Trafic (Tome3) (French Edition)

Jessie Auryann · Chapitre 7 sur 49

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Trafic (Tome3) (French Edition)

Chapitre 03

Plaisir partagé

[DANILO]

 

Je replie la lettre de mon père que je lis pour la dixième fois et un milliard de questions m’assaillent. Putain, j’ai dix-huit ans, j’ai l’impression de ne pas avoir vu mon adolescence passer et je vais devoir me marier. Dayana est une fille géniale, mais est ce que je veux l’épouser dans quelques mois ? Non. Est-ce que je veux la mettre enceinte ? Encore moins. Voilà, j’ai répondu à deux d’entre elles, la journée peut commencer.

— Tu n’as plus sommeil ? me demande la voix tendre de ma future épouse.

— Non, il est tôt, rendors-toi.

Depuis la mort de Juan, elle vient me rejoindre la nuit, je suppose que ça la sécurise. Je me lève et gagne la salle de bain. Lorsque je croise mon regard dans le miroir, les souvenirs de mamá s’invitent. J’ai hérité de la couleur de ses yeux et de ses cheveux blonds ondulés qui me filent un air de surfeur. Le basket m’a donné ma grande taille et les autres sports ont sculpté mon corps. Bien que je n’aime pas trop me vanter, je ne peux pas nier que j’ai une belle gueule. Faut dire que ma mère était une sacrée beauté. Quant à mon père, j’ai ses mains, fortes, larges et qui peuvent tuer si on les cherche. J’ai aussi son charisme, sans devoir me battre, on m’apprécie et me respecte. Et tout comme eux, je n’ai peur de rien, surtout pas de mon oncle. Alors son mariage, il sait où il peut se le foutre. Dayana est bien trop immature pour être mariée et maman.

Après un bon rasage, une douche et une légère touche de parfum, j’enfile un jean et un t-shirt puis je pose un baiser sur la tempe de ma brune qui ronchonne. Elle serre sa peluche serpent que je lui ai offerte après avoir gagné au stand de tir d’une fête foraine. Daya est encore si jeune qu’il me suffit de la regarder pour savoir que j’ai raison de me battre.

— Tu pars ? marmonne-t-elle.

— Je reviens toujours.

Elle sourit dans son sommeil et je sais que je peux m’éloigner d’elle sans risquer une crise d’angoisse.

— Vous faites gaffe à elle les gars s’il vous plaît, mentionné-je à mes deux hommes qui montent la garde de ma piaule.

— À vos ordres señor.

Tout en leur serrant la main, je les fusille du regard ce qui les fait sourire. Ils savent que je n’aime pas lorsqu’ils se comportent comme des sbires. Bien qu’ils bossent pour moi, nous avons une relation amicale et je ne les traite pas comme des moins-que-rien. Parce que sans eux, je serais sûrement mort et la peau calcinée dans le dos d’Adil le prouve. Il s’est jeté sur moi lors de l’incendie causé par mon père et il a été brûlé à ma place. J’ai énormément de considération pour mes agents.

— Bien dormi ? me demande ma tante lorsque j’entre dans la cuisine.

— Ouais et toi ?

Elle a ce sourire de femme comblée et je me marre. Mon oncle est en déplacement pour quelques jours alors je sais d’avance que ce n’est pas lui qui la rend si belle.

— Salut M’man, Couz’, y a du café ? déboule Andrés en sautillant.

Alors lui, c’est une vraie pile électrique surtout lorsque son père est absent. Disons qu’il est un peu moins sous tension, d’ailleurs toute la maison retrouve l’apaisement quand le dragon n’est pas là. Ouais, c’est comme ça que je surnomme mon oncle et je l’imite à la perfection.

— Il revient quand el dragón[23] ? ricané-je en mimant un démon ailé pas content.

Tía se met à rire et j’ai au moins gagné ça.

— Demain normalement, réplique Andrés la bouche pleine de viennoiseries.

Les lèvres d’Alana se pincent comme pour m’affirmer qu’elle s’en serait bien passé elle aussi.

