Trafic (Tome3) (French Edition)

Jessie Auryann · Chapitre 31 sur 49

Pages du PDF

Trafic (Tome3) (French Edition)

Chapitre 27

Exister ou mourir

[Danilo]

 

J’ai cerné Yelmani très vite, il est mordu d’elle et étrangement, ça ne me dérange pas. Son bonheur n’a vraiment pas de prix. Après avoir retourné mes pensées dans tous les sens, il est temps de faire un point. Je donne quelques ordres et enfourche ma bécane pour aller à la planque. Sur place m’attendent Adil, Esperanza, son amant et quelques gardes qui resteront dehors pour notre sécurité. Je serre la main de mon bras droit, pose un rapide baiser à ma belle et d’un signe de tête indique à Yelmani de nous suivre. L’inquiétude se lit sur leurs visages, sauf sur celui de mon homme de main qui ne craint rien.

— Bien, Emilio va bientôt rentrer et cet enfoiré ne va pas être tendre. Esperanza doit être protégée, et t’en auras la responsabilité, m’adressé-je au maghrébin qui sort tout droit d’un livre des milles et une nuit.

— À vos ordres.

— Sais-tu seulement à qui t’as à faire ? On n’est pas à Casablanca ici, la loi c’est mon oncle.

— Pas pour moi.

— Mais encore ?

— La loi pour moi, c’est vous.

Putain ! Adil l’a vraiment bien préparé, c’est dingue. Je commence à comprendre ce que mon père a dû ressentir lorsqu’il a découvert la loyauté de son second. Esperanza me regarde au bord des larmes, elle sait que c’est du suicide mais sa vie est précieuse.

— On va devoir rendre la grossesse publique. Tu es la jeune veuve… désormais, tu vas être la jeune veuve mère célibataire. Il verra une opportunité de faire passer un message aux autres familles et protégera l’enfant plutôt que de s’en prendre à lui.

— Eh ! J’ai mon mot à dire Danilo ! crache ma reine.

— Non Baby girl, pas quand votre sécurité est en jeu.

— Alors c’est ça que tu nous proposes comme avenir ? Une guerre entre toi et mon père ?! Je refuse de te perdre.

— Tu me sous estimes, Esperanza. Tu m’as dit ne pas vouloir donner la vie dans notre monde, je t’en offre un autre.

Elle laisse sortir un rire étouffé par des sanglots.

— Tu vas te faire tuer, je préfère perdre le bébé que toi !

— La seule personne que tu vas perdre c’est ton père.

— Arrête !

Ses yeux sont exorbités par la peur. Bordel mais pourquoi elle n’arrive pas à m’accorder sa confiance ! À quoi bon me battre si elle ne croit pas en moi ? Adil voit mon doute et intervient.

— Esperanza, Danilo à été… il prend les bonnes décisions, fais-lui confiance.

— Parce que t’es d’accord avec ça ? Et ma mère là-dedans ? Tu crois qu’il ira cracher sa haine sur qui ?

— Sur elle. Mais il n’a besoin d’aucune excuse pour ça et tu sais à quel point je l’aime mais elle a accepté son sort en restant avec lui.

— Elle en a peur ! Tu n’as pas la moindre idée de ce que c’est de craindre son mari.

Il reçoit la rage de la jeune femme en plein cœur et son regard s’assombrit.

— Quand il la brise, c’est moi qui suis là. Pas toi, pas ton frère ou tes sœurs… c’est moi qui la relève.

— Non c’est faux ! C’est moi aussi quand t’es pas là, Adil.

— Je n’ai pas de compte à te rendre, Espe.

Elle nous observe paniquée et comprend que c’est non négociable.

— Maintenant, je veux mettre les choses au clair entre nous.

Je scrute Yelmani qui prend une grande inspiration. C’est le moment d’instaurer les règles.

— J’aime Esperanza, je ne m’en cache pas et je ne compte pas être le spectateur de votre petit couple, continué-je d’un ton sec.

— Dani… je...

— Non baby girl, c’est entre lui et moi.

Il reste droit mais sa peur se ressent lorsque je m’approche d’elle. Il a en lui cet instinct de protection.

— T’es si belle… impossible d’imaginer ma vie sans toi, murmuré-je sous le charme.

