Trafic (Tome3) (French Edition)
Chapitre 21
L’espoir fait vivre
[Yelmani]
Suite à un rêve merveilleux, je me réveille à l’aube, comme ces quatre dernières semaines. Les flashbacks avec Esperanza hantent mes nuits. Cette femme a bouleversé ma vie. Chaque soir, je lève mes yeux vers le ciel, espérant ressentir la chaleur de son cœur. Les étoiles brillent dans l’immensité de l’univers et je prie pour que ma princesse pense encore à moi. J’ai mal à l’âme quand je songe à tous les instants que nous avons partagés. Cette beauté colombienne m’a foudroyé. Lorsque nos regards se sont percutés, une décharge électrique a envahi mon corps. Beaucoup de monde ne croit pas au coup de foudre, et pourtant, Cupidon m’a transpercé de sa flèche. Je ne saurais l’expliquer, mes sentiments sont indescriptibles. Las, je sors du lit direction la douche. Sous le jet d’eau, je ne peux m’empêcher d’imaginer son visage. Pris d’un désir incontrôlable, je commence à me masturber doucement. Le souvenir de ses lèvres sur les miennes, de sa langue qui me caresse, me force à accélérer le rythme. Ma respiration saccadée me pousse à des gémissements silencieux, tandis que je me remémore notre première fois dans le désert. Sa fragilité, sa tendresse, sa poitrine que je cajole, mes doigts dans sa fente trempée. Des spasmes me font frissonner, alors j’accentue la pression sur ma queue. La pénétration difficile dans ses chairs, nos peaux en sueur, nos cris de plaisir qui se mélangent, sa jouissance, la libération de ses frustrations, son orgasme qui la ravage, qu’elle est belle. Revenant à la réalité, j’éjacule fort en plaquant une main sur le carrelage blanc afin de me retenir, tant la sensation est exquise.
— T’es dans la merde mec ! me dis-je à moi-même.
Un mois que je tente de passer à autre chose, mais cela m’est impossible. Je la respire par tous les pores de mon épiderme. Allah me l’a imposée tel un défi pour être pardonné de mes erreurs. C’est ma repentance, cependant, c’est aussi une souffrance insupportable. Je dois vivre avec cette douleur comme le mal que j’ai infligé à mes parents lors de mon passage en prison. Il me punit cruellement. Je garde la tête haute malgré ma peine et endure l’épreuve, c’est ce qui fera de moi un homme entier. Je quitte la pièce et me dirige vers la cuisine. Oummi est en train de composer le petit-déjeuner. Je dépose un baiser sur sa chevelure avant de m’asseoir. Elle me sert le thé, et j’avale deux crêpes au miel.
— Mon fils, je ressens que tu es malheureux. Pourquoi l’attends-tu encore ? Trouve-toi une Marocaine de bonne famille et marie-toi.
— Maman, c’est compliqué d’oublier quelqu’un qui a compté pour toi. Elle m’a été envoyée tel un signe. Je suis persuadé que notre histoire n’est pas terminée.
— Elle serait déjà revenue si ses parents avaient accordé leur bénédiction ! s’exclame la voix de mon père qui s’installe à mes côtés.
— Ne vous en mêlez pas, s’il vous plaît.
— Tu souhaites laisser ta mère triste et sans petits enfants ? Regarde-la, elle a perdu tout l’espoir de voir son fils se marier.
— Non, bien sûr que non.
— Ibn[44], tu as vingt-huit ans, Chemsa la fille du voisin a dix-huit ans. Elle est prête pour le mariage, elle est belle et intelligente, me signifie ma mère avec conviction.
— Stop ! déclaré-je en me levant pour sortir de la pièce.
Baba ronchonne dans sa moustache, tandis qu’Oummi a le front dans ses mains en priant Allah de lui venir en aide. Je ne souhaite pas les déshonorer, ils tiennent absolument à ce que je construise une famille et vole de mes propres ailes, mais je n’en ai pas l’envie. Je les aime plus que tout, mais je ne céderai pas à leur requête. Je récupère mes affaires et part pour bosser dans le garage du coin qui m’embauche depuis quinze jours. Je salue mon chef et me dirige vers mon casier pour enfiler mon bleu de travail. Je m’occupe de vidanger deux véhicules, avant de changer une roue. Une personne m’interpelle. Je sors de sous le véhicule en pleine réparation d’une fuite. Une ravissante blonde bouclée au carré me sourit lorsque je m’approche d’elle.