— Bonjour tout le monde, apparaît une voix endormie.

Dayana vient se loger dans mes bras.

— Bon, ce soir du coup, on sort au Céani ? propose mon cousin en dévorant ce qui lui tombe sous la main.

Le nom de ma mère me pique, mais dans ce club, je me sens comme chez moi. Je scrute Daya pour voir si elle est tentée et lance l’invitation aux jumelles qui viennent de débarquer.

— Papou rentre quand ? demande Malia avant de nous donner sa réponse définitive.

— Demain.

— Ah bah ok, pas de soucis alors, mais vous lui dites rien, promis ?

On scelle le pacte comme à chaque fois. Mon oncle ne supporte pas de voir ses filles dans cet établissement et heureusement qu’il ne sait pas ce qu’il s’y passe. Il deviendrait fou. Si je garde Dayana sage, les jumelles sont des vraies petites garces qui s’amusent avant de finir mariées à leur tour. C’est actuellement la campagne électorale au Brésil et elles sont le ticket gagnant pour le cartel. L’une va finir au bras du futur chef de l’État et l’autre à celui du Premier ministre si tout se passe comme le grand Emilio Sanchez l’espère. C’est pour ça qu’il s’absente en ce moment, afin de trafiquer les élections avec les pontes et dominer notre état. Si le président est à l’affiche, les Los Verdugos détiendront l’autorité. Les femmes du pays peuvent trembler. Déjà lors du dernier suffrage, elles ont perdu leur droit de vote, mais là, ça risque d’être pire que tout et le territoire va sombrer sous la dictature du cartel.

— Bon allez, moi, je file, j’ai du taf, s’exclame Andrés qui disparaît à la vitesse du vent. Son père a dû bien lui mettre la pression au téléphone avec le retard de la cargaison envoyée par l’autre rital. Que je hais cette pauvre merde qui sert de mari à ma cousine.

— Et toi, t’as rien à faire ? m’interpelle Lana qui regarde sa sœur jumelle malicieusement.

— Si, j’hésite entre bronzer ou aller dans la piscine, terrible dilemme.

Ma tante lève les yeux au ciel et mes cousines gloussent. Je sais qu’un container doit arriver, mais comme j’ai ce qu’il faut, ils vont se démerder sans moi. Après tout, c’est ça d’être le boss, laisser les autres gérer à sa place. De toute façon, s’ils merdent, mon oncle leur tombera dessus et ils n’en ont aucune envie.

— S’il te plaît, Dani, obéis, intervient tía qui redoute sûrement la colère de son mari si jamais un problème survenait.

— Cabrear[24].

— Ton lan… gage ! me reprennent en chœur les jumelles en se marrant.

Je leur tends mon majeur et file travailler à contrecœur.

— Alors ? soupiré-je à celui qui récupère la cargaison.

— Tout est bon.

Le métier de trafiquant de drogue est difficile. Tu viens, on te dit que c’est ok et tu peux te barrer. Sauf quand mon téléphone sonne et que la voix d’Andrés résonne dans mes oreilles.

— Tu peux te ramener, j’ai besoin de toi.

— T’es sérieux là ? Tu sais que j’ai horreur d’aller là-bas !

— Ouais, bah je n’ai pas le choix alors dépêche !

Mais qu’est-ce qu’il a encore foutu pour m’appeler à l’aide. Je file le rejoindre dans un bâtiment de plusieurs étages qui accueille la clientèle. Si les filles sont dans la rue, leurs passes se font ici sous la protection de mon cousin et de ses hommes. Je déteste cet endroit qui me rappelle celui qui a brûlé avec mon père. J’aurais espéré que ce trafic s’éteigne avec lui. Mais ça rapporte tellement de pognon au cartel qu’Emilio l’a relancé et son fils en a hérité à ses dix-huit ans. À peine j’arrive, que le sourire des filles m’accueille. Je suis leur chouchou, car je les respecte et suis à leur écoute quand on se retrouve, elles et moi.

— Salut beauté, où est Andrés ? demandé-je à l’hôtesse qui me reçoit.

