Trafic (Tome3) (French Edition)
Chapitre 01
Lettre à mon fils
[DANILO]
C’est mon dix-huitième anniversaire et je me lève avec cette impression qui me tord le bide. J’ai comme une plaie immense en moi qui ne cicatrise pas. C’est un jour que je refuse de célébrer. Tous les ans, c’est la même rengaine. Je ne supporte pas de savoir que les deux seules personnes qui comptaient pour moi ne sont plus de ce monde. Je sacrifierais tout pour un sourire de ma mère ou de mon père, pour pouvoir les entendre se chamailler, se crier dessus. Déjà dix ans que je suis mort. Je suis brisé, incapable de me remettre de ces deux événements qui ont foutu en l’air le début de mon existence. Ma vie est une merde, putain ça me bousille. J’ai le moral en berne même si les premiers rayons du soleil se reflètent dans la pièce. J’ai les nerfs à vif, comme à chaque anniversaire qui me rappelle l’absence de mes parents et de ma petite sœur. Je mets un pied au sol et la rage s’empare sinueusement de tout mon être. Je déteste ressentir cette sensation qui me déstabilise. L’effet de me sentir habité par un autre me pousse à devenir ingérable. J’attrape tout ce qui est à ma portée et le brise au sol ou contre les murs. Je hurle ma souffrance, gueule comme un hystérique en balançant des « pourquoi » à travers la pièce. J’ai qu’une envie, tout dévaster pour m’apaiser, mais chaque objet que je casse ne m’amène aucune sérénité. C’est pire que tout, ma fureur prend le dessus.
— Calme-toi, Danilo ! m’interpelle une voix que je connais trop bien.
Elle passe ses bras autour de ma taille et s’accroche à moi fermement.
— Je t’en prie, arrête, pleure-t-elle.
Il suffit que je pose mon regard dans celui de ma promise pour m’apaiser. La couleur de ses prunelles me rappelle mon père, ça a le don de m’hypnotiser, comme si dans ses iris une partie de mon âme existait. Dans mon état second, je ne l’ai pas entendue entrer. Dayana est la fille de Juan et Anna-Maria. On a grandi ensemble et nous vivons sous le même toit puisque sa mère travaille toujours pour mon oncle. Daya était là quand j’ai tout perdu. À dix-sept ans, elle agit encore comme une adolescente qui refuse de mûrir. Son père est décédé il y a deux ans d’un cancer agressif, alors qui mieux qu’elle pour me soutenir.
— Tu veux que je te prépare une ligne ? me propose-t-elle, en se dirigeant vers ma table de nuit pour sortir un sachet de poudre.
— Non, j’en n’ai même pas la force.
Elle me connaît par cœur et sait exactement ce dont j’ai besoin. Sous son insistance, je finis par craquer. Même dans un état second, il ne lui arrivera jamais rien. Je pourrais crever pour la protéger.
Au même instant, mon oncle Emilio, pénètre dans mon antre.
— Nom de dieu Danilo, chaque année, c’est de pire en pire, reúnanse[8] !
— Merde cousin, t’as fait fort, me balance Andrés en entrant également.
Il vient me serrer dans ses bras à son tour. On est comme des frères lui et moi. Andrés est l’un des triplés qu’Emilio et Alana ont eus. Nous avons quatre mois d’écart d’âge. Ensemble dans la même galère jusqu’à la
muerte[9].
— Danilo, je dois te voir dans mon bureau, maintenant, clame mon oncle nerveux.
— Tu es dans la merde, Dani, rigole Andrés.
Je dépose un baiser sur le front de Dayana qui me retient la main.
— Hey, je t’attends pour aller voir tes parents, déclare-t-elle bienveillante.
Depuis leur décès, je me rends quotidiennement dans la chapelle, où sont entreposées leurs cendres ainsi que celles de ma petite sœur. Ma mère était enceinte quand elle a été assassinée. On a su que ce serait une fille, mais les secours n’ont pu sauver aucune des deux. Mon père n’a pas supporté de perdre son seul et unique amour, la femme pour laquelle il a tout donné. Papá s’est immolé et est parti dans d’atroces souffrances. Mourir dans la douleur était pour lui une satisfaction.
Alana a été une mère de substitution pour moi. Elle a tout essayé pour être à la hauteur. Quant à Emilio, il a dû, lui aussi, rester fort pour m’élever. Ils étaient dévastés, mais ont su se faire violence pour leurs enfants et pour moi. Mon oncle a subi trop de pertes humaines. Notre clan s’est ensuite enfermé dans le mutisme pour se protéger des mauvaises langues et des journalistes. Nous avons dû gérer notre peine du mieux que l’on pouvait, enterrer nos morts et survivre. J’ai vécu une enfance difficile, dirigée par les crises de nerfs et les accès de colère. La cocaïne a été pour moi un refuge et la seule solution pour me canaliser. Mais aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir du feu dans les veines, des ronces dans le cœur. Je prends mon téléphone, mon écran d’accueil affiche le doux sourire de ma mère adulant mon père, leurs mains posées sur son ventre. Bordel, ils s’aimaient tellement fort que ça m’arrache le cœur. Pourquoi ça nous est arrivé, pourquoi… ? Je m’écroule au sol.