Ses yeux brillent et je récupère une larme puis pose délicatement mes lèvres sur les siennes comme si je craignais de les briser. Ma langue passe dessus puis devient conquérante. Je veux qu’il sente à quel point je suis important pour elle. Quand je mets fin à notre baiser, ma belle est suppliante.

— Ne fais pas ça Dani…

Je me recule et les fixe, j’attrape le poignet d’Espe et la tourne vers Yelmani.

— Embrasse-la.

— C’est un piège ? me demande-t-il suspicieux.

— Tu le sauras.

Elle lui fait non de la tête et il hésite.

— Est-ce que ses lèvres ne méritent pas une mort lente et douloureuse ? lui lancé-je.

— Yel… non…

Il la coupe en l’embrassant avec douceur. La tension monte d’un cran et Adil soupire. Il ne connaît pas mes projets mais les devine assez facilement. Mon bras droit m’indique qu’il sera dehors si j’ai besoin de lui. Lorsqu’ils mettent fin à leur échange, leurs regards se dirigent vers moi, redoutant la sentence que je lui réserve. J’attrape mon arme et Esperanza se jette contre mon torse.

— Pitié, fais pas ça ! Je t’aime, je…

— Et tu l’aimes.

— Laisse-le repartir, on ne se verra plus jamais et… tu seras le seul.

— Crois-tu qu’il laissera ce bébé naître sans lui ?

— Oui.

— Non, réplique-t-il aussi sec.

Je n’en attendais pas moins de lui. Après quelques secondes, je pose mon flingue sur la table et m’en éloigne.

— Yelmani, déshabille-la.

Il hésite puis commence à lui retirer sa robe. Pendant qu’il obéit, je calme la peur de la future mère en multipliant mes baisers dans son cou. Elle commence à gémir puis j’échange ma place avec lui pour me positionner derrière elle. Le maghrébin vient de comprendre mon envie et commence à la caresser. Ses fesses se cambrent contre mon érection qui gonfle un peu plus. La bouche de mon partenaire descend et elle bascule sa tête en arrière contre mon épaule pendant que je caresse ses seins.

— Regarde-le te donner du plaisir bébé.

Il met sa jambe sur son épaule et lèche l’intérieur de sa cuisse jusqu’à arriver à son but. Les doigts d’Espe se posent dans la chevelure ébène du prince d’Arabie.

— Nous trois ou rien mon amour, chuchoté-je à l’oreille de celle que j’aime et son orgasme explose comme si elle attendait mon autorisation.

Tremblante, elle réclame plus. Espe se retourne et m’embrasse fougueusement pendant que Yelmani se déshabille. Je la pousse dans ses bras le temps de faire pareil, puis je l’attire sur moi. Elle me chevauche et n’attend pas la pénétration, s’empalant bruyamment sur mon chibre.

— Vas-y doucement, indiqué-je à l’apollon qui couvre son dos de baisers et vient travailler son orifice de ses doigts.

— Dani…

— Ouais bébé, tu vas nous avoir, encore un peu de patience.

Quand il sent son corps prêt, Yelmani s’enfonce doucement et sa queue frotte la mienne à travers les parois juteuses. Le plaisir est trop puissant pour elle qui s’effondre sur moi. Je la câline pendant qu’il la fait bouger. Chaque parcelle de nos trois corps s’imbrique à la perfection et il m’est impossible désormais d’imaginer la priver d’un tel amour. Elle mérite d’être aimée deux fois plus que n’importe qui.

— Oh c’est bon, chuchote cette dernière à bout de souffle.

— C’est bien ma belle, oui bouge tes fesses contre lui.

Elle se redresse et il l’enveloppe de ses bras musclés. Mes mains se posent sur son ventre et il fait de même. Ce bébé est entouré d’une adoration inexplicable mais c’est cet avenir que je veux pour lui, pour elle, pour nous. Épuisés, nous restons un temps à la caresser jusqu’à ce que le sommeil la happe. Je la regarde dormir tout en observant Yelmani derrière elle qui veille à ce qu’elle dorme paisiblement. La porte frappe et Adil débarque.

— Désolé mais il est rentré.

— Ok, merci.

Les paupières de ma belle s’ouvrent d’un coup et j’effleure peut-être ses lèvres pour la dernière fois.

— Dani, reste avec moi.

— Je te la confie, indiqué-je à mon partenaire de vie.

— Compte sur moi.

Elle tente de sortir du lit quand je me rhabille, me suppliant de ne pas partir là-bas.