— Chambre dix-huit, beau blond.

Je lui colle une bise et monte par l’ascenseur pour retrouver mon cousin qui est à genoux près du corps d’une jeune fille tremblante.

— Le client a flippé, il s’est tiré et on l’a récupérée comme ça.

Elle a les yeux fixés au plafond, elle semble manquer d’air.

— Elle a pris de la came ?

— Bien sûr que non ! braille-t-il angoissé.

Je me penche sur elle, et elle me scrute paniquée.

— Respire ma belle, tout va bien.

— Elle a quoi ? s’exclame Andrés qui sait qu’il va devoir rendre des comptes au dragon si jamais il perd une prostituée.

J’ai l’impression qu’elle cherche quelque chose en suffoquant. On regarde tout autour, sans comprendre et mon cousin appelle sa mère en urgence.

— Pourquoi tu ne l’as pas appelée avant moi putain ! répliqué-je énervé.

— Je n’ai pas envie que mon père le sache ! hurle-t-il.

Tous les faits et gestes de ma tante sont surveillés, si elle vient ici, il le saura forcément, mais là, on n’a plus vraiment le choix. Elle se tord de souffrance, et je repousse les images de Mama qui me hantent.

— Eh ! Ce n’est pas le moment de me laisser tomber ! m’interpelle-t-il paniqué.

C’est dans ces moments-là qu’on remarque qu’il n’a que quelques mois de plus que moi. Il est bien trop jeune pour avoir de telles responsabilités.

— Crève pas putain ! Crève pas ! répète-t-il à cette pauvre fille qui plante ses ongles dans ma chair et me fixe paniquée.

— Ça va aller, s’il te plaît accroche-toi, on va t’aider.

— Putain, mon père va me tuer si j’en perds une. Ça me soule là ! Le retard, puis ça, puta, je suis carrément dans la merde.

Si Andrés joue les gros durs, il n’en reste pas moins un mec de dix-huit ans. Il doit des comptes à son patriarche complètement fêlé qui ne jure que par son cartel.

— Qu’est-ce qu’il se passe ? tonne la voix de ma tante qui vient à notre secours.

Elle nous pousse et comprend très vite le problème.

— Écoute-moi, tu vas respirer profondément par le nez. Je sais que c’est difficile, mais tu dois essayer. Tu vas à la pharmacie la plus proche et demande un inhalateur, Andrés !

— Un quoi ? demande mon cousin.

— Elle fait une crise d’asthme, bouge-toi ! lui crie-t-elle.

— S’il te plaît, sauve-la tía, l’imploré-je.

Elle encourage la respiration et enfin, on nous ramène de quoi l’aider.

— Voilà, inspire profondément. C’est très bien.

Tremblante encore sous le choc, elle retrouve son calme peu à peu et je la recouvre.

— Faut qu’on discute, Andrés, l’informe tía d’un ton froid.

— Je reste auprès d’elle, déclaré-je pour libérer mon cousin et soutenir cette pauvre fille qui a bien failli mourir sous mes yeux.

Je lui donne un peu d’eau et lui passe un gant sur le visage.

— Tu es nouvelle, non ?

Elle acquiesce de la tête.

— Il t’a maltraité, ce client ? Tu dois le dénoncer si c’est le cas.

Elle ne parle pas, se colle contre moi, puis finit par s’endormir. Je lui caresse les cheveux jusqu’à ce que la porte s’ouvre sur ma tante et Andrés. À leur tête, je sais de quoi ils ont parlé.

— Non, pas ça !

— On n’a pas le choix Dani.

— On peut trouver une solution.

— Non. Elle n’a pas la santé pour les passes et… crois-moi, j’ai horreur de ça, s’indigne Alana.

— Elle n’a rien demandé ! On l’a privé de sa vie en la kidnappant et tu veux désormais la sacrifier, car elle est asthmatique !

Ma fureur me consume et je finis par la réveiller malgré moi. Elle nous observe sans saisir qu’elle va finir dépouillée de ses organes, car elle n’est pas bonne pour baiser !

