Trafic (Tome3) (French Edition)
Chapitre 38
Un combat perdu d’avance
[Danilo]
Nous sommes là tous les trois à nous regarder. Il est clair que j’ai échoué.
— Je t’avais dit de ne pas la récupérer, crache Adil.
— Je sais, je suis désolé. Je… putain ça fait chier.
— On a compris, y a moyen d’éteindre cette télévision ? balancé-je aux hommes autour de moi.
— Non, regarde-la ta pute.
Putain, ce sont bien les clebs de mon oncle eux.
— Tu crois qu’il pourrait s’en prendre à Esperanza ? me demande Yelmani inquiet.
— Vaut mieux pas pour lui.
— Tu vas faire quoi Danilo hein ? réplique sèchement mon homme de main qui ne croit plus en moi.
— Je vais le tuer.
Il ricane comme si je faisais un caprice de gosse. Les cris de Dayana s’arrêtent enfin, elle ne bouge plus sur la table et je redoute le pire. Estrella est prostrée dans un coin avec les enfants de Luïs et un type arrive.
— On les embarque, balance-t-il.
— Quoi ? Où les emmenez-vous ! crié-je en voyant le reste de la famille emmené loin de Luïs.
Ma meilleure amie n’est pas en état de s’opposer mais ma petite sœur se débat comme une lionne jusqu’à être giflée et tirée de force. L’ami de mon père qui est dans un sale état est toujours maintenu en joue.
— Maintenant à toi, meugle le type qui s’arme d’un coup de poing américain.
Les coups pleuvent sur Luïs, qui finit à terre sans bouger.
— Hijo de puta [49]! braillé-je aussi fort que possible en crachant au pied du clebs de mon oncle.
Je prends une droite puis une autre et je sens le sang couler sur mon œil.
— Boucle-la, petit con.
L’homme reçoit un appel et nous détache enfin. Ils sont donc partis pour ce mariage de merde.
— Vous restez dans cette pièce, je vous déconseille fortement de tenter quoi que ce soit, on a les petites et les gosses.
— Sale enfant de chienne.
Sans savoir ce qu’il nous attend, on doit rester dans l’immense salon. La gouvernante nous amène de quoi nous restaurer et le temps semble être une éternité. Bien qu’on essaye tous les trois de lutter contre le sommeil, parfois notre corps nous trahit en s’offrant une pause. C’est lorsque les doubles portes s’ouvrent qu’on sursaute. Dayana et Estrella sont projetées contre nous. Je serre fort ma meilleure amie brisée et tend le bras vers ma petite sœur qui n’ose pas s’incruster.
— Viens.
Je tente de les rassurer autant que je peux. Adil, lui, interroge le chef du groupe.
— Où sont les enfants ?
— Ailleurs.
— Putain, vous leur avez fait quoi !
— Pour l’instant rien, ils vont bien, maintenant boucle-la.
Adil crache sur lui et se mange un coup de crosse. Je sens Daya frissonner et l’enveloppe dans un plaid posé sur le canapé. Je la déplace avec Yelmani de façon à la rapprocher du feu de cheminée pour la réchauffer.
— Le bébé Dani, j’ai mal au ventre, pleure-t-elle pendant que je l’allonge.
— Essaye de te reposer un peu, tu ne sembles pas saigner, c’est plutôt bon signe.
— Ils m’ont… j’ai tellement souffert, si tu savais ce qu’ils m’ont fait.
— Chut, je suis là maintenant.
— Luïs, ils l’ont battu, tu sais s’il est vivant ?
Comment lui dire que même ça, je suis incapable de le savoir. J’ai vraiment merdé de A à Z. Alors je fais ce que je peux.
— Ils n’avaient aucune raison de le tuer.
Elle se crispe de douleur et je redoute le pire. Ses ongles se plantent dans le tissu du canapé et elle hurle. Je regarde Estrella alors que les images de ma mère me reviennent. Je pose ma main sur le petit ventre de mon amie, comme pour accompagner cet enfant jusqu’au bout. Les contractions sont bien trop importantes pour qu’il survive.
— Dani !
— Je suis là.
— Pourquoi j’ai si mal ?
— Ça va aller ma belle.
