fois où nos regards se croisent, j’ai l’impression qu’elle a des armes à la place des pupilles.
— Vous vous êtes engueulés ? me questionne Andrés.
— Je t’expliquerai.
Faut absolument que j’intercepte Daya, pour qu’elle n’annonce pas notre rupture, le temps qu’Adil trouve une solution pour la mettre en sécurité. Lorsqu’Emilio apparaît, un voile se pose sur nous tous, sauf les jumelles qui viennent l’entourer de leur amour.
— Bonjour Papou, tu as pu dormir un peu ? Je ne comprends pas pourquoi elle s’est enfuie, c’est n’importe quoi, clame Lana.
— Ne jugez pas votre sœur et allez finir vos petits déjeuners.
Elles s’exécutent comme des bonnes petites chiennes bien dressées. Lui, se pose à côté d’Alana qui retient ses larmes.
— On va la retrouver mi amor. Mange un peu.
— Je n’ai pas faim, indique-t-elle en quittant la table.
— Allez me la chercher, je veux manger en famille ce matin, ordonne-t-il à ses hommes.
Forcément faut qu’il fasse son connard même dans les pires moments. Ma tante revient s’asseoir en lançant à son mari un regard mauvais. Il lui chuchote quelque chose à l’oreille, et elle se met à blêmir.
— Non, s’il te plaît.
— Mange mi corazón.
Comme par magie, elle retrouve l’appétit. Toute cette scène me confirme que je dois mettre ma jolie brune à l’abri. Qu’arriverait-il s’il mettait son plan à exécution ? Le repas se termine enfin et je tente de choper Dayana dans un coin.
— Tu me veux quoi, Danilo ?!
— Ne parle pas de ce qu’il se passe entre toi et moi, s’il te plaît.
— Pourquoi ? T’as honte ? T’as peur qu’Emilio désapprouve ?
Je m’approche de son lobe et je ne peux nier qu’elle m’attire.
— Il veut te marier à lui, je sais comment empêcher ça, alors écoute ce que je te dis si tu n’as pas envie d’être à la place d’Alana.
Elle me fixe choquée.
— T’es sérieux là ?
— Ouais.
Elle mord sa lèvre et je me tends un peu plus dans mon pantalon. Elle ne peut pas ignorer ce qu’elle provoque. Un sourire se dessine sur sa frimousse et je sens sa main se glisser entre nous.
— Arrête, tenté-je de l’avertir à voix basse.
— Faut bien qu’on montre qu’on s’est réconciliés.
J’attrape son poignet et lui bloque, je pose un baiser sur sa joue et m’éloigne vite de cette source désirable. Je file sous la douche glacée qui calme mes pulsions puis j’enfile de quoi être à l’aise pour les recherches. J’espère que ma cousine a su se mettre à l’abri. Risquer de perdre Dayana m’est déjà difficile, mais s’il devait arriver malheur à Esperanza, je ne m’en remettrais pas.
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