— Danilo… rentre.

— Je t’interdis de faire ça, Alana !

— Si ce n’est pas moi, c’est Emilio qui le fera demain de toute façon.

— Laisse-la partir.

Andrés se met à ricaner et là, ça me gonfle sévère.

— Ça t’amuse !

— À t’écouter, faudrait toutes les sauver. Ce ne sont que des putes.

— Ce sont des êtres humains !

Je sais que j’aurais beau tout tenter, cette Chica[25] est condamnée. Alors qu’elle ne comprend pas encore ce qui l’attend, Andrés et sa mère discutent des répercussions. Leur décision est prise. Je veux me tirer de là, mais la main de la condamnée se pose sur mon bras. Ses prunelles suppliantes en disent long.

— Ne me laisse pas, chuchote-t-elle.

Me voilà piégé. Alana attend ma décision. Je ne peux pas abandonner cette fille, donc je vais devoir l’accompagner. Pendant le trajet, l’ambiance est pesante. Je crois que la demoiselle ne sait pas encore comment elle va finir et doit penser qu’on l’amène à l’hôpital. Pendant tout le chemin, elle me tient la main comme si j’étais une bouée de sauvetage pourtant je ne suis que la faucheuse. L’itinéraire se termine et me paraît bien trop court.

— Tu vas te déshabiller et t’allonger sur la table, lui indique ma tante d’un ton professionnel.

Son regard trahit son incompréhension, mais elle obéit aux ordres d’Al qui prépare la salle. Cette fille est magnifique, et pourtant, elle ne survivra pas dans notre monde.

— Tu pourrais s’il te plaît l’endormir ?

Alana me scrute et sa mâchoire se serre.

— On va lui donner de l’oxygène pour qu’elle sente le moins possible, mais ce n’est pas magique, Dani.

— Vous allez me faire quoi ?! S’il vous plaît, arrêtez !

Elle se débat et tente de se redresser, mais elle est vite sanglée.

— Je suis sincèrement désolé, lui avoué-je pendant qu’un masque lui est posé sur son visage.

— Inspire très fort, ça va te donner le tournis. Allez, ma belle, l’encourage tía.

Elle suffoque à moitié et s’agite sur la surface en acier. Elle hurle dans son masque et Alana me demande de l’apaiser pour lui éviter de souffrir beaucoup plus.

— Chut, calme-toi, je reste près de toi, faut que tu respires fort par le nez, ça va t’aider.

Elle est paniquée, alors je tente de lui fredonner une chanson pour la calmer.

Sache que je suis ton oxygène.

Sache que je suis tes yeux.

Sache que je suis ton soutien.

Sache que je suis ton guide[26].

Ses larmes coulent, et je détourne les yeux quand le bistouri ouvre sa cage thoracique. L’odeur du sang emplit la pièce et je suis à deux doigts de vomir. Les images de ma mère me tourmentent pendant que ma tante reste concentrée sur ses gestes. Très vite, la douleur provoque l’évanouissement puis la convulsion et enfin la mort.

— Tu peux rentrer, Dani, merci, m’indique tía qui comprend ma détresse.

Lorsque j’arrive chez nous, l’ambiance est des plus festives. Les jumelles défilent sous les yeux d’Andrés qui boit un verre de whisky comme si tout allait bien. Les cris tambourinent encore dans ma tête et se mêlent à ceux de mon passé.

— Alors ? me demande mon cousin.

— Tu n’as plus de soucis à te faire, ton père va récupérer du pognon.

— Oh putain merci. Il m’aurait tué si jamais elle ne gagnait pas assez. Foutue asthmatique !

— Pour rappel, Esperanza l’est aussi, sois plus respectueux s’il te plaît.

— Ouais, mais ce n’est pas pareil. Ma sœur n’a rien à voir avec cette vide couilles qui n’est même pas foutue de baiser.

Je préfère me taire, car je risquerai de devenir méchant et je choisis de monter dans ma chambre en attrapant la main de Dayana. À peine la porte fermée que ses bras s’enroulent autour de mon cou.

