Trafic (Tome3) (French Edition)
Chapitre 33
Le renouvellement
de la souffrance
[esperanza]
Alors que nous sommes tous conviés pour le renouvellement des vœux de mariage de mes parents, j’ai une pensée pour Adil.
Ce soir, alors que le soleil se couchera sur la mer azur de l’île de papá, que la fête battra son plein, lui sera malheureux, assistant à l’envol définitif de celle qu’il aime et qu’il a tenté de sauver par tous les moyens.
Le bras droit de Danilo est une personne bienveillante, loyale, je ne comprends pas maman. Elle qui rêvait d’une vie saine, de joie, d’amour et de respect, a complètement perdu la tête. Mamá a tant souffert et elle a accepté de réitérer ses vœux avec le pire des maris. Nous n’avons pas discuté depuis elle et moi, je préfère me tenir éloignée afin d’esquiver les problèmes.
Seulement aujourd’hui, je suis sa demoiselle d’honneur et même si ses choix me rebutent, elle pourra compter sur moi pour l’aider à s’habiller. Je vais tenter une discussion pour la sortir des griffes de ce manipulateur. Maman a toujours été naïve et je sais que sous l’adrénaline du plaisir, elle retrouve l’homme dont elle est tombée amoureuse. Alors que nous débarquons sur l’île, j’observe Yelmani et Danilo qui ricanent en rassemblant nos valises partageant une belle complicité. Il n’y a rien à redire, j’ai de la chance d’avoir deux colosses dans ma vie. Ils sont le jour et la nuit et pourtant ces deux-là s’entendent parfaitement.
Alors que Danilo passe devant moi en me dérobant un baiser discret, Yelmani vient m’embrasser sur la tempe.
— On y va, princesse, chuchote-t-il en humant l’odeur de mes cheveux.
— J’adore quand tu fais ça, déclaré-je à mon oriental.
— T’aimeras davantage quand ce soir, je te ferai l’amour face à l’océan lorsque tes parents seront en voyage de noce et que la nuit sera à nous.
— Ne parlez pas de sexe alors que je vais devoir me tenir tranquille à cause d’el dragón, ajoute Dani avec une pointe de déception.
— Si vous pouviez éviter d’évoquer son nom devant moi, ça m’arrangerait, continue Adil le regard éteint.
Je sens toute sa rancœur qui le frustre et ça me touche d’autant plus qu’il s’agit de ma mère qui lui brise le cœur chaque jour que Dieu fait. J’ai mal pour cet homme attentionné. Adil est discret, mais je perçois sa fragilité.
Nous grimpons en voiture tous les quatre afin de regagner la maison en bord de mer. Vingt minutes plus tard, nous sommes sur les lieux. La bâtisse est décorée avec des ballons, mais aussi des photos de mes parents à leur première union. Danilo est ému en apercevant un portrait de Matéo et Céani. La musique résonne alors que le soleil est à son zénith et que le bruit des vagues s’échoue sur le sable fin. Je laisse Yelmani à sa contemplation et me dirige vers une des chambres. À peine je franchis le pas de celle-ci que la porte se referme brusquement. Tel un prédateur, Dani s’approche de moi, le regard coquin. Doucement, il m’allonge sur le lit et entrouvre mes cuisses.
— Je savais que tu ne portais pas de culotte, chuchote-t-il en retroussant ma fine robe blanche à bretelles.
— Si mon père nous surprend…
— Il est bien trop occupé, baby girl.
Je mords ma lèvre inférieure prête à être dégustée tout entière. Il fonce entre mes jambes et me savoure. Sa langue titille mon bout de chair, puis ses doigts malmènent mon vagin. Il alterne à la perfection et je m’efforce de ne pas gémir pour ne pas être grillée par mon père. Seuls mes essoufflements indiquent à mon cousin qu’un orgasme va bientôt me délivrer de ses agissements. Connaissant mon corps par cœur, il dézippe son jean et vient pousser son sexe dans le mien. Ses coups de bassin sont rudes et sa main se pose sur ma bouche pour m’empêcher de geindre. C’est délicieux et pénible à la fois, je voudrais crier mon plaisir, mais ça nous est impossible. Je tire sur ses cheveux, griffe son dos tellement il me pilonne avec fureur, l’orgasme me secoue et il se déverse en moi, en remplaçant ses doigts par sa bouche pour étouffer nos gémissements. C’est ce que j’aime avec lui, son audace, sa violence dans l’acte, tandis que Yel lui est dans la douceur, l’amour. Deux opposés même dans leur façon de me procurer du plaisir.
