Trafic (Tome3) (French Edition)

Jessie Auryann · Chapitre 36 sur 49

Pages du PDF

Trafic (Tome3) (French Edition)

Chapitre 32

Prise de pouvoir nécessaire

[Danilo]

 

J’ouvre mes yeux sur ce qu’il y a de plus beau dans ce monde de merde. Son petit nez me donne envie de lui croquer. Elle ronchonne en se tournant m’offrant encore une merveilleuse vue. Cette fille a le plus beau cul de toute la planète et je ne peux m’empêcher de poser ma main dessus. Cette nuit, Yelmani est enfin de retour dans notre planque pour le plus grand bonheur d’Esperanza qui s’est endormie à ses côtés après qu’il se soit occupé de son plaisir. Le mien est toujours bloqué et si mon érection matinale me fait mal, je sais que dès qu’on la saisira, je débanderai. Des images se bouleversent dans ma tête quand deux billes bleues me percutent. Il mime un non de la tête comme pour m’éviter de replonger, mais c’est trop tard.

— Fais chier !

Je me tire prendre une douche et me casse de mauvaise humeur. Je décide de rejoindre Adil au bunker qui s’éloigne autant que possible d’Alana. Ma moto vrombit mais d’un coup, je me rends compte que je suis suivi par une voiture. Ne supportant pas sa défaite, Emilio espère toujours découvrir la cachette de Dayana. J’accélère et appelle mon bras droit à la voix lasse.

— Je suis filé, je vais au parking. Adil j’ai besoin de toi !

— Ok, promène-les un peu avant.

Je leur fais faire le tour de Medellín et m’amuse à prendre des ruelles qu’une voiture ne peut pas emprunter. Je leur montre mon majeur et repars de plus belle.

— C’est bon, tu peux y aller, m’indique mon bras droit dans les hauts parleurs de mon casque.

— Alors c’est parti.

Je roule jusqu’à un parking couvert de quatre étages suivi par trois berlines. À chaque palier, deux bécanes me rejoignent. Quand nous sortons de l’obscurité, nous sommes dix motos totalement identiques. Je me fonds parmi elles et les conducteurs derrière nous pètent un câble ce qui j’avoue, m’amuse beaucoup. Nous prenons des rues étroites et nous les semons petit à petit. Lorsque j’arrive à la planque, Adil est en pleine conversation.

— C’est bon, tu confirmes ? Ok, impecc. Attends les ordres et tiens-toi prêt à décoller si besoin.

Il raccroche et me checke mollement.

— Pratique cet hélico, clame-t-il en soupirant.

Ça me fait mal de le voir ainsi et j’en veux à ma tante de l’avoir anéanti, surtout pour un monstre. Je n’arrive toujours pas à comprendre, surtout qu’elle semble désormais froide et sans émotion. Inutile de remuer le couteau, je préfère offrir à mon ami de quoi se raccrocher.

— T’en es où du recrutement ? lui demandé-je.

— On a triplé les effectifs et le juge est prêt.

— Et bien cette matinée n’est pas si merdique.

— Si tu le dis.

Je m’avachis sur le canapé et me prépare une ligne.

— Ce n’est pas comme ça que tu vas bander.

— Ah non, pitié pas de remontrances de bon matin.

— T’as réfléchi à la proposition de… ?

Il est incapable de prononcer son prénom.

— Voir un psy ? Non mais tu crois vraiment que c’est le moment ? Il prendrait ça pour de la faiblesse. Je vais bien finir par réussir à bander plus de trente secondes !

Mon bras droit émet une sorte de ricanement.

— Y a rien de drôle, Adil.

— Je sais, c’est juste que tu me rappelles ton père.

— Il ne devait pas avoir de problème, lui.

— Détrompe-toi. Ta mère l’a castré un jour.

Je le regarde et il finit par éclater de rire sous l’éclat de sa mémoire.

— Tu sais entre eux c’était… sauvage. Sauf que pendant deux semaines, impossible pour lui de bander. Il était fou de rage, s’énervait et restait focalisé là-dessus.

— Et il a fait comment pour que ça passe ?

— Ta mère. Elle l’a menotté et branlé jusqu’à obtenir ce qu’elle voulait et je peux te dire qu’elle savait être patiente. On ne les a pas vus pendant trois jours, se gausse-t-il plongé dans ses souvenirs, s’éloignant de sa triste réalité.

— Ouais, bah Esperanza n’a pas intérêt à m’attacher, la dernière fois ça m’a coûté… bref.

La tentative d’Adil pour m’aider échoue et en plus ma mauvaise humeur est de retour.

— Tu prépares les gars, on y va, déclaré-je.