— Tu m’as manqué.

Ses baisers m’apaisent et je l’emmène avec moi sous la douche. On se savonne mutuellement et elle commence à dessiner des formes en mousse pour me redonner le sourire. Mais là, j’ai besoin de beaucoup plus pour effacer les images dans ma tête. Je me colle à elle, et respire le parfum du gel douche qui gomme celui de l’horreur. Elle me lave le dos puis descend au niveau de mes fesses et j’espère qu’elle viendra frotter mon érection dans sa main. Comme je lui refuse le sexe, il m’est difficile de réclamer des préliminaires. Heureusement pour moi, elle en crève tellement d’envie qu’elle encercle ma queue de sa paume.

— Ouais, vas-y ! l’encouragé-je en me tenant au mur.

Elle me frictionne divinement bien, mais je rame un peu. J’ai besoin d’une pénétration, de quelque chose de plus fort.

— Continue, soufflé-je sur ses lèvres tout en me contenant.

— Je te veux, je suis prête, Dani.

Depuis le temps qu’elle me réclame, je sais qu’elle me désire, mais elle est bien trop jeune et je refuse de lui voler ce moment.

— Branle-moi fort ! Plus vite ! Oui comme ça ! Ohhhhh…

Enfin, mon sperme jaillit et mon corps retrouve un peu de sérénité. Nous finissons de nous laver et je laisse Daya choisir mes vêtements. J’adore découvrir la surprise de ma tenue selon les goûts de la demoiselle. Ce soir, elle opte pour une chemise noire et un pantalon crème avec des chaussures noires vernies.

— Tu me prépares une ligne s’il te plaît, puce, lui demandé-je.

— Je peux moi aussi ?

— Ouais bien sûr.

Si j’ai pour habitude de renifler de la cocaïne, elle n’en prend pas autant que moi. C’est l’une des solutions qu’on a trouvée pour lui éviter des crises d’angoisse qui surviennent un peu n’importe quand. Si elle m’en réclame, c’est qu’elle en a besoin. Avant qu’on sniffe, je l’interpelle.

— Eh, qu’est-ce qui ne va pas ?

Elle hausse les épaules.

— Parle-moi Dayana.

— Les filles vont se marier et nous… tu ne m’as même pas demandée en fiançailles et…

Oh merde putain pas ça.

— Écoute, tu connais mon avis là-dessus et…

— Il va me mettre sur le trottoir Dani !

— Non, je ne le laisserai pas te toucher.

— Parce que tu crois que tu peux t’opposer à lui ?

Elle oscille entre le ricanement et les sanglots.

— Depuis quand tu n’as plus confiance ? lui balancé-je vexé.

— Je veux devenir ta femme, te donner des enfants alors pourquoi tu t’obstines à ne pas accepter !

— T’as dix-sept ans Dayana ! Dix-sept ans ! T’es trop jeune !

— Tu n’es pas mon père ! Tu n’as pas à décider pour moi !

— Justement si, en tant que futur mari, c’est à moi que revient la décision et pour l’instant, c’est non et ce n’est pas négociable.

Je déteste employer un ton autoritaire, mais c’est le seul moyen de calmer ce genre de dispute avec elle. C’est une fille qui recherche encore l’image d’un protecteur plutôt que d’un mari. Certes, ses hormones lui jouent des tours et me réclament, mais ce n’est pas encore le bon moment. Je l’invite à sniffer pour ensuite prendre le temps de profiter des effets dans les bras l’un de l’autre.

— Eh les amoureux, on bouge ! nous interpelle Andrés pendant notre redescente.

— On arrive.

On enfile nos fringues, et on rejoint notre troupe. Les jumelles sont comme à leur habitude, vêtues d’un manteau de fourrure et d’escarpins à talon aiguille, ne laissant rien apparaître de plus. Andrés est habillé à l’inverse de moi, avec un pantalon noir et une chemise crème. Nous montons dans la limousine qui nous amène au club que mon père avait construit à l’effigie de ma mère. À peine dehors, les paparazzis nous flashent. Ils ne ratent pas une miette de nos sorties, ce qui risque de ne pas arranger Lana et Malia. C’est l’inconvénient d’être un Sanchez. Mais leur envie de s’éclater surpasse l’angoisse de décevoir leur « papou ». Elles se défont de leur manteau et laissent deviner leurs courbes sous une robe

blanche moulante. Mierda[27], elles sont divines !