— Danilo, regarde-moi, relève-toi, me chuchote Alana qui m’enlace.
— Je veux ses bras à elle, lui rétorqué-je bouleversé.
— Ils n’auraient pas aimé te voir ainsi. Je sais que c’est dur, mais tu as les gènes d’un Sanchez, tu es fort. Tu as le regard de ta mère, une vraie battante, leur sang coule dans tes veines. Ils seraient tellement fiers du beau jeune homme que tu es devenu. Allez, viens, Emilio va s’impatienter.
Nous nous dirigeons vers le bureau de mon oncle. Al rentre également et ferme la porte derrière elle.
— Je sais que c’est une journée difficile pour toi. Tu es déjà très perturbé, cependant, ta majorité te donne des responsabilités. On doit discuter de ton avenir, tonne la voix de tío.
— J’en n’ai pas.
— Arrête de te lamenter ! Crois-tu que ton père aurait voulu d’un faible ?
— Papá n’est plus là, alors qu’est-ce qu’il en a à foutre ? répliqué-je blessé.
Il se pince l’arête du nez et demande à tía[10] de partir.
— Emilio, s’il te plaît, implore Alana, dépitée.
— Dehors ! lui ordonne-t-il sèchement.
Je lui fais signe de me laisser. Il ne m’impressionne pas, même quand il gueule, alors je ne crains pas d’être seul face à lui. Mon mètre quatre-vingt-dix me permet de le dépasser d’une tête. Si ce n’était pas mon oncle, il y a longtemps qu’il se serait pris mon poing dans la figure.
— Écoute, je vais t’expliquer les choses très clairement. J’ai accepté de te filer le business de la came au lieu de celui des filles. Ça fait deux ans que je patiente, mais là, ce n’est plus possible. Tu passes ton temps à baiser mes putes et à siffler le stock de coke.
— Tu veux que j’aille bosser au Mac do ?
Il frappe un grand coup sur la table et m’envoie toute sa haine à travers ses iris noirs. Les effets de la cocaïne commencent à agir, car je me marre sans raison. Il m’attrape par la gorge jusqu’à étrangler mon rire.
— Tu vas bien ouvrir tes oreilles, Dani. Je veux que tu te maries avec
Dayana, que tu lui fasses des niños[11], que tu agrandisses la famille. Sinon je peux te jurer que je la foutrai sur le trottoir et elle pourra dire adieu à ses études d’infirmière.
Chaque mot me ramène à la réalité du monde dans lequel je vis. Comme s’il aspirait les effets de la poudre, je n’ai plus cette impression d’apaisement. Je suis face à celui qui tient mon sort entre ses mains, mais surtout le destin de cette fille sans défense. Mon corps retrouve sa force et je le repousse violemment.
— Non ! Je t’interdis de la mêler à ça ! gueulé-je à bout de nerfs.
— Alors marie-toi, s’impose la voix de mon oncle d’un ton tranchant.
— Tu crois pouvoir diriger ma vie, mais je ne suis pas une de tes putes !
Il a ce ricanement moqueur pendant qu’il se sert un verre de whisky.
— On dirait ton père. Il avait tellement l’espoir que tu sois son digne fils.
— Il ne voulait que mon bonheur.
— Mais sais-tu seulement ce que c’est ? Dayana est une gentille fille, vous vous connaissez par cœur, vous flirtez sans cesse, alors pourquoi refuses-tu d’en faire ton bijou ?
J’en ai ras le bol qu’il essaye de me forcer la main. Je ne sais même pas si je serai encore en vie demain.
— Elle n’a que dix-sept ans, elle est bien trop jeune pour devenir femme et mère.
— Je te rappelle que ta cousine avait le même âge quand elle s’est mariée.
— Ouais, et elle est malheureuse. C’est parce que j’aime Daya que je veux la préserver, attendre qu’elle soit responsable de ses choix pour son avenir.
Il accentue son rire.
— Le seul qui décide ici, Danilo, c’est moi. Je te laisse jusqu’à la fin de l’année pour organiser ton mariage. Sans alliance à son doigt au 1er janvier, elle sera conduite dans la rue, et tu en porteras la responsabilité.
— Je t’interdis de l’utiliser ! haussé-je le ton.
— Pour ta gouverne, j’ai tout pouvoir en Colombie, alors tu ne peux pas m’empêcher d’accomplir ma domination.
— T’es taré.