Adil et Yelmani observent impuissants eux aussi. Ses cris déchirent mon âme mais je reste près d’elle. Elle me broie la main alors que son corps ne cesse de se contracter. Après plusieurs heures de souffrance, elle se calme totalement anéantie. Je n’ose pas regarder sous le plaid, refusant d’avoir provoqué la mort d’un innocent par mon échec. Les portes s’ouvrent d’un coup et Emilio apparaît tel le démon qui sort de sa boîte.
— Où sont Esperanza et Alana ? hurle-t-il.
— Avec toi, non ?
— Putain elles me font vraiment chier ces deux-là !
Des hommes arrivent assez vite en tenant la mère et la fille.
— Hijo du puta ! crie ma tante déchaînée.
— On les a trouvées dans une voiture qu’elles ont volée.
— Super, soupire mon oncle agacé.
Elles sont amenées près du grand chef de mes deux qui attrape Alana par la gorge. Adil est sur le point d’intervenir mais je l’interromps.
— On a besoin d’un médecin, articulé-je d’une voix trouble en montrant Dayana qui souffre toujours autant.
Je lance un regard à mon oncle puis à Alana. Il acquiesce d’un coup de tête pour que sa femme vienne ausculter ma meilleure amie. Yelmani éloigne Espe et Estrella de nous. Lorsqu’on soulève le plaid, j’ai une terrible envie de vomir. Il est dans sa poche et ressemble déjà à un bébé. Dayana fixe un point loin du carnage, comme enfermée dans une bulle.
— C’est fini, elle a tout expulsé. Bravo Sanchez, t’as encore tué un innocent, balance-t-elle à son mari en lui collant le fœtus dans les mains.
Il tente de ne rien montrer, mais ça fait écho à l’enfant qu’il a lui-même perdu.
— J’ai… j’ai jamais voulu ça, Al. Je ne savais pas qu’elle… putain fait chier.
Elle ne répond pas et va se réfugier dans les bras d’Adil. Mon oncle l’a définitivement perdue et il le sait, ce qui risque de le rendre encore plus redoutable. Un silence pesant s’installe dans la pièce. Il fait les cents pas, réfléchissant à quoi dire. Il n’a donc aucun plan et n’a même pas pensé à l’après, ce qui le rend plus vulnérable.
— Bien, maintenant qu’on est tous réunis, j’aimerais vraiment que cette famille se retrouve.
Esperanza lâche un rire étouffé.
— Une famille ? T’as tout détruit papá ! Regarde autour de toi, est-ce que tu vois du bonheur ? de la joie ?
— Justement j’aimerais qu’on récupère ça.
— Mais tu rêves là, jamais je ne pourrai te pardonner tes erreurs ! Tu m’as vendue à un sale type pour tes affaires, t’étais prêt à me forcer à être mère. T’as fait violer Dani et… regarde Dayana.
— C’est ma femme elle aussi j’en fais ce que j’en veux, réplique-t-il sèchement.
— Ta femme ? Ton esclave tu veux dire, non ? Tu ne seras jamais un mari pour Daya, tout comme tu ne l’as jamais été pour maman, comment t’aurais pu l’être alors que votre relation a commencé par son viol.
— Esperanza tais-toi ! intervient Alana, qui n’a pas envie de se prendre la vérité en pleine face.
Mais le dragon est sorti de sa tanière.
— Tu parles sans savoir ma fille, le premier à l’avoir violé c’est Matt, balance-t-il en me regardant.
Je connais cette partie de l’histoire mais ça me fait toujours aussi mal qu’on me rappelle la vérité sur mon père qui était tout autant monstrueux que l’homme en face de moi. Et il le capte vite.
— C’est moi qui l’ai arrêté alors qu’elle n’en pouvait plus de se manger des coups de reins féroces. Si à tes yeux je suis une bête, crois-moi Espe ton oncle était pire.
Pourquoi doit-il toujours salir mon père !
— Laisse papá où il est, assume tes propres décisions, riposté-je.
— Ah Dani… arrête de t’opposer à moi. Crois-tu être en mesure de le faire ? Ton armée est décimée et je détiens les femmes de ta misérable vie.
— Va te faire foutre, je vais te tuer.
Il me toise d’un air mauvais mais je ne baisse pas les yeux.