— Bonjour, vous êtes le…
— Mécano, la coupé-je.
— Ma voiture est en panne juste à cinq minutes d’ici. Quelqu’un m’a gentiment déposé au garage, déclare-t-elle avec un pur accent français.
— Nous sommes accueillants au Maroc.
— Et pas que ça, répond-elle en me regardant tout en se léchant la lèvre inférieure.
Il est rarissime de tomber sur des filles plantureuses dans le coin. Elle a des formes généreuses et des fesses rebondies dans son jean moulant.
— Eh bien, allons chercher votre carcasse.
J’emprunte un vieux tacot de mon boss, prends de la corde, monte derrière le volant tandis que la touriste s’installe côté passager.
— Vous êtes en vacances ? la questionné-je en conduisant.
— Oui, je suis de passage dans votre région pour quelques jours. Marrakech, puis Casablanca.
— Vous allez vous plaire, ce sont de grandes villes et il y a beaucoup d’activités à pratiquer.
— Je n’en doute pas. La voilà, elle est juste là-bas à droite du panneau, m’indique-t-elle.
Je me gare et tente de démarrer sa voiture. Le voyant de l’huile du moteur s’affiche en rouge. Je déverrouille le capot et examine ses niveaux. Elle est à sec. J’attache les deux carlingues ensemble et les ramène au garage.
— Vous ne contrôlez jamais vos niveaux ?
— J’avoue que je ne n’y connais rien. C’est une location entre particuliers.
— Ce n’est pas grave, je vais remettre tout ça en ordre.
De retour, je lui propose une petite vidange pour son véhicule. Elle accepte volontiers et me laisse bosser. Je la sens me lorgner à plusieurs reprises. Ses sourires équivoques ne me laissent pas insensibles. Je mesure la pression de ses pneus gratuitement et vérifie quelques petits détails pour m’assurer qu’elle ne risque rien.
— Venez par-là. Je vais vous enseigner comment remplir vos différents liquides.
Elle se lève de son siège et me rejoint dans une démarche chaloupée. Je dévisse le bouchon afin de sortir la tige.
— Vous voyez ici, c’est écrit mini, maxi, il faut toujours que le liquide soit entre les deux. Pas plus, pas moins.
Elle se penche en avant m’offrant une superbe vue sur sa poitrine volumineuse. Je replonge la jauge et referme tout. Je l’emmène au bureau pour qu’elle règle la note.
— Trois cents dirhams, je vous prie.
— Ai-je droit à une réduction si je convie le mécanicien à un rendez-vous ? ajoute-t-elle en sortant les billets de sa poche.
— Malheureusement, ce n’est pas possible, lui rétorqué-je en souriant.
— Vous êtes vraiment canon.
— Merci.
Je la rejoins pour la raccompagner, mais au moment où je suis à ses côtés, ma cliente observe autour d’elle et retire son haut. Son soutien-gorge en dentelle rose décore magnifiquement ses deux jolies poires.
— J’ai toujours rêvé de coucher avec un mécano recouvert de graisse.
— Euh… je…
Son offre est alléchante, mais je ne suis pas certain d’en avoir envie. Ma cliente me voit hésiter, mais ne lâche pas l’affaire. Elle se retourne dos à moi et retire son string assortis à son haut tout en sensualité.. Elle vient se coller à mon corps, m’embrasse dans le cou, avant de se retourner et de se déhancher tout en se frottant contre ma verge qui durcit.
— Et maintenant, beau goss, t’attends quoi ?
