Trafic (Tome3) (French Edition)
Chapitre 18
Pardonnez-moi mes péchés
[Danilo]
Esperanza est restée enfermée dans sa chambre toute la journée. Elle n’est pas en super forme d’après Adil, son traitement la rend malade. Je m’affale dans mon coin salon et me prépare de quoi planer un max pour oublier un peu cette vie de dingue.
— Ça va ? m’interpelle une voix masculine.
Je lève la tête difficilement. Tout va au ralenti, mais j’arrive à reconnaître mon cousin.
— Non.
Il s’installe à côté de moi et se prépare un joint.
— Ce soir, on bouge pendant que mon père et Lorenzo sont à la réception de Peck. Ça te tente ?
— Je n’ai pas envie de sortir, je suis bien là, c’est calme.
— Ok. Tu sais que tu peux me parler hein, je suis en état de t’aider. Dis-moi et je me démerderai pour régler le problème.
Ça, c’est tout Andrés, vouloir jouer les protecteurs juste parce qu’il est né quelques mois avant moi.
— Ouais, tu peux.
Il me regarde attentivement.
— Ressuscite mes parents. J’ai grave besoin d’eux là, je suis paumé.
— Mec… je…
— Je ne suis pas de bonne compagnie ce soir. Emmène les filles s’il te plaît, demain sera un meilleur jour.
Il me met une tape sur l’épaule et se tire. Je me replonge dans mon sanctuaire narco et j’arrête de penser. Alors que j’ai fini par m’endormir, j’entends par la fenêtre le bruit d’un ballon de basket. Je reconnaîtrais le son du rebond parmi n’importe quel autre. Je vais sur le balcon et regarde qui s’amuse avec ma passion. Esperanza est là en short court avec un débardeur et tente désespérément de mettre un panier. Elle profite que la maison soit vide, puisqu’ils sont déjà tous partis. J’enfile une tenue adaptée et file la rejoindre.
— Señor, voulez-vous manger quelque chose ? me propose Rosa, une des gouvernantes qui est toujours au petit soin avec nous.
— Esperanza a mangé ?
— Non, je ne crois pas. Elle ne se sent pas très bien.
Pourtant, elle semble aller mieux. Je suppose qu’elle a inventé une excuse pour sa tranquillité.
— Préparez-nous une assiette s’il vous plaît.
Je me dirige vers ma cousine qui s’énerve devant l’ampleur de la tâche.
— Tu tiens mal le ballon, déclaré-je en débarquant sur la piste.
Elle sursaute et pose sa main sur son cœur.
— J’ai eu la trouille ! Tu n’es pas parti ?
— Semblerait que non. Et toi, que fais-tu ici ? D’après les rumeurs, tu ne serais pas en forme.
— Je… je dois rester ici, mon traitement me donne le tournis et la nausée.
Mon oncle a vraiment des idées tordues.
— Cela explique pourquoi tu es si mauvaise au basket.
— Eh ! je vais en mettre un, regarde, réplique-t-elle motivée.
Elle rate encore son tir, je récupère la balle et marque du premier coup.
— Toi t’es grand aussi, ronchonne-t-elle.
— Ce n’est pas une histoire de centimètres, mais de technique. Viens, je vais te montrer, proposé-je.
Elle se mord la lèvre.
— Coquine. Je ne parlais pas de ça, car la taille compte sinon, crois-moi bébé.
Elle pouffe de rire et ses joues prennent une jolie teinte rosée. Je me mets derrière elle et commence à rectifier sa mauvaise posture.
— Écarte un peu plus tes pieds, lui indiqué-je en m’accroupissant.
Bien qu’elle ne mesure qu’un mètre soixante-cinq, elle a de longues jambes fines. Je me redresse et pose mes mains sur ses hanches.
— Axe ton bassin pour être plus droite, afin que ton centre de gravité soit bien équilibré et plie un peu les genoux.
— C’est si méthodique ? me demande-t-elle en tournant la tête vers moi.
— Eh oui, comme n’importe quel art, baby girl.
Elle sourit puis écoute mes conseils. Je passe mon bras autour de son ventre pour poser ma main dessus pour l’aider. Ses abdos se tendent sous mes doigts pendant que son dos se redresse pour se coller contre moi. Je dois me battre pour rester concentré.
— Je ne te pensais pas si joueuse, murmuré-je à son oreille.
On se regarde, je désire ses lèvres, mais il y a trop d’hommes autour de nous pour que je puisse me laisser aller, alors je puise la force de résister.
— Mets une main devant et une derrière le ballon. Tu fixes le panier et tu lèves tes bras vers le ciel tout en poussant sur tes jambes comme un ressort.
La balle vole dans les airs, mais n’atteint pas le panier.
— Je suis vraiment trop nulle, se lamente-t-elle.
— Mais non, c’est une question d’entraînement. Allez, remets-toi en place, on retente.
Après quelques essais, on finit par se faire un petit match.
— Allez, viens choper le ballon.
— Ce n’est pas juste, t’es trop grand ! rit-elle en tentant de me grimper dessus pour l’attraper.
— Je compose avec ta beauté, tu vas devoir t’arranger avec ma hauteur.