— On a au moins ça en commun, conclut-il hargneux.
C’est vrai qu’il faut être barge pour lui tenir tête, mais c’est plus fort que moi. Je préfère me tirer, car j’en ai ras le bol de sa dictature. Je claque la porte sous le nez de ses hommes qui ne bronchent pas. Ce ne sont que des foutus clebs qui n’attaquent que lorsque le maître ordonne. Pathétique.
— Eh Dani, ça va ? m’interroge Adil qui s’avance vers moi d’un pas décidé.
— Ouais.
— Viens avec moi, je dois te montrer quelque chose, j’en ai pour deux minutes.
J’ai confiance en ce gars les yeux fermés. Si Emilio a repris mon éducation, lui a été comme un père pour moi. Je le suis dans un coin, le regarde interloqué lorsqu’il sort une lettre qu’il me tend. Sur l’enveloppe, juste trois mots « À mon fils ».
— J’ai trouvé ça dans les affaires de ton père.
— Où ça ?
— Dans une planque qu’il avait. Ton oncle, ce connard veut la raser. On doit donc tout nettoyer, soupire-t-il en levant les yeux au ciel, agacé.
J’ouvre la lettre et commence la lecture.
Mon Dani, mon niño, pardonne-moi de ne plus être là pour toi. Je ne connais pas la vie sans ta mère, elle était ma reine, la plus belle histoire de mon existence. Je t’écris cette lettre et je pleure comme un gosse. Putain, je suis indigne d’être le père que tu mérites. Je n’ai pas su protéger ta mère et ta petite sœur, je les ai tuées toutes les deux. J’ai une part de responsabilité. Je n’ai pas réussi à tenir la promesse que je lui ai faite, de la mettre toujours à l’abri, j’ai échoué. Je suis relié à elle à jamais, pour l’éternité. Je l’aime et merde, j’étais incapable de lui avouer, car je ne suis qu’un lâche. Elle t’aimait tellement, tu sais. Dans la couleur de tes yeux se reflète son regard. Je n’y arrive plus, baby boy, j’essaye, je te jure, mais chaque fois que je te vois, c’est un coup de poignard en plein cœur que je reçois. Jamais j’avais pensé pouvoir aimer un jour et putain, elle m’est tombé dessus et a bouleversé ma vie. Souviens-toi d’elle comme d’une tornade, un putain d’ouragan. C’était une véritable lionne, et tu as sa force de caractère. Tu lui ressembles tellement. Niño pardonne-moi pour tout. Je vais rejoindre ta mère parce que la vie sans elle est un putain de supplice, un crève-cœur. Je suis vide, je suis mort avec elle.
Je t’aime mon fils, prends soin de toi et de la famille. Emmerde bien tía, c’est une chieuse et surtout respecte ton tío. Restez unis, soudés, ne m’en voulez pas, je vous aime tous, mais mon cœur a perdu son âme sœur et je meurs un peu plus chaque jour. Je ne sais pas gérer cette souffrance, mon monde s’écroule, mon enfer personnel m’appelle. Le démon en moi m’attire désespérément vers elle. Je l’aime, putain ça fait tellement mal. Surtout, mon fils si un jour, tu aimes une femme dis-le-lui, n’attends pas que ce soit trop tard, ne soit pas aussi con que moi.
Un jour, j’ai dit oui à ta mère, pour l’éternité, pour toujours. C’est le moment pour moi de respecter cette promesse. Ne pleure pas, mon Dani, sois fort mon fils, pour nous, pour la famille. Ça m’arrache la gueule de t’écrire ses mots. Putain, je me rends compte que mon monde ne tourne qu’autour d’elle.
Ma merveille, elle t’appelait comme ça, je ne sais pas si tu t’en rappelles, mon Danilo. Tu seras peut-être une star de NBA, toi qui aimes jouer au
basket. Perdoname[12]mon fils, ma raison a foutu le camp. J’aurais pu crever pour ta mère, si on pouvait échanger nos places, je prendrais la sienne sans hésiter. Elle était la seule que je voulais retrouver le soir, mon bien-être dans mon enfer. Qui aurait cru qu’un jour, je puisse écrire ses mots. Je lui ai confié les clefs de mon cœur et elle m’a ravagé. Merde… Je ne pensais pas que ça pouvait faire aussi mal de mourir d’amour pour une femme. Je me croyais intouchable, j’avais tort.
Je t’aime, ton papá.
Les larmes affluent sur mon visage, pourquoi n’ai-je cette lettre que maintenant ?
Comme s’il lisait dans mon crâne, Adil m’apporte la réponse.
— Personne n’a refoutu les pieds là-bas depuis…
— Ouais. Merci.
— Il t’aimait comme un fou, Dani. Mais tu sais, je serai toujours là pour toi.
— Je sais, merci.