Je ne me contiens plus et la chope par le cou pour la coller contre le mur. J’attaque sa bouche, sa gorge et mordille son épaule. Pour éviter de croiser mon patron à son retour ainsi que de probables clients, je la tire par le bras, et l’emmène dans les toilettes. Je nous enferme et dézippe ma combinaison qui me tombe sur les pieds. J’abaisse mon boxer sur mes cuisses, et elle vient me sucer avidement. Tel un gentleman je me retiens pour éviter que mon sperme ne finisse dans sa divine bouche. Elle sort un préservatif de son sac à main, et me l’enfile. Elle se penche dos à moi sur le WC et je la pénètre. Mes coups de rein la font geindre de plaisir. Ce n’est pas une fille que je reverrai et pour qui j’éprouve des sentiments alors je la baise comme elle le désire. Je tire sur sa chevelure que je maintiens pour qu’elle se cambre un maximum et j’accélère le rythme. Mes couilles claquent tellement fort que je ne me retiens plus et la démonte jusqu’à ce que sa chatte m’aspire et que son orgasme la fasse hurler. J’éjacule à mon tour, mettant un terme à cette petite partie de sexe.
— Alors à la marocaine, c’est bon ?
— Délicieux, sourit-elle.
Je me rhabille, et sors tandis que mon patron attend à l’extérieur.
— Je crois que la demoiselle a oublié ses vêtements dans mon bureau.
— Eh merde, balancé-je dégouté qu’il soit revenu si vite.
— Que tu sautes des clientes, je m’en tape, mais pas ici.
— Je ferai plus attention la prochaine fois.
J’envoie ses fringues à la française qui patiente, et lorsqu’elle sort, mon patron la matte sans concession.
— Ben dit donc mon salaud, c’est un avion de chasse.
— Elle était savoureuse, c’est exact.
Il me fait un check et je me remets au boulot. Épuisé, je rentre en fin de journée à la maison. En franchissant la porte, je discerne plusieurs voix provenant du salon. J’avance vers elles, et comprends ce qui se passe quand j’aperçois mes parents partageant le thé avec mes voisins et leur fille Chemsa.
— Ah, mon fils, viens dire bonjour à nos amis, m’interpelle mon père.
— Je… laissez-moi me doucher, j’arrive, je ne suis pas présentable.
— Tu as raison Yelmani, va te laver, affirme ma mère.
Désabusé qu’ils puissent oser décider pour moi, j’ai les nerfs à vif. Je monte dans ma chambre, et une lettre à mon attention est posée sur mon lit. Le timbre vient de Colombie. Je décachette avec précipitation l’enveloppe et lis les quelques mots qui sont écrits.
Yel,
Chaque soir, je touche les étoiles sur mon poignet et lève le regard vers le ciel.
Je pense à toi chaque jour qui s’écoule. Je vais bien, et je suis en sécurité.
Tu te demandes sûrement comment j’ai obtenu ton adresse. Je l’ai mémorisé sur ta boîte aux lettres. Toi qui es joueur et intelligent, je te laisse avec ce code que tu déchiffreras si tu veux me joindre.
+0057 AC FI DE BH -
À bientôt.
Esperanza.
Je rends grâce à Allah de m’avoir envoyé un signe de celle qui a pris mon cœur. Je me glisse sous le jet d’eau chaude, me dépêche de rejoindre mes parents en bas afin de rencontrer ma voisine, bien que leur offre de mariage ne m’intéresse pas. Lorsque les voisins partent, ils ont l’espoir que je demande la main de leur fille. J’ai encore quelques jours avant de formuler une réponse. Je ne briserai pas leurs attentes immédiatement afin que ma mère ne souffre pas.
Une fois que je suis seul, mon père m’interpelle pour recueillir mon avis, mais ce n’est pas le moment, j’ai une énigme à résoudre. J’accours dans ma piaule, m’allonge sur mon lit et comprends très vite là où Esperanza souhaite m’emmener.
Les lettres correspondent à des chiffres et si je reprends l’alphabet français, je suis sur la bonne voie. Au bout de plusieurs minutes, j’ai enfin un numéro de téléphone, je tente le tout pour le tout et envoie au 0057 13 69 45 28 :
[Moi :
Les mille et une nuits princesse]
Si je me suis trompé tant pis, je dirai que c’est une erreur de destinataire. Mon portable vibre m’annonçant la réception d’un message.
[Espe :
Bravo, tu as gagné sans tricher Aladin]
C’est bien elle et j’en suis le plus heureux. Ma vie emprunte désormais une tournure inattendue. Je compte bien retrouver celle qui un jour s’est emparée de mon âme. Je fais le serment de ne plus rompre le contact avec cette fille qui a bouleversé ma vie.
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