— Papá vous verrait, il vous tuerait, c’est certain, surenchérit leur frère.

— Ouais, bah, tu la fermes !

Andrés ricane et ses s œurs partent déjà sur la piste de danse en embarquant Dayana. On s’installe à notre table et la serveuse vient à nous directement pour noter nos commandes. J’observe les filles se dandiner. Je ne peux m’empêcher d’apprécier le corps de ma brune qui est enfermée dans un short court et un crop top qui s’accordent avec mes couleurs.

— Tu comptes la baiser quand ? m’interpelle mon cousin amusé.

— Quand elle sera plus grande.

Il éclate de rire.

— T’es un sacré sadique, Daya respire le cul tellement elle est en manque. Si tu veux, je peux m’en occuper.

— Touche-la et t’es mort !

— Mon père va finir par perdre patience, tu devrais vite te décider. De toute façon, votre mariage va plus tarder.

— Je ne compte pas la marier, il peut aller se faire foutre.

Il se redresse d’un coup et ses yeux verts me foudroient.

— Déconne pas ! Il ne plaisante pas quand il dit qu’il va la mettre à la rue, je n’ai pas envie de devoir la gérer alors ne merde pas !

Comme à chaque fois qu’il a les nerfs, il se trouve une de ses putes puis

monte pour la sauter dans une des nombreuses pièces. J’observe Dayana qui

d’un signe de tête m’invite à la rejoindre pour l’accompagner dans une

danse langoureuse. Mon corps réagit à la seconde et son sourire se dessine

sur ses lèvres que j’en attrape une entre mes dents. Elle se dandine contre

mon érection pour faire monter la tension d’un cran. Je

casse le moment en proposant de retourner nous asseoir. Mais c’est peine

perdue quand ce super cul se pose sur mes genoux.

— Daya !

— Quoi ? réplique-t-elle avec une bouille d’allumeuse.

Mierda ! Elle va vraiment tout essayer pour que je la baise. Ses fesses se frottent à moi, et nos anatomies pourraient indéniablement fusionner, c’est une certitude.

— Arrête Daya.

— Mais quoi, feint-elle innocemment.

Elle se retourne et se met à califourchon sur moi, ce qui n’arrange en rien la situation. Lorsque sa bouche sucrée trouve la mienne, je la dévore. Je m’inflige cette délicieuse torture et je l’entends soupirer à mon oreille. Que j’aime ce son. Son bassin imite parfaitement l’acte qui se produirait si on n’avait pas nos vêtements. Ma chemise est déboutonnée par ma belle qui pose ses doigts sur mon torse. Ma main remonte le long de sa nuque et je prie tous les dieux pour qu’on me vienne en aide. Je la serre contre moi puis commence à mon tour à bouger. Bordel, je vais craquer ce foutu short !

— Dani désolé, je dois te parler, c’est urgent, intervient d’un coup Adil.

Oh putain, il tombe à pic. À croire que mes prières ont été entendues. Merci papá, tu n’es jamais très loin.

— Puce, faut que je bouge.

— Mais…

Je remarque au visage de mon bras droit, qu’il n’y a rien de grave, qu’il a juste voulu me sauver la mise encore une fois.

— Raccompagne-la s’il te plaît.

— Non, je n’ai pas envie… Danilo ! hurle-t-elle frustrée.

Il interpelle un de nos hommes pour la déposer chez nous. Elle crie mon nom alors qu’Adil m’éloigne pour m’amener à l’étage, dans l’ancien bureau de mon père. Mon oncle en avait fait une pièce de baise, mais ça ne restera pas. En attendant, ça me permet parfois de m’isoler. Je peux observer d’en haut tout ce qui se passe en bas, sans le moindre bruit. J’ai un lit king size à ma disposition, une splendide salle de bain et un salon où nous nous installons.

