Trafic (Tome3) (French Edition)

Jessie Auryann · Chapitre 34 sur 49

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Trafic (Tome3) (French Edition)

Chapitre 30

Interlude

[emilio]

 

Je suis coincé sur cette putain d’île depuis quelques jours et je sens toujours ma colère bouillir dans mes veines. Je dois cependant garder la tête froide, demain soir, Peck et son épouse viennent dîner et je n’ai pas intérêt à me rater. Nous devons parler de notre future alliance et j’espère que mes jumelles ne me décevront pas comme leur sœur. Après qu’Esperanza m’ait foutue la honte de ma vie, Alana s’est empressée de faire nos bagages. Je ne sais pas à quel point j’aurais pu déraper si elle n’avait pas su gérer la rage qui émanait de tout mon être. J’ai dû prendre sur moi et ravaler ma haine. Mon silence les a tous surpris et pourtant je ne peux encore digérer l’affront qu’elle m’a fait. Qu’est-ce qui a bien pu merder autant dans son éducation ? Je suis lassé de comprendre qu’elle cherche constamment le conflit envers ma propre personne alors que j’agis exclusivement pour son bonheur. Et pour celui de mes affaires aussi, cela va de soi, mais quand même, son bien-être a été ma priorité pendant des années. Si mon fils était encore là, mon Esteban, il aurait été digne de notre nom : Sanchez. Ne pouvant pas prendre de risques, j’ai donc préféré envoyer mes jumelles loin de ce dîner, je vais sauver l’honneur de cette famille.

Assis dans mon fauteuil à guetter les remous de l’eau sur le sable dans la nuit noire, je capte qu’il est tard lorsque ma femme, dans mon dos descend ses mains sur mon torse.

— Qu’est-ce qui t’arrive Emilio ? Pourquoi ne viens-tu pas dormir ?

— Serais-tu en manque mi amor ? la provoqué-je tandis qu’elle retire délicatement les boutons de ma chemise.

— Depuis qu’on est ici, tu ne m’as pas touchée.

— C’est le prix à payer pour toutes tes insanités avec ce bon à rien.

— Et si on parlait de ces putes que tu baises dans mon dos ?

— Ne va pas sur ce terrain-là, Alana.

— Et pourtant qui a commencé à tromper l’autre Emilio ? Depuis le décès de Matéo tu as complètement vrillé. Tu vis dans les ténèbres, sans jamais te rendre compte de tes erreurs. Et moi je suis toujours là, transparente à tes yeux. J’ai trop enduré Em… je suis perdue… tu m’as perdue… J’essaye de me raccrocher à ton esprit par le sexe, ne vois-tu pas que c’est le seul instant où tu es toi-même depuis des années ?

Putain ! Je suis entièrement déboussolé. Ma vie a complètement merdé depuis les problèmes avec ma mère et la mort de mes enfants. Entre la perte de notre bébé et le décès brutal d’Esteban, je n’ai plus jamais été le même homme. Puis mon frère qui s’est suicidé à cause de cette pute de chica. Elle méritait de mourir, Céani essayait de le changer. Pris dans ses filets, il s’écartait peu à peu de moi. Personne n’avait le droit de m’enlever Matéo. Il représentait mon seul pilier depuis tout petit. Je suis vide aujourd’hui, je n’ai plus d’âme et le diable s’est emparé de mon cœur. Je fais souffrir tellement de monde autour de moi. Mais qui suis-je devenu ? Un monstre alors que nous filions le parfait amour avec Alana. Je l’ai brisée à de nombreuses reprises mais elle est toujours là. Elle ne mérite pas autant de mépris de ma part mais plus de considération. J’agrippe une de ses mains et lui intime de venir s’installer sur mes cuisses. En nuisette noire, elle est hyper sexy. Maintenant il est temps de lui montrer à quel point je l’aime comme avant. Qu’elle compte bien plus qu’une autre. Je pose mes doigts sur ses jambes et remonte jusqu’à son jardin secret. Son corps frissonne tandis qu’elle s’allonge sur moi, la tête sur mon épaule. Je plante mon regard dans le sien et ma langue meurt d’envie d’enlacer la sienne. Sans hésiter une seule seconde, mes lèvres la capture. Notre baiser est passionné, je lui offre l’accès à mon cœur parce qu’elle dit vrai, il n’y a que dans ces moments-là que je la laisse m’atteindre. J’écarte le bout de tissu de sa fente, mon index et mon majeur s’enfoncent dans sa moiteur bien chaude. Elle me réclame plus et se frotte contre ma verge durcie. J’aime la voir à ma merci, sous mon emprise, elle adore le sexe avec moi car je suis le seul qui la comble à la perfection.

— Oh… Em… humm…

Je vais finir par jouir dans mon pantalon si je ne m’enfonce pas maintenant dans sa petite chatte. Alors je stoppe mes mouvements pour sortir mon sexe gonflé. Alana comprend vite ou je veux en venir car elle soulève son bassin en prenant appui avec ses pieds sur la petite table basse posée devant nous. À peine mon gland passe la lisière de mon bas qu’elle attrape ma bite pour se l’enfoncer.