— Maintenant ?

— On va au Céani ! Dépêche !

Il ne comprend pas encore pourquoi, car à cette heure-ci c’est fermé. Lorsque j’arrive, les hommes de mon oncle font leur ronde et s’étonnent de me voir débarquer avec une partie de mon armée. Je sais qu’il n’y a ni serveuses, ni putes.

— Nettoyez-moi les lieux, ordonné-je d’un ton froid.

Adil soulève un sourcil interrogateur.

— C’est chez moi ici, affirmé-je.

Il lève les mains comme pour se rendre pendant que les corps tombent sous la fusillade. Je déteste la violence, mais là, je n’ai plus vraiment le choix. Cet endroit a été conçu pour ma mère, c’est donc mon héritage, il me revient. Adil suit de près l’avancée de mes hommes et m’indique qu’on peut y entrer. À l’intérieur, une dizaine d’hommes sont à genoux, les mains derrière la tête.

— Tu veux reprendre ce qui est à toi, alors vas-y, me lance mon bras droit qui sait que je déteste tuer.

Je sais très bien pourquoi il fait ça. Si assassiner des hommes de main me bloque, alors buter cet enfoiré sera encore plus dur.

— Pardonne-moi mamá.

Je sors mon couteau offert pour mes dix-huit ans. D’un simple geste, je tranche la tête des prisonniers qui tombent les uns après les autres. À la fin du rang, j’essuie ma lame sur Adil.

— Satisfait ?

— Je pensais plus à une balle, j’te préviens je ne fais pas le ménage.

— Te voir avec un balai, je crois que je suis prêt à payer pour ça.

— T’as pas les moyens, j’te le dis.

Je retrouve ma bonne humeur et nous allons dans la salle de réunion pour accueillir le juge.

— Señor, me salue-t-il.

— Juge Savonni.

Si mon oncle pensait tenir tous les juges de notre pays, il se trompe. Celui-ci lui en veut après que ses deux filles aient été forcées à baiser comme des putes de luxe.

— Toutes mes excuses de vous inviter pendant que je réagence le Céani, mais je voulais qu’on en finisse au plus vite.

— Oh… euh… oui ce n’est pas grave. J’ai tous les papiers pour votre changement de nom. Désormais, vous vous nommez Danilo Florès.

— Parfait. Et sinon ?

— D’après mes recherches, il y aurait des comptes dans plusieurs paradis fiscaux, tout est ici.

Il me glisse un dossier qui contient des informations confidentielles sur une partie de la fortune de mon oncle.

— Dedans, vous avez aussi les éléments concernant l’école éducative expérimentale qu’il a fait construire, il y a plus de dix ans. Deux-cent-cinquante enfants sont détenus là-bas. Il y en a trois autres en préparation pour cette année. C’est une catastrophe.

— On les détruira, assuré-je.

— Et pour mes filles ? demande-t-il d’une voix inquiète.

— Elles vous attendent chez vous.

Il me regarde abasourdi en tremblant. Adil passe un appel.

— Passe les petites, ordonne-t-il.

Dans le haut-parleur on entend du bruit et une voix fébrile s’exprime.

— Papá ?

— Célia ! Oh mon amour, comment vas-tu ?

— Je vais bien et Béa aussi. C’est fini ?

— Oui mon bébé, c’est terminé !

Il nous regarde pour qu’on le lui confirme, mais oui, elles vont pouvoir retrouver leur liberté.

— Vous pouvez quitter la Colombie, mes hommes vous escorteront jusqu’au Chili, l’informé-je, fier de foutre des bâtons dans les roues de mon oncle. Il va être dingue et j’adore ça.

— Merci, mille fois merci ! répète-t-il.

— Je vous en prie, vous m’avez rendu un grand service.

Nous le faisons raccompagner et trinquons à mon nouveau nom.

— Il va débarquer, tu en as conscience ? me lance Adil.

— Ouais et je saurai l’accueillir. J’aimerais que tu me ramènes tous les employés qui bossaient ici.

— Tu veux dire ceux qui sont encore vivants ?

— Ouais et commande un truc à manger j’ai grave faim.

On m’apporte un petit déjeuner et en début d’après-midi, le Céani est nettoyé, bien que les murs soient encore marqués par les balles. Lorsque je descends, les salariés sont sur la piste de danse, attendant mon arrivée.