— Occupez-vous de Dayana, ordonne-t-il en me fixant.
— Non ! Arrête ! Elle a assez souffert comme ça ! Putain, je t’en supplie arrête, l’imploré-je alors que ma meilleure amie est posée tel un morceau de viande sur la table.
Tout le monde tente de s’interposer mais le viseur de l’arme de mon oncle se pose sur le ventre de sa fille.
— Je viens de marier Lana qui à cette heure-ci doit être en train de se faire féconder, alors croyez-moi, cette petite bâtarde n’a aucune valeur à mes yeux.
— Sale monstre ! hurle ma tante alors que la pièce s’emplit des cris de Dayana.
— Emilio, ils vont la tuer, arrête ça, quémande ma tante désespérée.
Il caresse les cheveux trempés de sueur et de sang de mon amie qui suffoque par ce qu’on lui inflige.
— Jolie Dayana, je vais te poser la question une seule fois, réfléchis bien car ta réponse aura des conséquences. Je suis bon joueur alors je vais même te la donner. Si tu me réponds oui, tout s’arrêtera et ils ne te feront plus de mal. Si par contre c’est non, je tuerai les enfants de Luïs et viderai ta mère comme une truie.
Elle sanglote, tremblant de peur alors qu’il a toujours son arme pointée sur Esperanza. Il fait s’asseoir Daya dans son sang et demande à un des hommes de prendre le relais sur la menace qui plane sur la femme que j’aime.
— Me ferais-tu l’honneur de devenir ma femme Dayana ?
— Non ! crie Alana qui est totalement ignorée par son époux.
Terrifiée, ma meilleure amie se mure dans un silence qui énerve son bourreau.
— Mon ange j’ai besoin d’une réponse, sinon je prendrais ça pour un non et tu sais ce qui arrivera.
Elle a une sorte de haut de cœur et articule péniblement un « oui ». Il pose ses lèvres sur les siennes puis fait appeler le personnel.
— Nettoyez ma fiancée et préparez-la à notre première nuit, ordonne-t-il aux gouvernantes.
— Oui señor.
Dayana est emmenée et n’a même pas la force de se débattre.
— Bien, il va être temps pour moi de consommer ce qui m’appartient. Alana au pied !
— Va te faire foutre Emilio !
Il regarde Esperanza qui recule.
— C’est bon, je te suis, réplique aussi sec tía.
— Pour vous autres, vous pouvez disposer. Estrella ma chérie, ta chambre t’attend. Et si jamais vous aviez l’idée de vouloir tenter quoi que ce soit, sachez que la maison est entourée de snipers avec une vision infrarouge, donc peu importe où Esperanza sera, elle pourra être blessée tout comme vous autres. Bonne nuit.
Lorsqu’il pose sa main sur les reins de ma tante, elle le repousse. Adil est enragé mais tout comme moi et Yelmani, il ne peut rien faire.
— J’ai pas envie de dormir toute seule, nous confie d’un coup Estrella.
— Tu viendras dormir avec nous ma puce, d’accord ? lui propose Esperanza.
— Merci.
Notre lit est assez grand pour nous quatre. Adil quant-à lui, préfère monter la garde. On installe Estrella entre moi et Esperanza qui est contre Yelmani. Les femmes sont ainsi protégées.
— Ça va baby girl ? demandé-je en posant ma main sur son ventre.
— Elle est un peu agitée.
Yelmani pose la sienne et ma sœur aussi. Nous finissons par nous endormir les uns contre les autres. Au petit matin, nous ouvrons nos yeux chacun à notre rythme. Esperanza et Estrella semblent bien l’une contre l’autre.
— C’est quoi ton plan ? me lance Yelmani.
— J’en ai pas. Il menace Espe, je sais qu’il en est capable, Lana sera bientôt enceinte à son tour et elle sera toujours de son côté.
— Alors pourquoi la garder en vie ?
— Pour moi. Il me tient comme ça.
— Quel bâtard.
Il est aussi impuissant que moi. Nous passons à la douche pendant que les filles se réveillent doucement.
— Le mieux serait que vous restiez dans la chambre.
— C’est ça la vie que tu nous offres ? me balance Esperanza durement.