— Bordel… ouais mi amor, chuchoté-je de plaisir.

Elle me chevauche comme une bête féroce. Je n’ai que la vue sur son dos et son magnifique tatouage. Elle pousse des cris qui me rendent dingue alors je choppe sa tignasse pour la ramener à moi, lui palper sa poitrine volumineuse avec férocité. J’ai tellement faim d’elle que je lui mords la peau de son épaule pour la marquer de mes dents. Bestial, je serre sa gorge pour lui montrer que je domine même si elle est sur moi. Elle tire sur mes cheveux et je veux m’enfoncer encore plus loin en elle alors je nous relève et la retourne tandis qu’elle se maintient au fauteuil. Nos corps en sueur ne se contrôlent plus.

— Encore… plus fort… Em… Défonce-moi.

Je lui balance des claques sur son cul qui rougit et elle crie de plaisir. Je me précipite sans retenue sur sa chatte si fort, que le fauteuil recule jusqu’à se caler contre la baie vitrée. Je ne suis plus un humain mais un animal en rut qui va bientôt tout lâcher. Son paradis aspire ma queue qui gonfle instantanément. Elle va encore me donner ce que je désire et je vais lui rendre. Mon prénom résonne tellement fort, comme une délivrance, que ma bite crache son sperme qui gicle et coule entre ses jambes. Quand nos regards se croisent elle sourit et c’est tout ce qui m’importe.

— Pourquoi on n’est pas tout le temps comme ça, Em ? m’interroge-t-elle tristement.

— Et si on repartait à zéro mi amor. Plus d’autres filles pour moi, plus d’Adil pour toi. Juste si on essayait de se recentrer sur nous ?

— Est-ce que tu es sérieux ?

— Si je te le propose c’est que j’ai envie d’améliorer notre quotidien. Je suis fatigué de cette guerre entre nous.

— Emilio… je ne sais pas quoi te dire…

— Juste un oui suffira.

Elle tente de percer, au travers de son regard mon côté le plus sombre et je ne laisse rien transparaître car je suis incapable de savoir si je serai capable de m’y tenir ou pas. Déjà si j’obtiens d’elle une réponse positive, j’aurai gagné ma partie d’échec sur le bras droit de Danilo. Adil sera hors-jeu et je pourrai continuer de placer mes pions afin de ne rien laisser au hasard. Alana a un caractère difficile mais elle est très naïve surtout après une bonne partie de sexe où elle ne réfléchit plus. Bientôt je prendrai ma revanche, j’ai été suffisamment humilié par ce Adil, il est temps que ma femme me revienne entièrement de droit.

— Je te laisse la nuit pour réfléchir Alana, allons-nous coucher et je vais te montrer que l’homme que tu as épousé revient tout doucement.

Elle pose sa main dans la mienne et en cet instant je sais que j’ai remporté une première manche.

Au petit matin c’est une femme épanouie et avide de sexe que je retrouve. Nous restons au lit une bonne partie de la journée et j’avoue que son idée de vacances est la meilleure qu’elle ait eue depuis bien longtemps. Sa tête coincée entre mes cuisses, ses yeux remplis de larmes, je lui offre ce dont elle raffole.

— Mi amor, ce soir, je te veux digne de nous, ne t’amuse surtout pas à faire foirer ce dîner ou je te jure que tu le regretteras.

Je ne lui laisse aucun droit de réponse et l’étouffe autant que je peux avec ma queue. Quand je la libère, un filet de bave nous unis encore. Je la gifle, elle me sourit, je lui en colle une plus forte qui la propulse par terre et me lève.

— Tu vas où ?! aboie-t-elle.

— D’ici trois heures les Peck seront là.

— Ne me laisse pas comme ça !

— Oh si mi corazón, j’adore te voir excitée.

Alana ne réplique rien car elle sait que je lui donne exactement ce dont elle a besoin. Les heures défilent à toute allure et nos invités arrivent. Peck est comme à son habitude, en costume trop serré pour cacher son gras. Quant à sa femme, elle est magnifique bien que très soumise. Je détesterai avoir une serpillère. Je les convie à entrer, lorsque j’entends les talons aiguilles de mon épouse. Totalement ensorcelé j’admire celle qui est de loin la plus belle. Moulée dans une robe de velours noire, fendue, les cheveux relevés dans un chignon élégant, elle est à la hauteur d’une épouse de chef de cartel. La parure de diamant que je lui ai offerte la met encore plus en valeur.

— Votre femme est… divine, balbutie Peck sous le charme d’Alana.

Comme si c’était la première fois qu’il la matait. On les invite au salon puis nous passons à table.

— Emilio, j’aimerais quelques explications sur le fiasco médiatique de votre fille, si vous me le permettez.

Ah voilà on y est. C’est maintenant que je sauve mon honneur.

— J’ai choisi le mauvais mari pour Esperanza. Il n’était pas à la hauteur. J’ai réparé cette erreur et ma fille aussi.

— Je ne vous suis pas, vous voulez dire que l’accident de votre gendre, n’en était pas un ?

Dans sa question je vois autant sa curiosité que sa crainte et ça me plaît.