— Bonjour. Avant toute chose, sachez que j’ai repris le Céani et que mon oncle n’a plus aucun droit de mettre les pieds ici. Vous avez donc deux choix possibles. Travaillez pour moi, ou… repartir libres. Mesdemoiselles, je sais à quel point vous avez été malheureuses ici et je vous prie d’accepter mes excuses. Vous serez évidemment dédommagées financièrement afin de vous offrir un nouveau départ. Quant à vous messieurs, vous aurez une prime de licenciement si vous ne souhaitez pas travailler pour moi. Ceux qui voudront rester, sachez que ça sera dans la légalité. Un contrat, un salaire décent et une protection pour vous et vos familles. Je prends aussi à ma charge vos frais de santé et la scolarité de vos enfants. Tout ceci contre votre loyauté la plus totale.

Ils se regardent tous, comme si ce que je venais d’annoncer était scandaleux.

— Quant à vous Mesdames. Ce ne sont plus les clients qui décideront de prendre votre corps, mais vous qui accepterez de leur offrir. Avec une surprime et la protection pour que l’on respecte vos envies avec une obligation d’un plaisir partagé. Vous aurez là aussi un contrat, avec des horaires et un salaire décents, ainsi que le droit à des jours de repos.

Elles s’observent et leurs visages s’illuminent. Je sais que certaines partiront, mais d’autres aiment le sexe et ne désirent qu’une chose, c’est de baiser dans la sécurité.

— Pour ceux qui ne souhaitent pas continuer avec moi, vous êtes libres de partir. Une liasse de billets vous attend à la sortie. Pour les autres, vous pouvez prendre congé, le Céani a besoin de quelques travaux. Des questions ?

Une fille lève la main et j’acquiesce de la tête.

— Seriez-vous par hasard un cœur à prendre, señor Sanchez ?

— Je ne veux plus entendre ce nom. Je me nomme Florès.

— Toutes mes excuses, je ne savais pas.

Je vois qu’elle perd de son assurance, habituée à trinquer quand elle fait une erreur.

— Désolé, mais les questions d’ordre personnel n’ont aucun intérêt et ne concernent que moi.

Elle m’envoie un regard qui en dit long. Si elle savait que je suis devenu impuissant, elle reverrait ses envies sur le champ.

— On a de la visite, chuchote Adil à mon oreille.

Afin d’éviter un bain de sang, les employés sont invités à sortir par le souterrain.

— Dites-moi quand il sera là.

— Sécurisez la zone et attendez mes ordres, ordonne mon bras droit qui coordonne nos équipes.

J’avoue que la tension monte d’un cran. Je ne sais pas ce qu’il prépare contre moi, mais une chose est sûre, c’est qu’il veut ma peau. On m’indique que c’est le moment et je sors pour rejoindre celui que je déteste le plus. Il est accompagné d’Andrés comme pour me montrer qu’il est de son côté et d’une armée d’hommes prêts à tirer, inspectant les deux tas de cadavres disposés sur le parking.

— Danilo, tu veux vraiment une guerre entre nous ?

— Tu ne me laisses pas le choix.

— Exact. Il est temps d’arrêter tes conneries et de revenir dans les rangs. Je ne vais pas te mentir, ça me contrarie de devoir te reprendre en main, mais là… tu vas trop loin ! s’ énerve-t-il.

— Calme-toi Emilio, tu perds ton sang-froid et ça ne fait qu’égratigner une fois de plus ton image de chef.

— Ne me pousse pas à bout Danilo, tu risques de le regretter.

Je m’avance pour me mettre face à lui. Ses hommes me mettent en joue, mais il leur indique de baisser leurs armes.

— Dani, arrête de déconner, me conseille mon cousin.

— Ne te mêle pas de ça Andrés.

— Je n’ai pas le choix.

— Viens avec moi et tu l’auras, craché-je.

Mon oncle se marre, car il sait que son fils marchera toujours dans ses pas. Je le fixe de nouveau et nos regards se défient.

— Écoutez, les journalistes se ramènent là, c’est nos affaires privées ! Vous ne voulez pas plutôt parler à l’intérieur ? Dani, s’il te plaît ? Pour moi mon frère, je n’ai pas envie d’être encore à l’affiche, réclame mon cousin qui tente de démêler la situation qui est plus que critique.

Le sourcil de mon oncle se soulève, la balle est dans mon camp.

— Ok, mais eux ils restent là et tu seras fouillé et désarmé, clamé-je au dragon.

— Ça se saurait si j’avais besoin d’arme pour neutraliser un ennemi, réplique-t-il avec un sourire méprisant.

J’accepte qu’on soit à huis clos et comme prévu il rentre sans armes et sans hommes. Andrés et Adil nous suivent et c’est à quatre que nous prenons place autour de la table de réunion. Mon oncle est toujours très droit et attend quelque chose.

— De mon temps, on servait un verre et un cigare, crache-t-il.

— Tu n’auras rien, alors oublie.