— Baby girl, je n’ai pas de solution.
— Tu devais nous protéger ! Nous offrir une autre vie, enrage-t-elle.
Elle se lève en pointant son doigt vers moi et se crispe d’un coup.
— Bébé ! Qu’est-ce qui se passe ?
Elle se tient le ventre et je panique.
— Va chercher Alana, vite ! ordonné-je à Yelmani qui part en courant.
— J’ai mal ! Je ne veux pas perdre notre fille Dani, pleure-t-elle pendant que je l’allonge sur son lit.
Sa mère débarque et nous devons patienter à l’extérieur de la chambre. Je suis comme un dingue et j’ai l’impression de me vider à chaque seconde qui passe.
— Si elle perd le bébé, je te jure que je fais un massacre, m’assure Yel mauvais.
— Elle est forte, affirmé-je en voulant garder espoir.
Lorsqu’Alana sort, mon cœur s’arrête de battre dans l’attente du verdict.
— Ce sont des contractions dues aux tensions, elles n’ont pas de rôle encore sur le col mais il vaut mieux qu’elle reste allongée et loin de la source de stress.
— Tu veux parler de ton mari je suppose.
— Dani, ne me juge pas, je n’ai pas vraiment eu le choix figure-toi.
— Si tu l’as eu.
Je passe devant elle pour rejoindre la femme que j’aime.
— Elle va bien, c’est juste la fatigue et…
— Je sais baby girl. Il fera une erreur tôt ou tard et je le détruirai.
— Arrête de me promettre une vie qu’on n’aura jamais. C’est fini Danilo, il a gagné. Alors par pitié pour notre bébé, arrête cette guerre perdue d’avance, je n’en peux plus.
Ses yeux sont remplis de larmes et mon ego en prend un coup mais elle a raison, il a remporté la bataille mais certainement pas la guerre. Cependant pour éviter de l’inquiéter, je lui accorde que le temps de sa grossesse soit aussi calme que possible. Pour ça, je déclenche une discussion avec son père qui me reçoit dans son bureau.
— Comment va Esperanza ? me demande-t-il.
— Elle est bouleversée.
— Je me doute. Je n’ai jamais voulu qu’on en arrive là mais vous ne m’en laissez pas le choix. Depuis plusieurs mois, mon image est salie et le cartel en prend un sacré coup. On reçoit des menaces des autres familles qui nous croient affaiblis. Nos partenaires risquent de se barrer et ce n’est pas acceptable.
— Tu attends que je te plaigne là ?
Il ricane et pose ses mains sur mes épaules.
— Non je veux que tu combattes pour moi. T’as un don en toi et je veux l’exploiter. En contrepartie, tu baises avec ma fille avec ton maghrébin et vous lui faites autant de mômes que vous aurez envie, je m’en tape. Je vous entretiendrai et vous protégerai.
— Et si je refuse ?
— T’as vu ce que j’ai fait à Dayana, je n’hésiterai pas à faire pareil pour Esperanza. Sa vie peut être un véritable enfer.
— D’accord mais tu laisses tranquille Estrella aussi.
Il soupire puis s’assoit sur son bureau en se préparant un cigare.
— Jusqu’à ses dix-huit ans, après, elle est à moi.
— Non, elle y est pour rien, tu l’as déjà brisée et…
— C’est non négociable Dani, elle est destinée à me rapporter du fric, elle est faite pour ça.
— Elle est qu’une gosse putain !
— Ouais et alors ? Ne me regarde plus comme ça ! Tu as perdu, hurle-t-il en frappant un grand coup sur le bureau.
Il se lève et vient près de moi. Cette fois-ci je me tiens tranquille, car au-dessus de moi, il y a Esperanza qui peut prendre une balle à n’importe quel moment.
— Tu vas m’obéir, bosser pour moi et ta sœur fera pareil. Si jamais tu t’opposes encore ne serait-ce qu’une seule fois Dani, je file Estrella à Peck et Esperanza prendra sa place sur le trottoir. Je peux les anéantir ou… les protéger et les entretenir. À toi de choisir.
Ma mâchoire et mes poings se serrent quand on frappe à la porte.
— Quoi ! aboie Emilio.
— On a un problème señor.