— Je t’aime, Dani.
— Mismo.
Je me lève direction la salle de bain attenante, puis rejoins les cuisines où un déjeuner nous attend. Mamá débarque furibonde avec toute une équipe de coiffeurs et de maquilleurs à sa suite.
— Esperanza dans ma chambre avec moi, immédiatement, déclare-t-elle sèchement.
Je ne comprends son agacement que lorsque j’étudie Adil qui s’installe à table avec les deux garçons, le regard perdu. Il est si contrarié que sa peine est mienne. Je suis ma mère dans son antre, un visagiste s’affaire sur sa peau tandis que la professionnelle lui parle de la coiffure qu’elle souhaite lui faire. Le renouvellement de leurs vœux est prévu pour ce soir, au coucher du soleil, sur la plage, comme leur mariage il y a plusieurs années.
— Ah, ma fille, va donc me chercher ma robe dans le dressing s’il te plaît, exige maman qui observe son corps dans la glace.
En sous-vêtements couleur champagne, même avec l’âge, elle est super belle. Voyant qu’elle croise mon regard, avec un sourire lumineux, je m’exécute et me dirige dans la pièce attenante à sa chambre. Je me perds dans cette gigantesque armoire et observe plusieurs de ses tenues avant de trouver la bonne et de revenir sur mes pas. Néanmoins lorsque j’arrive près de la porte qui nous sépare, c’est une dispute que j’entends. Les professionnels ont disparu de la pièce, ne laissant que ma mère avec Adil qui tente à nouveau sa chance.
— Alana ! Arrête de me repousser ! Regarde-toi prête à épouser une nouvelle fois celui qui te gâche la vie.
— Va t’en, désormais on n’a plus rien à se dire. Je l’ai choisi, depuis le début, c’est lui et pas un autre ! Tu le savais ! Je suis une femme mariée, on a pris du bon temps, c’est tout !
— Du bon temps ? Tu te fous de ma gueule ! Al, tu as dit que tu m’aimais.
— Je me suis égarée, déclare ma mère les yeux au sol.
— Tu mens.
Elle n’est pas honnête envers elle-même et Adil ne le comprend que trop bien. Il s’avance vers elle, tel un traqueur près de sa proie, en frénésie, ses obsidiennes rugissant de colère, il pousse mamá violemment contre le mur et enserre sa gorge.
— C’est ça que tu veux, que je sois brutal comme lui !
Elle tente de se débattre tout en luttant contre son désir, car oui, c’est dans la violence que ma mère est la plus réceptive. Il la gifle et elle essaie de lui en redonner une, mais il lui en décoche une deuxième aussi sèche.
— C’est comme ça que t’aime Alana hein ! Si pour te récupérer, il faut que je sois lui alors ainsi soit-il.
Il se presse contre elle et ne tenant plus, elle déboutonne son jean à la va-vite, abaisse son boxer et retire sa lingerie.
— Baise-moi Adil, une dernière fois, fort ! le supplie-t-elle presque en pleurant par la soif de son envie.
Il n’attend pas et la pénètre sans ménagement, la prenant avec rage. Elle sourit, le griffe, le mord tandis qu’il lui tire les cheveux. C’est bestial, sans âme. Leurs corps tambourinent contre le mur, Adil empêche mamá de crier tout en la privant quelques secondes d’oxygène puis ils jouissent l’un dans l’autre avant de se rhabiller dans un silence de plomb.
— J’espère que t’en as bien profité, car plus jamais je ne te baiserai telle une vulgaire chienne. Je te respecte, je ne serai jamais lui, ce n’est pas moi et tu le sais, déclare Adil avant de se diriger vers la porte de sortie.
Mamá contemple le sol, honteuse, les larmes coulent sur son visage. Avant de déserter la pièce, il ajoute :
— T’es tellement naïve que tu m’as brisé pour un mensonge ! Parce que pour info, ses putes, il se les tape toujours, tu as juste à visionner le mail que je viens de t’envoyer.
Puis il la laisse seule comme elle l’a perpétuellement été ces dernières années. C’est à ce moment que je décide de sortir du dressing. Je ne sais pas si je dois compatir à sa peine, ou la prendre dans mes bras. Elle a constamment soutenu mes décisions, me protégeant au maximum. Alors qu’elle est accroupie au sol, en pleurs, je ne peux m’empêcher de l’enlacer. Elle se laisse aller à de gros sanglots, avant de se calmer, tandis que j’effleure sa chevelure.
