Trafic (Tome3) (French Edition)

Jessie Auryann · Chapitre 14 sur 49

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Trafic (Tome3) (French Edition)

Chapitre 10

De la recherche à la découverte

[Danilo]

 

On s’installe dans ma chambre et on déroule une carte sur le mur. Je sais que ma mère faisait parfois ça quand il fallait retrouver quelqu’un. Mamá était de la police, elle traquait entre autres les trafiquants cachés derrière leur écran bien que ses nuits se passaient auprès de mon père. Je n’ai jamais compris son incohérence, à croire que l’amour peut nous pousser à vendre notre âme au diable. Afin de chercher Esperanza, nous pointons les pays déjà explorés et commençons à évoquer quelques trajets plausibles.

— Elle a pu passer par la France puis l’Angleterre et... non, ça ferait trop loin, affirmé-je déterminé à retrouver ma cousine.

— Sinon par la Suisse, elle remonte par l’Allemagne…

— Lorenzo a des contacts là-bas, elle ne prendrait pas ce risque.

— Elle n’en sait rien de ça ! C’est qu’une femme, elle ne réfléchit pas comme nous, râle mon cousin.

Sa vision de la gente féminine est complètement faussée par son éducation. Faut dire qu’il a été élevé à la dure en terme d’amour. La seule femme qu’Andrés a aimée, son père l’a baisée pour lui montrer qu’elle n’était qu’une chienne comme les autres. Forcément, il est difficile ensuite d’avoir une bonne image des demoiselles.

— Putain, mais quand je vais la choper, elle va manger, ça, je te le garantis ! ronchonne-t-il excédé.

— Eh ! Tu ne sais pas pourquoi ta sœur est partie ! Bon la France, on oublie et l’Allemagne aussi. Elle est intelligente, c’est bien trop proche de l’Italie et Lorenzo l’aurait chopée.

— La Chine ? Si faut, cette conne est partie se taper Bouddha, ricane-t-il.

— Tu peux être sérieux deux secondes ?

— Je n’ai pas envie putain ! Elle me casse les couilles, j’ai autre chose à foutre !

— Plus vite tu m’aides, et plus vite, on la retrouve.

Il grince des dents, mais s’y met. On fait des suppositions, passe des coups de fil, mais personne n’a vu Esperanza. Les caméras des aéroports et des ports nous sont envoyées, mais en vain.

— Et si elle se trouvait justement dans un pays que Lorenzo gère ? déclaré-je presque sûr de moi.

— Bien qu’elle soit conne, là faudrait être suicidaire, pourquoi elle ferait ça ?

— Parce qu’on n’irait pas la chercher dans les pays de contact de son mari.

— Tu la crois si maline ? De toute façon, il a ratissé.

Mierda !

Après des heures à nous creuser les méninges, on finit par avoir besoin d’une pose.

— Allez me chercher des filles, faut que je me vide, lance Andrés à ses hommes.

— Désolé, señor, votre père, a interdit tout divertissement tant que la

señorita[37] n’est pas de retour.

— Quoi ! Mais…

C’est du grand Emilio, faut toujours qu’il contrôle tout. Mais il y a une chose que je ne supporte pas, c’est qu’il puisse croire me foutre une laisse.

— Oublie, on va se poser à côté de la piscine.

On s’assoit et Adil vient nous rejoindre. Je remarque immédiatement que quelque chose ne va pas, même s’il se cache derrière ses lunettes de soleil.

— Un problème ? demandé-je soucieux.

Il soupire. Je lui indique de me suivre jusqu’à la cabane pour qu’on puisse discuter. C’est le seul endroit de cette baraque où on est tranquille.

— Bon, allez, dis-moi. Tu t’es engueulé avec Alana ou quoi ?

Le nom de ma tante a l’air de l’impacter. Bordel, qu’est-ce qu’elle a foutu ? J’espère qu’elle n’a pas rompu, il ne le supporterait pas.

— Adil ?

— Elle… Elle a renouvelé ses vœux de mariage avec lui.

— Quoi !

— La cérémonie sera pour dans quelques mois quand ils annonceront la grossesse d’Esperanza.

— Elle est enceinte ?!

— Elle le sera.

C’est quoi encore ce foutoir ! Pourquoi Alana aurait accepté de se remarier ? Et que vient foutre ma cousine dans cette histoire !

— Tía a dû être menacée, répliqué-je ahuri.

— Non, elle a accepté de son plein gré, j’ai vu la vidéo. Il lui a proposé de signer son divorce ou de renouveler ses vœux. Elle a choisi. Je sais qu’elle l’aimera jusqu’à la fin de sa vie, je l’ai toujours su, mais… j’en souffre tellement.

Je place une main sur son épaule en guise de soutien.

— J’aimerais démissionner, Dani, me balance-t-il d’un coup.