— Putain merci, soupiré-je soulagé.

— J’ai hésité vu comment vous étiez partis, mais…

— Je m’en serais voulu, surtout là comme ça, elle mérite mieux.

— C’est ce que je me suis dit. Ça va, toi, sinon ?

— Non, file-moi un verre s’il te plaît.

— Ouais, je sais qu’on te fout la pression pour épouser Daya. Tiens.

Forcément, Alana a dû lui raconter.

— Je suis perdu Adil, je n’ai pas envie de me marier putain ! J’ai dix-huit ans ! Je… mierda, j’ai toute la vie pour ça et elle aussi.

Il reste silencieux et se contente de m’écouter.

— J’en peux plus, Dayana est si entreprenante, parfois, j’ai l’impression qu’elle n’est même plus vierge.

— Je ne vois pas quoi te conseiller. Ton père, lui, aurait trouvé.

— De là où il est, il t’est reconnaissant, j’en suis certain. Sans toi, je ne serais pas l’homme que je suis.

Il me sourit et boit d’un coup sec.

— En tout cas, faut régler ça, me lance-t-il en regardant mon pantalon encore un peu déformé.

— Tu veux me tailler une pipe ?

— T’es con, ricane-t-il en se dirigeant vers la sortie.

— Rousse, s’il te plaît.

— À vos ordres señior.

— Arrête !

Il glousse comme un crétin puis le silence s’impose à moi jusqu’à entendre frapper.

— Entrez ! crié-je.

Je suis toujours assis sur le canapé, dos à la porte et je sens des mains se poser sur mes épaules.

— Bonsoir Dani.

— Bonsoir Élina, répliqué-je en reconnaissant son accent scandinave.

Sur ce coup-là, il a vraiment choisi la plus belle des rouquines. Elle se déhanche jusqu’à moi, et j’ai sous les yeux, la réplique identique de Jessica Rabbit. J’ai un petit faible pour les chevelures flamboyantes.

— Merde, les cheveux lisses sur toi, c’est sublime.

— Ravie de te plaire. Tu m’as appelée, que puis-je pour toi ?

Cette voix…

— Je ne sais pas.

— Alors laisse-moi m’occuper de toi.

Alors là, on est dans un sacré level. Si Dayana me fout la trique, elle… Elle sait m’amener au bord de l’explosion. Sa bouche dessinée d’un rouge vif monte et descend, sa langue s’enroule autour de mon sexe et tout se tend dans mon bas-ventre. Si j’ai l’habitude de baiser, j’avoue que face à une pro, mon endurance en prend un coup. Mais c’est aussi comme ça que je vais pouvoir acquérir de l’expérience que je répercuterai sur toutes les femmes qui iront dans mon lit.

— Putain !

Un sourire se dessine quand elle chope mes couilles. Elle sait d’avance que je suis foutu et ça l’amuse. Sa vie est loin d’être facile, alors elle saisit ce moment que je lui offre, qui n’est que dans le respect et le consentement. Jamais je ne forcerai une fille, elles couchent avec moi que si elles en ont envie. J’ai beau combattre, je m’avoue vaincu lorsque je sens mon gland caresser sa gorge que je remplis.

— Rassasié ? me questionne-t-elle le regard provocateur.

— Non. Je veux t’entendre. Touche-toi Éli.

Elle glisse son string le long de ses jambes fines, puis s’assoit sur le canapé face au mien. Elle enfonce délicatement son doigt dans sa bouche, et j’ai déjà envie de recommencer. Sans me lâcher de ses yeux verts, elle l’insère en elle. Je sens ma queue tressaillir et me lève pour me servir un verre alors que ses gémissements commencent à sortir de cette bouche que je viens d’habiter. Je réfléchis à comment je veux continuer le reste de ma soirée.

— Mets-toi à genoux sur le canapé s’il te plaît.