Adil était l’une des meilleures recrues de mon père. Il plaçait en lui tous ses espoirs et c’est pour cette raison qu’il était devenu son second après Greg. D’ailleurs, ce dernier avait été tué, suite à la mort de ma mère. Papá le tenait pour responsable, mais je pense qu’il était simplement trop malheureux et que c’était sa façon de rester en vie, du moins pour un temps.
— Eh, ça va aller, me rassure-t-il de sa voix chaude.
Bien qu’il soit plus petit que moi, il impose le respect avec son air de tueur. Ses cils sont si foncés qu’ils semblent maquillés. Il n’est pas colombien et n’a pas perdu son côté oriental, ce qui n’est pas pour déplaire à ma tante lorsqu’elle s’avance vers nous avec un sourire aux lèvres. Et là, je comprends que je dois me barrer.
Je passe à la douche et sors pour me rendre à la chapelle où reposent mes parents. Emilio l’a construite pour que je puisse venir me recueillir à l’abri des regards indiscrets. Sur les marches devant le bâtiment, Dayana et Andrés m’attendent avec bienveillance. Je passe devant mon cousin, qui me pose une main sur l’épaule en guise de soutien et j’enlace Dayana pour trouver un peu de courage.
— Pouvez-vous m’attendre dehors ? J’ai besoin d’être seul.
— Tu sais où nous trouver, réplique Andrés.
Quand je rentre dans le petit endroit, trois photos sont accrochées. Ma mère apparaît souriante sur un portrait d’elle près de la piscine. Mon père quant à lui est assis sur le lit d’extérieur avec son air sérieux. La troisième est un cliché de leur couple. Ils se regardent amoureusement tandis qu’une des mains de papá touche son ventre où ma petite sœur avait pris place. Leurs cendres sont mélangées dans une seule urne ne faisant qu’un jusqu’au-delà des étoiles. C’était ainsi leurs vœux si un jour, il leur arrivait malheur. J’embrasse l’urne, pose mes mains dessus pour me connecter à eux. Juste les toucher permet de me sentir apaisé.
— Mamá, papá, Estrella[13], aujourd’hui est un jour si difficile, je suis perdu, je n’ai plus la force d’avancer. Pourquoi devrais-je affronter cette vie tout seul ? Papá, pourquoi m’as-tu abandonné ? J’ai lu ta lettre et j’ai pleuré comme un faible. Je suis aussi lâche que toi putain. Je ne sais plus ce que je dois penser. La situation me dépasse et Emilio voudrait que je me marie avec Dayana. Je ne ressens rien. Je ne veux pas de cette vie qui nous a brisés et encore moins l’imposer à une femme. Si on avait eu une vie normale, rien de tout cela ne serait arrivé. Mama, pourquoi es-tu tombée amoureuse de lui ? Que s’est-il passé dans ta tête pour choisir un trafiquant comme mari alors que tu étais de la police ? Tu t’es mise en danger inutilement. Pardon pour mes mots, je n’ai pas le droit, mais tu me manques tellement. Je ne pourrai jamais me relever. Je vous aime tous les trois. Estrella, on ne s’est jamais vu, mais tu as entendu ma voix. Tu as dû sentir mes mains sur le ventre de notre madre, je t’adorais déjà tellement fort. J’aurais voulu une autre vie pour toi, te voir grandir, te protéger, comme un grand frère l’aurait fait. Pardon de pleurer, je ne suis qu’un faible, papá ne m’en veux pas, mais je refuse de devenir cet homme-là. J’ai besoin de votre force. Donnez-moi la motivation d’avancer, aidez-moi.
Puis je cogne le sol avec rage, Andrés et Dayana entrent en entendant mes cris.
— Mon frère arrête, je suis là, je te promets qu’on va t’aider, n’est-ce-pas Daya ? intervient mon cousin.
— Dani, allez, viens, on va sortir s’amuser pour oublier cette journée, jusqu’à ce que demain soit un autre jour, me lance Dayana, avec son air d’ado déjantée.
— Je ne le lâcherai jamais, tu entends tío, je ne le laisserai pas tomber, je te le jure, promet mon cousin à son oncle décédé.
Dayana m’aide à me relever, comme d’habitude son regard dans le mien m’interpelle. Je n’aime pas la voir triste donc je la réconforte comme une petite sœur. Mais pendant combien de temps ? Nous sortons de la chapelle au moment où Emilio arrive pour y entrer. Il me voit dans tous mes états et m’envoie un regard sombre.
— Reprends-toi, j’ai honte.
Je suis à bout de forces, j’ai besoin de m’aérer. Alors je sors avec Dayana et Andrés dans les bars de la ville. Tout y passe : rhum, cocaïne, sexe. J’ai envie de tout casser, je sens quelque chose bouillir en moi, comme un volcan prêt à exploser. Je ne sais pas ce que c’est et je redoute de le découvrir.
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