— Quoi ? Mais…

— T’es adulte, je t’ai tout appris, je ne te sers plus à rien.

— Sans toi, je serais mort ! T’es… T’es tout ce qu’il me reste de mon père. Ne m’abandonne pas Adil.

Mes mots sont étranglés par ma panique et ma peine.

— C’est trop dur, continue-t-il dans sa folie.

— S’il te plait, je n’ai que toi.

— Je ne suis que ton bras droit.

— C’est faux, t’es mon ami, mon père de substitution, mon frère. Putain, je t’aime.

Il m’attrape par la nuque et me fait une accolade.

— Je suis encore sous tes ordres.

— Alors je t’ordonne de rester auprès de moi.

— À vos ordres, señor Sanchez.

— Florès… Je ne veux plus porter ce nom même si c’est celui qu’il y a sur mes papiers.

Il me regarde durement.

— Ne renie pas ton père !

— Il n’en était pas un. S’il avait pu, je suis persuadé qu’il aurait préféré porter le nom de ma mère.

— Possible en effet, se calme-t-il.

Je suis toujours aussi impressionné de le voir si loyal envers mon géniteur. Il l’a en adoration et je sais que s’il reste, c’est pour ne pas briser sa promesse. Nous discutons encore un peu puis repartons dans nos activités. Après quelques heures à se prendre la tête avec mon cousin, j’envisage une décision.

— C’est bon j’en ai marre de jouer l’esclave, viens, on bouge, déclaré-je à bout de force.

— Mon père ne nous laissera pas nous barrer.

— Si.

J’indique à Andrés de me suivre et nous sommes interceptés par les clebs de mon oncle. C’est vraiment pire que la gestapo ici.

— On a peut-être une piste ducon, alors soit tu me laisses passer, soit je dis à ton abruti de patron qu’on n’a pas pu retrouver Esperanza par ta faute. Tu choisis quoi ? balancé-je au gorille devant moi.

Il finit par se décider et nous prenons la voiture jusqu’au Céani. On se faufile par la porte de derrière et je choppe une fille au passage. À peine arrivés, Andrés se jette sur elle. Il l’allonge sur le lit, et on se déshabille. Elle se mord l’ongle de son index, impatiente d’être à notre service. Je commence par la caresser pour qu’elle mouille pendant que mon cousin s’enfonce dans sa bouche. J’avoue que j’ai un petit faible pour les plans à trois, c’est deux fois plus de plaisir pour la demoiselle et un bon moyen de l’épuiser rapidement.

— Va te foutre sur Dani, lui ordonne-t-il.

Je me pose sur le lit, et l’attrape pour qu’elle m’enjambe. L’enjoleuse n’a pas encore ma queue que celle d’Andrés la fourre sauvagement. Elle pousse un cri et je frictionne vite son clitoris pour que le plaisir prenne la place de la douleur. Très rapidement, ses gémissements résonnent et je la sens se tremper. Elle pose sa tête sur mon torse, essoufflée par ce que lui inflige son boss.

— Fourre-toi sa bite, dépêche ! braille-t-il excité.

La fille obéit et me coulisse entre sa fente. Je la maintiens par les hanches pour la soulager de la pression qu’il lui impose. Elle prend appui sur mes abdos et se met à onduler. Andrés lui attrape les poignets qu’il maintient dans son dos, si je la lâche elle s’empalera sur ma queue alors je dois rester vigilant. Il la force sur moi, et je sens mon gland s’écraser au fond de sa chatte. Elle grimace et mon cousin a ce sourire sadique. Il aime martyriser les filles alors que je déteste ça.

— Oh ! Mon ventre ! pleure-t-elle.

Je sens ma tige forcer et je vais finir par m’enfoncer dans son bide si ça continue. Il la secoue tellement que l’inévitable arrive. Elle se fige sous le choc de l’insertion, son corps tremble et là, j’ai plus qu’à me vider si je ne veux pas tout lui arracher en me retirant. Le seul souci, c’est que j’adore la sensation de me sentir coincé. Mierda pas ça ! Elle hurle, pleure et implore, mais je bande comme un fou. Elle finit par s’évanouir sur moi sans que ça gêne Andrés qui continue de la pilonner. La pauvre revient parmi nous et il lui impose de bouger. Son ventre contre le mien, je sens ma bite bouger à travers ses chairs. De l’autre côté, c’est celle de mon cousin qui me frictionne et je commence à perdre pied. Quelque chose en moi bouillonne et je dois me battre contre, mais en vain, je vrille complètement. Je l’embrasse fougueusement, la retourne sur Andrés et sans le vouloir, je me masturbe en elle.

— Non pas ça putain ! marmonné-je pour tenter de reprendre le pouvoir.

Mais tel un possédé, je me perds et l’abîme jusqu’à jouir. Ramolli, je peux sortir d’elle et voir l’étendue des dégâts. Elle est en sang, complètement en état de choc.