— Ça va aller maman, tu es bien plus forte que tout ça, tu mérites mieux que la vie que t’offre papá.
— Tu ne peux pas le concevoir Esperanza, ton père et moi, nous sommes liés, plus que jamais, depuis notre premier regard.
— Ne te contenterais-tu pas d’une vie saine, d’amour et de respect ? Adil est celui qui peut te la donner, pourquoi perds-tu ton temps ainsi !
— On s’aime dans la douleur ton père et moi, c’est ainsi que nous sommes puissants.
Je me relève, attrape son téléphone, puis accède à ses mails pour consulter la vidéo qu’Adil a envoyée. Papá, pas plus tard qu’hier, la veille de ses renouvellements de vœux, se tape une de ses putes sur son bureau. Quel enfoiré ! Je le déteste tellement. Je sais ce qu’elle vit car Lorenzo était exactement le même.
— Je ne sais pas ce qu’il t’a promis, mais vraiment mamá, réfléchis à deux fois avant de dire oui une seconde fois, déclaré-je en lui mettant son téléphone sous son nez.
Je m’échappe à mon tour de sa chambre et ordonne à son équipe de maquilleurs et de coiffeurs, de tout faire pour qu’elle soit épatante. Parce que peu importe ce qu’on lui dira, elle ne tiendra compte de rien, par peur de finir seule et de perdre tout ce qu’elle a. Elle sait que mon père ne la lâchera jamais, il sera sans relâche derrière elle, l’ombre qui marchera dans ses pas.
J’observe l’océan au large, tandis que Yelmani m’enlace, son menton posé sur mon épaule, ses mains sur notre futur bébé. Tout est en train d’être préparé pour ce soir, qui s’annonce être une fête immense. Mon géniteur doit sûrement se trouver dans une autre maison du coin. Tant qu’il n’est pas là, nous pouvons nous câliner librement.
— À quoi rime toute cette mascarade, me chuchote-t-il.
— À prouver sa supériorité aux yeux de tous, qu’il a beau faire du mal autour de lui, il demeure le roi.
— J’aimerais tant nous sortir de cet enfer.
— Je ne sais pas si nous y arriverons, soupiré-je blasée de devoir élever un enfant au sein de mon clan.
— J’aimerais si tu le souhaites, dans le cas où ce bébé serait une fille, qu’on l’appelle « Amal ».
— Ce prénom a une signification ?
— Il signifie l’espoir en arabe, l’espoir d’une vie meilleure, l’espoir de vivre heureux, l’espoir comme le prénom de sa maman.
Je me retourne et étends mes mains de part et d’autre de son visage, puis viens appliquer un chaste baiser sur ses lèvres soyeuses. Il approfondit ce dernier tel un ballet lancinant et enivrant.
En observant derrière son épaule, je m’aperçois que maman nous scrute à sa fenêtre un sourire aux lèvres. Je suis heureuse et elle en est convaincue.
Après avoir passé la journée à nous faire chouchouter, nous sommes apprêtés pour la cérémonie. Les deux hommes de ma vie sont habillés dans un costume couleur champagne, comme ma robe de demoiselle d’honneur. Adil va de nouveau faire un affront à mon père, en effet, celui-ci est habillé en jean et en t-shirt noir. La couleur de la tristesse. Il est le seul à être vêtu ainsi. Lorsque je passe devant lui dans le petit salon, la bouteille de whisky en est à sa moitié, un verre à la main, le regard assassin, il fait peine à voir.
— Vous êtes prêts pour le pire jour de ma vie, ricane-t-il mauvais.
— Évitons le drame aujourd’hui, tu veux bien ? lui lance Danilo, en lui retirant l’alcool des mains.
— Laisse-moi noyer ma peine boss, lui répond-il en soufflant.
— Yel aide-moi à le relever, demande mon cousin.
Il s’exécute tandis que son bras droit râle. Les garçons le redressent et l’emmènent à l’extérieur tandis que j’attends ma mère qui va bientôt faire son apparition.