— Je t’aime Esperanza. Prends soin d’elle et du bébé, indiqué-je à Yelmani.

— À vos ordres, réplique-t-il en la tenant.

Elle hurle mon nom quand je claque la porte et Adil montre pour la première fois de la crainte.

— Tu sais ce qui t’attend ? m’avertit-il anxieux.

— Ouais. Quoi qu’il se passe, tu la protèges.

— Évidemment.

Je prends mon casque et avant de le mettre je lui adresse quelques mots.

— Merci d’avoir été là pour moi. Mon père doit être fier de toi, tu l’as remplacé de la meilleure des manières, je t’aime.

— Arrête, on dirait des adieux là. T’as pas intérêt à me faire ça Dani.

Je lui envoie un dernier sourire et démarre le moteur. Je roule vers el dragón sans ressentir la moindre peur, Dayana est en sécurité, Esperanza et le bébé aussi. Mes hommes sont assez nombreux pour les défendre. Les kilomètres qui me séparent de cet enfoiré fondent jusqu’à me retrouver devant le portail où les hommes armés reconnaissent ma moto. Étrangement, il me laisse entrer alors je me gare face à la grande porte close.

— Papá, donne-moi ta force et ton courage, prié-je silencieusement.

Gonflé de confiance, je descends de mon engin et me dirige droit dans la maison. Sans surprise, il est là, entouré d’hommes qui font barrage devant le dragon des enfers. Il indique à ses sbires de ne pas bouger et les contourne pour se mettre devant eux. Je sors mon arme pour qu’il remarque que je ne suis pas là pour me rendre et d’un coup de tête, il autorise ses clebs à tenter de me désarmer. Mon entraînement me permet de prendre le dessus sur certains qui finissent soit éclatés contre une colonne en marbre soit par terre. J’attrape enfin Julio et pose mon arme sur son service trois pièces. El dragón ne bronche pas, il m’observe comme pour me mettre au défi de le faire. La balle part et explose les couilles du pédophile. Emilio n’a même pas sursauté alors que l’autre braille sa vie.

— Dis à ton boss ce que t’as fait, crié-je hors de moi.

Le sourcil de mon oncle se soulève.

— Je… je… sais pas… de quoi. Ahhhhhhh, hurle-t-il quand le canon s’enfonce dans ses chairs.

— Je serais toi, je parlerais, lui indique son chef.

— Patron… j’ai…

Je recommence et l’aide à trouver le sujet de la conversation.

— Qu’as-tu fait à Dayana ! Dis-lui !

Ses yeux s’écarquillent et il comprend enfin ce que j’attends de lui. Emilio s’accroupit près de lui.

— Je t’écoute, qu’as-tu fait à ma future épouse ?

— Rien… je…

— Non non Julio, je sais quand tu me caches quelque chose et j’ai horreur de ça. Dis-moi tout mon grand.

— Je… je ne voulais pas mais… je n’ai pas su résister… j’ignorais que vous vouliez vous marier.

— Parle ! crache mon oncle furieux.

— Je l’ai violée. Mais je n’ai pas touché à sa virginité, elle est encore vierge, je n’ai fait que la sodomiser je vous le jure.

Comme si ça allait jouer en sa faveur. El dragón se lève et de plusieurs coups de talons, lui défonce le crâne qui finit dans une bouillie rouge. Mais pendant que j’admire le travail, deux gars m’attrapent. Le regard de mon oncle se pose sur moi.

— Tu pensais que j’allais t’oublier ? Je suppose que t’as toi aussi des choses à me dire.

— Non.

J’essaye de me débattre mais ils sont surentraînés ceux-là et je n’ai pas la force de me défaire de leur emprise.

— Danilo, où est Dayana ?

— Plutôt crever que de te le dire.

— Bien, alors que ton vœu soit exaucé. Emmenez-le au sous-sol. J’arrive.

On me traîne vers cet endroit sombre qui sent la mort. Je pense à Esperanza, à nos moments et à celui qu’on vient de vivre. Je prie mes parents car la peur m’envahit. Oui aujourd’hui je crains sa colère et sa cruauté mais ça sera la dernière fois.

 

***

Les mains attachées, je suis suspendu telle de la viande à un crochet. Lorsque mon oncle arrive, il est droit et ne montre aucune émotion.