Elle obéit alors que je passe devant elle, en sirotant mon alcool ambré.

— Continue de te toucher.

Je me cale contre la vitre fraîche pour l’observer prendre son pied. Une femme est si belle dans le plaisir, comment peut-on briser ça ? Sa main se crispe et elle se mord la lèvre. Son regard devient suppliant, elle a besoin de moi alors je pose mon verre, et me cale derrière elle. Je caresse ses cheveux de feu, descends le long de son dos qui se cambre puis remonte la robe sur ses reins pour dégager ses fesses rebondies. Elle m’observe, me réclame et mes mains se glissent entre ses cuisses trempées. Je lui écarte bien pour que mes doigts parcourent la surface de son intimité. Elle ne dit rien, mais je sens bien son impatience.

— Tu veux ? lui demandé-je.

— Oui, s’il te plaît.

La sulfureuse bimbo rousse, laisse place à une délicieuse femme fragile qui quémande son orgasme. J’adore les demoiselles en détresse.

— De quel côté ?

— Où tu veux, pitié Dani.

Mon index et mon majeur se glissent entre ses lèvres. Elle lâche un soupir de soulagement pendant que je provoque sa sensibilité. Elle s’agrippe au dossier du canapé et je la frictionne. Très vite, les premiers tremblements arrivent alors qu’elle gémit sous mes caresses jusqu’à craquer complètement.

— T’es magnifique.

— Ne me prive pas de toi.

Elle m’implore et je ne peux nier mon ego flatté. Je sors mes phalanges et badigeonne de mouille son fondement déjà un peu ouvert. Vu la taille de mon sexe, il va falloir un peu la travailler. Je retire nos vêtements pour que nous soyons totalement nus, et que rien ne dérange ce moment. Après quelques caresses, elle est prête et je peux m’enfoncer en elle tout en délicatesse. En regardant mon membre, je ne peux que confirmer que je suis bel et bien le fils de deux divinités qui m’ont largement gâté. Au point de devoir passer par leur cul si je veux rentrer entièrement dans une femme. Cependant, je reste vigilant, car je pourrais l’abîmer alors je contrôle mes envies et reste à l’écoute de son corps. Parfois, certaines ne me supportent pas, mais elle, je sais que ce n’est pas une première fois, faut juste patienter le temps qu’elle se fasse à moi.

— Pose tes mains sur le canapé, ma belle. Ça sera plus confortable.

Je glisse mon avant-bras sous son nombril et la masse pour détendre ses muscles qui ne cessent de contrer mon avancement. Je descends jusqu’à son clitoris, et elle se met à couiner plus fort. Voilà, c’est exactement ce que je cherche.

— Je vais jouir ! crie-t-elle frissonnante.

Elle profite pleinement de son orgasme et je continue jusqu’à enfin sentir mon pubis se poser contre son cul. Maintenant, les choses sérieuses commencent. J’agrippe ses hanches et je me comprime en elle pour être sûr que ça ne lui fera pas mal.

— Ça va ? lui demandé-je.

— Oui, vas-y.

Mon bassin remue et j’ai l’impression qu’on est connecté. Plus rien ne compte, il n’y a plus qu’elle et moi. Tout se débranche et si je dois choisir mon repos éternel, j’aimerais que ça soit comme ça. Je me colle à son dos après quelques baisers dessus, cherche la douceur de sa chevelure et lui susurre à quel point j’aime la posséder. Lorsque mon cerveau retrouve sa réflexion, nous sommes l’un contre l’autre, comblés.

— Si tous les hommes étaient comme toi, je prendrais plaisir à être une pute.

— Si tous les hommes étaient comme moi, tu ne serais pas là.

Alors que le sommeil l’emporte, mes pensées arrivent comme un ouragan et mes inquiétudes avec. Pourquoi Lorenzo a raccroché aussi brusquement, lorsque j’ai demandé des nouvelles d’Esperanza ? J’ai un mauvais pressentiment qui me ronge depuis cet appel, j’ai beau faire le maximum pour ne plus réfléchir, mon alarme interne est dans tous ses états.

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