— Je suis désolé ma belle, pardonne-moi.

Elle ne me répond plus et je me hais.

— Laisse-la, elle s’en remettra, elle en a vu d’autres, ricane Andrés amusé.

— Je refuse la violence ! Putain, mais pourquoi j’ai vrillé ?

— Parce que t’es comme ça mon vieux, t’aimes niquer et peu importe la manière, tu deviens un homme couz’.

Je me dégoûte, je ne suis pas ce genre de psychopathe. En rentrant, je vais voir Adil, car j’ai besoin de vider mon sac. On retourne dans la cabane de mon père pour parler.

— Je me redoute, je ne voulais pas lui faire mal, mais… c’est comme si quelque chose vivait en moi et prenait le contrôle, lui avoué-je.

Il soupire.

— Ton père avait des crises comme ça. Il nommait son autre lui : le monstre.

— Mais… comment il gérait ça ?

— Ta mère l’a dompté, je dirais, elle savait le calmer la plupart du temps.

— Et quand elle n’y arrivait pas ?

— Elle souffrait, mais ça ne la traumatisait pas vu qu’elle en redemandait, éclate-t-il de rire.

C’est bien que ça l’amuse, mais moi ça me fout la trouille.

— Donc il n’a jamais pu s’arrêter ?

— Si, quand ils t’attendaient. Ton père s’est calmé, car il n’aurait jamais voulu te blesser.

— Ouais, bah, si je dois mettre une femme enceinte pour que je redevienne normal, je peux direct me tirer une balle en pleine tête.

Il capte mon désarroi et retrouve son sérieux.

— Écoute, essaye d’écouter ton corps, ok ? Tu dois le sentir quand tu commences à t’énerver, non ?

— Ouais, mais j’ai tellement envie. Plus rien ne me retient.

Il ricane.

— T’es jeune, c’est normal, t’as les hormones qui explosent. Limite, tu aurais besoin d’un garde-fou.

— C’est quoi ?

— Une personne qui te stopperait dans tes excès de rage.

— Toi ?

Il rit à nouveau.

— Si c’est un ordre bon, j’obéirai, mais si tu peux éviter de m’impliquer dans tes histoires de cul, je t’en serais très reconnaissant.

— Ouais, ou alors je ne touche plus aucune femme.

Je soupire et il continue de se foutre de ma gueule, car c’est impossible que je devienne abstinent.

— Ton père avait des grosses crises quand il était fatigué ou stressé. La pression que t’as en ce moment sur les épaules doit expliquer ce bad trip.

— Ça me bouffe Adil, je n’arrive pas à savoir où est Esperanza, si elle va bien. Je sens qu’il y a quelque chose, je ne l’explique pas, mais…

— Tu tiens beaucoup à elle, complète-t-il.

— Tellement. Ça me rend fou qu’elle puisse appartenir à ce taré.

— Je sais, crois-moi, j’aimerais la sortir de ce merdier, ne serait-ce que pour Al, mais elle a dit oui à Lorenzo.

— Elle n’avait pas le choix ! Putain, je te jure que si jamais il lui a fait du mal, je… je le bute.

Il soupire et va fouiller dans un coffre.

— C’est sûr que ça règlerait le problème.

— Tu fous quoi là ?

— Je cherche un truc. Ah, la voilà. Salut ma jolie.

Il sort un vieux chiffon.

— Un cadeau de ton père, que j’ai amené ici à sa mort et je ne l’ai plus jamais retouché Aujourd’hui, je crois qu’elle pourrait être utile.

Il déplie le tissu et une magnifique dague sommeille dedans. Elle est ornée de pierres précieuses et d’or. La lame est ciselée et brille malgré son âge.

— Voyons si elle coupe encore.

Il lance l’étoffe et en un mouvement, il la tranche net.

— Elle est parfaite. Il faut que tu t’entraînes un peu pour la prendre en main.

— Je rêve ou tu me demandes de tuer Lorenzo ? demandé-je suspicieux.

— C’est toi mon boss, pas l’inverse. C’est juste un cadeau pour tes dix-huit ans.

Il me sourit et je prends l’arme dans mes mains. Elle est sublime et j’ai hâte de m’exercer.

— Merci beaucoup.

— Avec plaisir, señor.

— Arrête !

— Maître.

— Ferme-là ou j’te vire !

— À vos ordres, Majesté.

Je lui donne un coup d’épaule avec un grand sourire.

— Je vais la retrouver et plus jamais elle ne retournera en Italie.

Il ébouriffe mes cheveux et nous redescendons de la cabane pour commencer mon apprentissage. Après quelques heures de manipulation, je finis épuisé au bord de la piscine. Je contemple les étoiles en priant mon père qu’il m’aide à avancer dans ma quête. Car s’il y a une seule chose que je désire plus que tout, c’est de retrouver Esperanza saine et sauve.

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