— Tu sais Dani, si tu veux être un mafieux, va falloir connaître quelques codes.

— Mais je ne veux pas être un trafiquant alors tes petites habitudes, tu sais où tu peux te les mettre.

Je vois qu’Andrés est anxieux alors qu’Adil compte les points, ne souhaitant désormais que la mort de celui qui lui a pris la femme de sa vie.

— Je n’ai pas le cul assez élargi pour ça.

— Tu devrais essayer Loulou, il le fait parfaitement.

— Je sais, j’étais là je te rappelle.

— Stop ! intervient d’un coup Andrés.

On le regarde alors qu’il vient de frapper un grand coup sur la table.

— Vous n’en avez pas marre sérieux ? On est de la même famille !

— Non, je n’en fais plus partie.

— Cette famille, c’est celle de ton père, gronde Emilio piqué.

— Mon père a été adopté, heureusement pour lui, il n’a pas le sang pourri des Sanchez.

Ma colère me fait parler un peu trop vite et mon cousin me le rappelle.

— Pour ton souvenir, j’ai ce sang-là qui coule dans mes veines et Esperanza aussi !

— Ouais et si elle pouvait le retirer, crois-moi elle le ferait.

Mon oncle s’agace et la tension monte.

— Bon, tu veux quoi Danilo ? me demande-t-il hargneux.

— Ta mort.

Il éclate de rire.

— Je n’ai pas prévu de mourir, surtout pas maintenant qu’un enfant arrive et que mes affaires vont enfin porter leurs fruits. Autre chose ?

— Tu ne t’en prends plus à Esperanza.

— C’est ma fille, j’en fais ce que j’en veux.

Andrés soupire.

— Et si on décidait de faire une trêve quand on est sous le même toit ? Le business et les conflits restent en dehors et à la maison, on est une famille. Espe va avoir besoin de calme et de se sentir en sécurité. Papá, on peut au moins lui offrir ça, non ?

Emilio prend un temps de réflexion et moi aussi. Je regarde Adil, qui me fait signe que c’est plutôt une bonne idée. Après tout, il va nous falloir un peu de temps pour enquêter et trouver un moyen d’arrêter ses ignobles combines.

— Ça me va, mais le Céani reste à moi et je ne veux personne de ton clan ici, lâché-je en fixant mon oncle.

— D’accord.

— Et Yelmani revient à la maison.

— Tu abuses de ma patience là... C’est ok, mais c’est ma dernière faveur, soupire-t-il quand il remarque que je ne lâche pas.

— Et quand on est sous le même toit, on se supporte pour les femmes et le bébé.

— Ça me va, mais je vous veux tous à mon renouvellement de mariage, évidemment, toi aussi, énonce-t-il en regardant Adil.

— J’y serai, je compte bien récupérer ta femme.

Emilio se lève et Adil se positionne devant lui prêt à se battre pour Alana.

— Stop, on est là pour trouver une solution, intervient Andrés qui joue les arbitres.

— Ce n’est aucun de vous qui décidera, je pense que ma tante saura faire le bon choix, je lui souhaite, répliqué-je.

— Alors, je n’ai plus qu’à te dire, vingt heures ce soir pour le repas familial, conclut mon oncle en me tendant la main.

— J’y serai, en lui serrant assez fort pour qu’il comprenne que je suis de taille.

On les raccompagne et lorsque nous sortons, des journalistes nous sautent dessus.

— Señor Sanchez, est-il vrai que des tensions existent entre vous et votre neveu ?

— Dans une famille, il y a toujours des désaccords, mais la communication est la clé, répond-il en posant une main sur mon épaule.

Après plusieurs autres questions, nous repartons chacun de notre côté et je file vite rejoindre celle qui m’attend.

— Dani !

Elle se jette à mon cou et se met à pleurer. Je fronce des sourcils pour interroger Yelmani.

— Elle a vu le direct à la télé.

— Je vais bien. On a discuté, c’est tout baby girl.

— De quoi ? Dani, tu ne vas pas bosser pour lui ou épouser je ne sais qui, hein ?

— Mais non, on va juste faire une trêve quand on est ici, pour Alana, le bébé et toi. C’est notre guerre, pas la vôtre. Alors on laisse les conflits dehors et ici on se supporte.

— Bah moi je n’ai pas envie de lui parler, pas après le mal qu’il a engendré.

— Rien ne t’y oblige, bébé.

Le soir, le dîner est plutôt silencieux et ça me va très bien. Lana et Malia nous parlent de leur tenue pour le grand jour et de déco pour les tables. C’est hypocrite au possible, mais ça permet d’éviter de s’entretuer. Emilio se tire sans un regard pour sa femme alors qu’Adil crève à petit feu. Le cœur meurtri, il tente de s’approcher d’elle, mais c’est sa froideur qu’il récolte.