— Avec moi quand on n’est pas à la hauteur, on ne survit pas. Esperanza a été éduquée pour être mère avant tout, elle s’est donc chargée de l’être. Je ne peux pas lui en vouloir de m’obéir.

— Et c’est tout à votre honneur d’avoir une fille qui sait prendre les bonnes décisions.

Je regarde Alana du coin de l’œil et son regard veut tout dire, j’ai extrêmement bien joué. Non seulement je lave mon honneur mais en plus, je lui fais bien passer le message que les futurs époux de mes jumelles ont intérêt à gérer.

— J’avais une autre question.

Encore !

— Je vous en prie.

— Pourquoi avoir annulé le mariage de votre neveu ?

Et merde.

— Danilo se serait gâché en se mariant. J’ai d’autres ambitions pour lui.

— Je vous écoute.

— C’est une machine à tuer. Je le veux donc à mes côtés.

— Je comprends mieux. Et bien Emilio, j’ai hâte que nos familles s’unissent.

Nous trinquons, partageons encore quelques cigares puis il se barre avec sa morue.

— Alors c’est pour ça que t’as torturé Dani ? Parce que tu souhaites en faire une machine à tuer.

Et voilà le retour de la belle et torride Alana.

— Tu l’as détruit ! hurle-t-elle.

— Ouais et c’est grâce à sa haine contre moi qu’il prendra ses responsabilités. Il n’en a pas encore conscience.

— T’es machiavélique !

— Oh oui mi amor, je le suis. Il ne voulait pas régner auprès de moi, désormais il ne désire qu’une chose, c’est s’opposer à moi. Il reprendra les affaires juste pour me faire chier, ce petit con. Et c’est exactement ce dont je rêvais.

— Et s’il devient plus fort que toi ?

Je m’avance vers elle alors qu’elle recule comme pour me fuir.

— Personne n’est plus fort que moi. J’ai toujours une longueur d’avance. En parlant de ça, je pense qu’il est temps que tu te retires du labo.

— Quoi ?!

— Nos filles auront besoin de leur mère auprès d’elles et de leurs enfants. Il est temps que tu prennes ta place de mamá.

Son regard s’assombrit et je me délecte de ce qu’il va me tomber dessus.

— Tu veux me foutre à la retraite là ? enrage-t-elle.

— Appelle ça comme tu veux.

Je m’éloigne et ses griffes agrippent mon bras. Par réflexe ma main se lève et l’envoie valser sur le lit. Il m’en faut pas plus pour lui sauter dessus.

— Qu’est-ce que t’aimes dans ton job pour vouloir autant le continuer mi amor ?

— Rien. Je m’occuperai des enfants, ça sera très bien.

Oh non, elle ne va pas s’en sortir comme ça.

— Tu sais, si tu veux qu’on reparte de zéro, va falloir t’ouvrir un peu à moi.

Une larme roule sur sa joue, putain j’y suis presque.

— Dis-moi et je te donnerai ce que tu désires, lui chuchoté-je à l’oreille.

— Laisse-moi travailler alors.

— Pourquoi ?

— Parce que j’aime ça, Emilio.

Bingo !

— Tu aimes ça ou tu t’y obliges ? Ce n’est pas la même chose.

Elle se redresse et tente de retrouver une certaine posture.

— Al parle-moi. Pourquoi as-tu fait des études d’infirmière ?

— Parce que le sang m’excite, les blessures et les plaies aussi. Sentir leur vie s’arrêter entre mes mains c’est… je n’ai pas les mots.

Je ne l’interromps pas alors qu’elle vide son cœur sur un plateau. Elle me regarde et je retombe une nouvelle fois amoureux.

— J’adore les assassiner.

— Et tu le fais divinement bien.

— J’ai toujours su apprécier la mort, Emilio. Je la refusais en tentant de soigner les gens mais… je t’en supplie, ne me retire pas ça, je tiendrai pas dans notre monde sans tuer.

Je l’observe encore un peu avant de lui donner le coup fatal.

— C’est pour ça que je suis dingue de toi. Quand je t’ai vue nous pardonner ce qu’on t’avait fait, que t’as pris ta place, je savais que la mamá, ce serait toi. C’est pour ça que ma mère t’adorait et que Matéo devenait fou avec toi. Vous êtes pareils, des monstres, tout comme Danilo.

Elle me regarde brisée par autant de vérité. Si le monde pense qu’Alana reste avec moi par traumatisme, il n’en n’est rien. Et c’est bien pour ça qu’elle ne me quittera jamais car je suis le seul à lui apporter ce dont elle a vraiment besoin.

— Si tu veux garder ta place au labo, il va falloir sacrifier ta relation avec ce connard. Toi et moi et seulement nous deux. Je t’ai laissé le temps de la réflexion et je veux ta décision.

Elle a le menton baissé alors que je connais déjà sa réponse. Lorsque nous rentrons, je lui laisse du temps avec lui pour mettre fin à sa relation. Derrière mes écrans, une pute à mes pieds, je n’en rate pas une miette. Sans effort, elle l’anéantit et brise ce qu’elle a construit depuis des années. Échec et Mat !

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