Quelques secondes plus tard, la voilà, majestueuse, dans une magnifique robe champagne qui lui moule son corps à la perfection. Ses cheveux sont relevés dans un chignon qui laisse fuir quelques mèches qui tombent dans son cou. Un maquillage discret entoure ses yeux et sa bouche est légèrement recouverte d’un rouge à lèvres bordeaux. Elle est superbe même avec les années qui l’ont fatiguée. Je m’approche d’elle et agrippe son bras pour l’accompagner jusqu’à la pergola sur la plage. Nous sortons de la maison et comme à l’époque où maman m’avait raconté leur mariage, une musique résonne. Un banquet est disposé où plusieurs serveurs patientent.
— Donne-moi du courage, ma fille.
— Tu es forte mamá et sache que je t’aime.
Au fur et à mesure que nous avançons, les invités nous scrutent avec attention. Sur le devant de la scène, mes sœurs attendent telles de parfaites demoiselles d’honneur, ainsi qu’Andrés qui est le témoin de mon géniteur. C’est un renouvellement en petit comité, juste la plus proche famille et quelques hommes de main. Quand nous passons devant Adil, il siffle et rigole tandis que Danilo tente de le calmer. Arrivées à hauteur de mon père qui est fier, je lâche les doigts de mamá pour les entrelacer aux siens. Le prêtre commence la bénédiction des époux, les lave de leurs péchés, puis bénit les alliances. Quand vient le moment des vœux, le grand Emilio prend la parole en premier.
— Alana Sanchez, ma femme, mon tout depuis plus de vingt ans. Nous avons traversé tellement d’épreuves toi et moi. Là où plus d’une aurait craqué, toi, tu es restée. Tu es la force de notre famille, notre mère à tous, le pilier de nos fondations, parce que sans toi, je m’effondrerais. Il est clair que je n’ai pas toujours été un mari exemplaire, un homme patient, tendre et fidèle. Je t’ai blessée, malmenée à plusieurs reprises et devant Dieu, je te demande pardon pour toutes mes faiblesses. Pardonne-moi d’avoir été le pire des époux, mais n’oublie pas nos moments délicieux. Tous ces rires insensés, ces instants d’amour, ces épreuves où dans la douleur nous nous retrouvons pour ne faire plus qu’un. C’est ainsi que l’on s’aime, dans la violence. Nous ne sommes pas comme tous ces autres gens, nous menons une vie hors du commun et sans toi à mes côtés, elle n’aurait aucune saveur. Je t’aime Alana, tu es ma reine et personne d’autre ne me comble autant que toi. Acceptes-tu de renouveler nos vœux pour le pire, mais aussi pour tous ces à-côtés qui nous rendent heureux ?
Des applaudissements pour le discours de papá se font entendre. Il y est allé fort et mamá pleure comme une enfant. Elle essaye de maîtriser son souffle afin de lui répondre calmement et de prêter serment devant Dieu.
— Emilio, qui aurait cru que vingt ans plus tard nous serions de nouveau réunis. Si on m’avait montré ce que mon quotidien deviendrait, j’aurais pris mes jambes à mon cou et me serais enfuie. Mais me voilà ici pour m’unir à l’homme qui a fait de ma vie un enfer. Oui Monsieur Sanchez, nous avons vécu des instants magiques, les souvenirs resteront gravés à jamais, tout comme ceux où tu m’as détruite. Pendant tant d’années et à de nombreuses reprises, j’ai été ta marionnette, tout en espérant un changement de ta part, mais tu n’as été que désillusion. Ce matin, j’étais encore prête à te dire oui. Il y a quelques jours, on s’est promis des choses et j’ai respecté ma part du contrat, mais la pute que tu t’es tapée dans ton bureau hier soir a fini de m’achever. Alors, oui, c’est vrai, les épreuves que l’on a traversées ensemble furent difficiles et je m’en suis relevée, bien plus forte et courageuse. C’est ainsi que devant tout ce monde, j’ai l’audace de mettre un terme à toute cette mascarade. Je t’aime Emilio et ce jusqu’à la mort, mais tu ne peux plus me traiter comme un vulgaire chiffon. On a connu un amour, un feu intense, une passion dévorante, mais aujourd’hui devant tous ces témoins, je t’implore juste une chose : ma liberté !
C’est sous le choc et dans un silence de plomb, que mamá quitte l’estrade sous les yeux éberlués de tous. Après quelques secondes, papá tente encore une fois de sauver son honneur.
— Votre mère a toujours eu un sale caractère ! Elle va revenir, je la connais ! ricane mon père dans l’incompréhension la plus totale.