— Al… arrête, t’es en train de m’achever.

— Je n’ai plus rien à te dire Adil. J’aimerais qu’on sente moins la présence de tes hommes Dani, m’envoie-t-elle sèchement.

— Tía, c’est une question de sécurité.

Elle s’approche de moi avec son regard noir.

— Ici, c’est ma maison, mes règles et comme tu peux le voir, mon mari a accepté de retirer les siens alors je compte sur toi pour faire de même.

— Je n’ai pas envie de me battre avec toi. Je ne sais pas ce qu’il t’a mis dans la tête, mais je te promets que tu retrouveras ta liberté et l’amour de ta vie.

— C’est déjà fait, vire-moi ça ! crache-t-elle en regardant Adil qui se barre à cause de la cruauté de ses mots.

J’essaye de le rattraper, mais il se sauve bien trop vite.

— J’ai besoin de marcher un peu, tu viens ? me propose Esperanza en glissant sa main dans la mienne.

J’accepte et on va se balader avec Yelmani dans le jardin jusqu’à ma cabane où l’on regarde les étoiles de plus près. Je gratte quelques accords de guitare puis nous entrons dans la chambre d’Espe. Après quelques baisers qu’elle nous offre, on l’allonge pour la caresser. Si je n’ai aucun mal à le faire, par contre quand elle me touche, j’arrête sa main.

— Baby boy, susurre-t-elle sur mes lèvres.

— Je ne peux pas.

— Laisse-moi t’aider.

Les paroles d’Adil tournent en boucle dans ma tête et je prends sur moi pendant qu’elle déboutonne mon jean. Je vire mon tee-shirt pour récolter ses baisers et me retrouve à poil devant elle, agenouillée désormais. Le seul problème c’est ma queue qui refuse de se dresser. Elle me lèche, palpe mes couilles et les mauvais souvenirs me reviennent.

— Reste avec moi, Dani.

— C’est trop dur.

Ma baby girl me sourit et continue à tenter de réparer ce que son père a abîmé. Je finis par m’allonger et profite de cette pipe inutile, mais très agréable. Toutefois, j’indique à Yel de s’occuper d’elle, car il est hors de question qu’elle ne profite pas. Il lui glisse ses doigts et elle gémit sur ma queue qui se réveille un peu.

— Continue, murmuré-je alors que le plaisir monte le long de ma tige.

Tout doucement elle reprend vie et se met droite quand je vois Yelmani lui mettre du lubrifiant pour la prendre par derrière. Ses yeux se plissent et elle se cambre davantage. Oh merde, cette fille est vraiment bandante !

— Viens, baby girl.

Yelmani la libère et je l’attrape pour la poser rapidement sur mon membre avant qu’il ne décide de m’abandonner.

— Oh ! grogné-je sur ses lèvres.

Elle bouge son bassin tout en branlant son autre mec qui finit par lui gicler sur les seins. J’agrippe les fesses de ma belle et titille son trou déjà bien ouvert.

— Fais-le durcir, je veux le sentir en toi.

Immédiatement elle s’occupe de lui pendant qu’elle continue à onduler sur moi. Je serre les dents pour contenir mon jus, qui réclame à sortir.

— Putain, vite ! Baise-la !

Il se positionne et quand il la pénètre enfin, elle se couche sur moi pour étouffer son cri. On la fait gémir et je suis le premier à éjaculer. Les jets sont puissants et longs, je crois même qu’elle a un peu mal car son visage se crispe. Quelques minutes après moi, c’est Yelmani qui la remplit.

— Putain j’adore notre trio, balance-t-il essoufflé.

— Grave, ça m’a trop manqué vous n’imaginez même pas.

— Je vous aime, déclare Esperanza entre nous.

On lui retourne notre amour par des baisers, des mots doux ou des câlins. D’un coup, elle sursaute. Elle attrape nos mains et les pose sur son ventre.

— Vous sentez ?

— Euh non, déclare-t-on en cœur.

— Si, là, ça fait comme des petites bulles. Il bouge ! Notre bébé, je le sens, s’exclame-t-elle heureuse.

Le reste de la soirée se passe à tenter de percevoir un mouvement, mais c’est encore trop tôt. On lui fait l’amour, espérant le sentir de l’intérieur, en vain. C’est très frustrant et je crois que c’est la première fois que j’aimerais être une femme. Ceci dit quand je croise le regard brisé de ma tante, je préfère être à ma place.

OceanofPDF.com