Le gars fait rentrer Lana en larmes qui se jette dans les bras de son père.
— C’était atroce papou, pitié fais quelque chose, je ne veux plus y retourner.
Il l’enveloppe de ses bras et la berce.
— Chut, tout va bien mon cœur. Je suis là. Ta mère va s’occuper de toi. Allez me chercher Alana !
— Oui tout de suite.
Je reste là, spectateur de la souffrance d’un autre membre de cette famille.
— Bien, j’attends ta réponse, réplique-t-il alors que ma cousine part rejoindre sa mère.
— Tes désirs sont des ordres, tío.
Il a ce sourire de vainqueur que je crève de lui faire ravaler mais c’est impossible. Il me parle des familles à anéantir et Alana débarque.
— Ce fils de pute a complètement bousillé notre fille, Emilio ! J’ai dû lui faire une dizaine de points de suture ! Il est barré ce type, il faut annuler le mariage.
— Certainement pas. Les élections ont trop d’enjeux pour nous. Qu’elle y retourne et vite.
— Em, je t’en supplie, ne la renvoie pas là-bas, il finira par la tuer.
— Non, il sait que je veux une descendance.
Ma tante est hors d’elle mais comprend que son mari ne fera rien.
— Alors stipule-lui que d’enfoncer une tige métallique dans son utérus risque de la rendre stérile.
Là, elle le touche car il s’arrête net.
— Il l’a forcé à s’empaler dessus, elle aurait pu s’éventrer, continue-t-elle au bord des larmes.
— Je discuterai avec lui, t’as ma parole.
— Elle n’a aucune valeur à ses yeux.
Alana claque la porte sans se retourner.
— Quel caractère irrésistible, ricane-t-il.
Il m’offre un verre et continue à me parler de ses affaires. Je dois poursuivre la gestion des arrivages de came. Puis il me propose un rail.
— Elle est cubaine celle-là, j’ai besoin de ton avis dessus.
— J’ai arrêté.
— Non. Dépêche-toi.
Je m’exécute. Les cristaux fondent et se dispersent dans tout mon corps.
— Elle est… parfaite.
Putain elle envoie car j’ai carrément des hallucinations. Une fille canon passe la porte et avance en se déhanchant alors que je plane à dix milles. J’ai grave envie de la baiser. Elle s’agenouille et sort ma queue qui n’en peut plus de l’attendre. Sa bouche est un véritable soulagement. Mon oncle nous observe en finissant son cigare.
— Viens ma belle, indiqué-je à la pute pour qu’elle se cambre sur moi.
Alors qu’elle se déhanche, Emilio vient se foutre derrière et la secoue sur ma bite. Il saupoudre de la came sur ses seins que je renifle. Tout explose en moi, je ne me contrôle plus. Elle est sur le point de crier mais il lui pose une main sur sa bouche, c’est parfait. J’y vais avec force et le sperme se mélange au sang qui éclabousse. Mais je m’en tape car j’ai toujours envie d’elle. Telle une machine, je la détruis. Elle n’est plus qu’une poupée de chiffon entre mes mains. Petit à petit je reprends conscience, putain qu’est-ce que j’ai fait ? Ma queue est dans un corps sans vie mais le pire, c’est qu’Esperanza est là à me regarder.
— Tu vois c’est avec ça que tu baises mon cœur, lui lance mon oncle, satisfait d’avoir eu ce qu’il voulait.
— Je suis désolé Espe, je…
Sans un mot elle part du bureau de son père. Je me retire de ma victime, emmenant avec moi quelques morceaux de chair.
— C’est dans ces moments-là que tu ressembles le plus à Matt, clame-t-il une main sur mon épaule.
— Tu peux la vendre, elle est très bonne, mentionné-je en montrant la drogue qui m’a rendu fou.
— Merci, tu peux aller la rejoindre, si toutefois elle te pardonne.
Quand je remonte, elle est dans les bras de Yelmani. Elle se redresse et contre toute attente elle se jette contre moi.
— Je sais que ce n’est pas toi, je ne le laisserai pas nous séparer. Je t’aime.
— Moi aussi, baby girl.
C’est dans les pires moments qu’on a besoin de soutien et elle m’offre celui dont j’ai besoin.
OceanofPDF.com