— Bien, aujourd’hui je suis de bonne humeur tu vois. Ma femme est bien baisée et un enfoiré de traitre est mort. Une journée qui commence plutôt pas mal. Alors tu vas avoir une autre chance car t’es le fils de mon frère et qu’il n’aurait pas voulu que je te refuse la réflexion. Donc je vais te reposer la question. Où est Dayana ?

— Va au diable !

— Tu sais j’avais des grands projets pour elle et ça me contrarie beaucoup que tu te sois amusé à la cacher.

— Oui je connais tes fameux projets, tu l’as refilée à tes clebs.

— Tu sais les femmes faut les dresser et j’étais en plein dans son éducation quand elle a subitement disparu. L’autre fils de pute d’Adil m’a sorti de la merde que j’ai cru car Alana m’a sorti la même. Tu vois, on leur fait confiance et elles nous plantent un couteau dans le dos. Imagine ma déception lorsqu’on m’a rapporté que tu étais rentré seul.

— Ouais, tu ne contrôles pas tout, c’est dommage hein ? le nargué-je.

Son poing s’écrase dans mon sternum et me coupe le souffle direct.

— Où est-elle Danilo ?

— Tu ne la trouveras jamais.

Il recommence mais cette fois-ci ce sont mes couilles qui prennent.

— Dis-moi ! Parle putain !

Il perd patience et me roue de coups. Le sang coule le long de mon visage après m’avoir éclaté l’arcade. Je sens bien qu’il s’énerve et que plus je garderai le silence et pire ce sera mais j’ai fait une promesse à Luïs, jamais je ne craquerai. Ses jointures sont ensanglantées et il décide de changer de fusil d’épaule.

— Lâchez un peu de lest, ordonne-t-il.

Le crochet descend et je repose sur mes pieds. Je me prends un coup me forçant à me mettre à genoux devant lui. Il se dirige vers une armoire et mon cœur se met à palpiter fort. À l’intérieur, il se cache les pires tortures.

— Tu sais, quand je te regarde, je revois ta mère. Elle était forte et n’a jamais baissé les yeux devant moi. J’adorais ça.

— Ne parle pas d’elle.

Il revient avec un ciseau, attrape mes boucles et les coupe.

— Non ! Arrête !

— Ta belle gueule de surfeur m’insupporte, tu ne peux pas représenter le cartel avec cette face de poupon faible. Là au moins, tu fais un peu plus sérieux.

— Va te faire foutre !

— Excellente idée. Ta tante va adorer, j’ai en plus quelques envies… mettez-le au pilori, je reviendrai m’occuper de lui.

— Attends ! Laisse-la.

Il m’envoie son sourire cruel et passe la porte pendant qu’on m’installe la tête et les poignets dans leurs emplacements. Puis le temps semble ralentir tellement c’est long. Mes muscles travaillent et la position devient très douloureuse. Lorsqu’il revient, il semble encore plus fort.

— Rien de mieux qu’une bonne bouffe et une excellente partie de jambes en l’air. Tu vois, ça m’a permis de réfléchir à la suite. J’ai fait une erreur avec toi, je ne t’ai jamais vraiment pris en main. Alors je vais rectifier cet oubli mais pour qu’une éducation prenne, il faut que tu sois vierge de tout. Alors je vais te briser Danilo.

— T’es taré.

— Déshabillez-le.

— Quoi ! Putain ne me touchez pas bande d’enfoirés ! Arrête !

J’ai beau hurler, il se marre pendant que je me retrouve totalement nu devant lui, combattant la honte qui monte en moi.

— Allez me chercher Loulou.

C’est quoi encore ce bordel ! Je tente de décrypter quelque chose dans le regard de mon oncle mais je n’y lis rien. Un gars arrive et si je pouvais reculer, je le ferais. Il doit faire pas loin des 100 kg de muscles et sa queue est aussi massive que la mienne.

— Je te présente Loulou. Un jour, il a abîmé une fille de ton père alors qu’il s’amusait avec ses copains. Autant dire, qu’il a fait une grosse bêtise. Matéo l’a brisé et fait de lui sa petite pute. Je l’ai récupéré alors qu’il était dans les sous-sols du Céani, à croupir comme un rat. Il est boosté à la came, aux stéroïdes et divers aphrodisiaques. Une belle arme de baise.

Je n’ai pas le moindre mot qui sort de ma bouche. Le gars semble en effet dopé et attend l’ordre de son nouveau maître qui tient dans ses mains la chaîne qui le relie au collier en ferraille du pauvre type.