Voyant qu’elle ne fait pas demi-tour, il se met à hurler son prénom tandis que Danilo s’empresse de courir après elle pour assurer sa protection. Mon géniteur vient de se prendre la honte de sa vie, devant notre famille, il ne laissera pas passer cela. Je me décide donc à marcher dans leurs pas, suivie de Yelmani et d’Adil. Lorsque nous arrivons dans la petite maison, j’entends papá tout casser au loin sur l’estrade. Sa rage le consume, Andrés essaye de le maîtriser. Ce n’est plus qu’une question de minutes avant qu’il ne débarque ici. Danilo exfiltre ma mère grâce à Adil qui a repris ses esprits, redoutant de voir la femme de sa vie mourir sous ses yeux. Elle s’échappe le plus vite possible de la demeure.
Quand mon père nous rejoint, fou de rage, il hurle le prénom de mamá.
— Elle est partie, c’est fini, lui indique Dani.
— Avec ton bâtard, lui hurle-t-il dessus.
— Il est en charge de sa sécurité, mais ne t’en fais pas, elle ne veut pas de lui, tu n’as pas gagné et Adil non plus ! Échec et Mat ! Vous l’avez perdue tous les deux.
— Je dois lui parler, me demande mon géniteur à bout de nerfs.
J’hésite puis prends la décision de laisser mamá gérer son couple.
— Son téléphone est ici, elle ne l’a pas pris, je suis désolée papá. Pose-toi. Demain, nous rentrerons et vous discuterez dans le calme. Tu sais bien qu’elle t’aime, elle reviendra, elle revient hélas systématiquement.
Sur ces paroles, il sort attrapant au passage la même bouteille de Whisky qu’Adil avait tout à l’heure. Ironie du sort ou pure coïncidence ?
La soirée se passe dans un calme olympien. Mon père boit encore et encore, les jumelles jacassent tandis qu’Andrés est parti dans un club de mon paternel pour se serrer de la nana.
C’est fatiguée que je décide d’aller me coucher vers vingt-deux heures. En sous-vêtements dans mes draps, je repense à la bravoure de ma mère qui a décidé de mettre un stop à toute sa vie. Je ne sais pas comment nous allons gérer tout cela en rentrant, c’est l’anarchie. Plus nous avançons et plus le futur s’annonce sombre. Alors que je suis perdue dans mes pensées, je sens le corps ardent de Yel se placer dans mon dos. Nu comme un ver, je sens son érection se presser contre mes fesses.
— Mon père est là, l’informé-je.
— Il n’est pas en état de bouger de son siège.
Il enflamme chaque parcelle de mon corps, ce qui me procure une avalanche de frissons. Puis doucement, il se cache sous la couverture pour venir lécher mon entrejambe qui le réclame. Avide de désir, j’ai du mal à contenir mon plaisir. Pour mon confort, je me place à genoux pour mieux sentir sa pénétration, ainsi en levrette, il se laisse aller au plaisir. Danilo arrive à son tour et la scène que nous lui offrons l’excite au plus haut point.
— Continue de la baiser, déclare ce dernier à Yelmani, en retirant ses habits.
Il caresse sa verge, de bas en haut en nous observant, puis il s’approche et je le prends dans ma bouche tandis que le premier poursuit en me pilonnant.
— OH… ouais baby girl, vas-y, avale-moi, susurre-t-il.
Ses mains agrippent ma chevelure pour m’imposer son rythme. À bout, mon orgasme éclate, Danilo se retire puis éjacule sur mon visage. En pleine redescente de l’extase, nous sommes surpris lorsque la lumière s’allume d’un coup et que mon père apparaît, la mine tirée. La peur s’immisce en moi, il n’acceptera pas cette trahison de plus.
— Moi qui pensais avoir vécu le pire aujourd’hui, voilà que je tombe sur vous trois en pleine partouze. C’est quoi ce putain de bordel ?! hurle-t-il en titubant, saisissant une lampe de chevet qu’il éclate au sol.
Vu dans l’état dans lequel il se trouve, Danilo et Yelmani n’ont pas de mal à le maîtriser et à le sortir de notre chambre. Apeurée, je me cache sous les draps. Quand ils réapparaissent tous les deux, ils me rassurent en me disant contrôler la situation. Ils verrouillent notre porte à double tour et calent un meuble devant au cas où. J’ai peur, mais Danilo me protège davantage. Tous les deux caressent mes cheveux jusqu’à ce que je trouve le sommeil.
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