— Il est temps de parler, Danilo.

— Déconne pas Emilio ! Mon père n’aurait jamais voulu que tu me traites ainsi.

— Il t’a très mal éduqué et se serait rendu compte de son erreur.

— Non… arrête, si tu veux des femmes, y en a plein putain !

— Je sais mais là tu m’as pris quelque chose qui m’appartenait.

— C’est faux ! Dayana n’a jamais été ta propriété.

— Si, tout comme toi.

J’ai beau hurler ma rage contre lui, je sais très bien qu’il continuera jusqu’à ma destruction. La confrontation était inévitable, cependant je ne pensais pas qu’il irait jusque-là.

— Allez mon gros, occupe-toi bien de lui.

Il lâche la chaîne qui tinte sur le sol à chaque pas que le gars fait. Je lui crie de ne pas m’approcher mais tel un robot, il se met derrière moi alors que son maître s’assoit dans un fauteuil, un verre à la main.

— Ne t’arrête pas tant que tu ne vois pas du sang.

— Emilio…

Il lève la main et le type se fige, ses doigts déjà sur mes hanches.

— Des choses à me dire ? me demande mon enfoiré de bourreau.

— Ouais, va crever en enfer.

— Baise-le.

J’en ai pénétré des femmes mais jamais sans une préparation. Là, à sec, il s’enfonce dans mon rectum. Mon ventre se déforme à chaque coup de butoir et je me terre mentalement, quelque part où l’on ne pourra pas me détruire.

— Loulou un peu de partage s’il te plaît, branle-le.

Si je pensais que mon humiliation était à son paroxysme, j’apprends vite que de jouir sous la contrainte est pire que tout. Mon esprit combat autant qu’il peut mais finit par voler en éclat.

— Voilà, ça c’est ce que je veux voir. Merde, on dirait Matt… t’es…

Ma salive coule de ma bouche, mais je n’ai qu’un objectif, détruire cet être immonde. Il ordonne à son clebs de me baiser plus fort et mon sperme coule en continu tout en fixant ma proie. Je ne sens plus rien, ni dans mon corps ni dans mon cœur et encore moins dans mon âme. Il voit son adversaire, si Danilo n’est pas de taille, moi je le suis.

— Enchanté Emilio, lâché-je d’une voix calme.

— Merde…

Je lui souris et le suis des yeux pendant qu’il va fouiller dans son armoire.

— Non, tu vas rester à ta place, toi, clame-t-il en me fixant, une seringue à la main.

L’aiguille s’enfonce dans mon bras et le noir tente de prendre ma place mais avant que je m’endorme j’ouvre la porte des souvenirs. « souviens-toi Danilo ». Ma mère est allongée, je pleure pendant qu’on m’empêche d’aller vers elle. Emilio est là, penché sur elle. Son regard se terrifie devant le sourire de mon oncle.

— Maintenant tu sais, chuchote une voix dans ma tête.

Je me réveille en sursaut et Alana est là.

— Chut, ça va… calme-toi Dani, tu ne risques plus rien, pleure-t-elle.

Étourdi, je regarde autour de moi.

— Espe…

— Elle est en sécurité, me lance Adil, le visage tuméfié.

— Qu’est-ce qu’il…

— J’ai craqué mais il est encore en vie, clame-t-il en devinant mes interrogations.

Il m’explique que je suis resté trois jours au sous-sol. Quand il a remarqué qu’il devenait inquiétant de ne toujours pas avoir de mes nouvelles, il a débarqué et s’est battu contre les hommes d’Emilio. Il m’a ramassé par terre, nu, l’anus entaillé de plusieurs fissures mais inconscient à cause de la drogue que m’a injecté l’autre enfoiré.

— Je suis désolé, j’aurais dû intervenir plus tôt, s’exclame mon bras droit.

— Non, j’avais besoin de lui montrer qui j’étais.

— Tu lui as dit pour Dayana ? me demande-t-il inquiet.

— Non, rétorqué-je encore sous la fatigue.

Adil fronce des sourcils.

— Pourquoi t’es encore en vie alors ?

— Parce qu’il a eu peur.

Ils se regardent, Alana pose sa main sur sa bouche pour retenir un cri ou un sanglot. Elle sait qui peut effrayer son mari : le monstre.

OceanofPDF.com