Elle se pince les lèvres pour ne pas rire. Le ballon rebondit derrière elle avec une feinte et je file mettre un panier.
— Pff, je ne suis pas faite pour le sport.
— C’est certain que ça te change du yoga.
— Très drôle, comme si j’avais le choix, soupire-t-elle.
Espe est obligée d’en faire quelques heures par semaine afin de préparer son corps à la naissance. L’idée qu’on puisse la forcer à devenir mère me fout la rage. Alors qu’elle tente de me chiper la balle sournoisement, je l’immobilise contre le poteau du panier tout en gardant le ballon dans ma main, au-dessus de sa tête.
— Tu triches, Danilo, chuchote-t-elle.
— C’est toi qui joues la maline.
Ma main gauche vient caresser sa joue et je lui pose un baiser sur le front.
— J’ai faim, s’exclame-t-elle comme une gosse.
J’ai eu raison de prévoir deux parts. Je recule et sans regarder le panier, j’en mets un sous ses yeux envieux.
— Prétentieux, lâche-t-elle.
— Jalouse.
— Possible, réplique-t-elle en se mordant la lèvre encore une fois.
— Tu n’as pas à l’être la rassuré-je.
Après une douche, on s’installe dehors, sur la table et on débriefe sur nos vies. Elle me parle de son couple, ce qui me fait serrer les poings. Cette fille est géniale, douce, belle, intelligente et ce con n’est pas foutu de prendre soin d’elle. On déguste quelques caribañolas, qui sont des sortes de beignets à base de manioc et de viande. Ils sont accompagnés d’une sauce relevée, recette mystère de notre cuisinière qui nous sert toujours des plats délicieux. Alors que j’avale quelques gorgées de bière, Esperanza se frotte la nuque en grimaçant.
— T’as mal quelque part ? demandé-je soucieux.
— Ouais, ça travaille les épaules, ton sport.
Je me lève et viens mettre ses cheveux sur le côté puis pose mes mains sur sa nuque pour la détendre. Sous mes doigts, je sens ses muscles contractés et si on ne les assouplit pas, elle va se taper de méchantes courbatures demain.
— Tu as encore faim baby girl ?
Elle lève son nez, suspectant que je ne parle pas seulement de nourriture.
— Aucune arrière-pensée, veux-tu manger autre chose ?
— Non merci.
— Va t’allonger sur le lit dehors, je vais te masser.
Elle se retourne pour me regarder, comme si j’avais sorti quelque chose d’improbable.
— Tu veux me… masser ? répète-t-elle ahurie.
— Ouais, c’est bien ce que j’ai dit. C’est quoi le problème ? Tu n’aimes pas ça ?
— Je… j’en sais rien.
Là, c’est moi qui tombe des nues.
— Attends là, tu m’offres ta première fois ?
— Si tu la veux oui.
— Je désire tout de toi. Il est temps que tu vives ça. Allez, file te poser, j’arrive.
Je monte rapidement dans ma chambre rapidement pour récupérer de l’huile de massage et en sortant, le bras droit de l’autre connard m’intercepte.
— La signora a besoin de repos, il serait préférable qu’elle aille se coucher.
— Alors je vais éclaircir ton esprit de merde. Ici, c’est chez moi et toi t’es qu’un invité qui n’a pas à me donner d’ordre. Allez, va jouer au clebs avec ton boss.
— Justement, elle ne doit pas veiller, les ordres sont clairs.
— Et bien, tu sais où tu peux te les foutre.
Il pose sa main sur mon épaule, mais Alana débarque.
— Je vais vous demander de rappeler vos hommes. Ma fille a besoin de tranquillité et d’évoluer dans la sérénité. On a l’impression d’être en prison ici. Ce n’est plus vivable.
— Señora Sanchez sauf votre respect, j’ai des instructions.
— Mais vous êtes dans ma demeure. Alors si vous ne voulez pas que je vous tue, vous allez devoir m’obéir, et croyez-moi mon mari ne pourra rien pour vous.
Il m’envoie un regard mauvais et rappelle ses chiens de garde. Ma tante me sourit et retourne auprès d’Adil, qui l’attend sur le seuil de la chambre, un drap autour de sa taille. Je descends, et Esperanza est sur le lit extérieur, posée sur le ventre, les bras croisés sous sa tête. Elle a retiré sa robe en maille blanche et ne porte désormais plus qu’un maillot de bain.
— Prête à vivre ta première fois, baby girl ?
Elle ricane, acquiesce et je me pose à califourchon sur elle. Je tire doucement sur la ficelle de son haut de maillot pour obtenir l’accès à tout son dos. J’observe toutes les cicatrices qui marquent sa vie sur sa peau. Ce n’est pas la première fois que je les vois, mais je ne m’y ferai jamais. L’huile me permet de glisser facilement dessus et elle pousse un long soupir de soulagement. Je remonte le long de sa colonne jusqu’à sa nuque et je ne peux ignorer le plaisir que je lui provoque.
— Dis-moi si tu as mal.
— Non, c’est parfait. Où as-tu appris ça ?
— Bah, en massant, ricané-je.
— Dayana a bien de la chance, ça fait trop de bien. C’en est où vous deux ?
— On n’est plus ensemble.
Elle se raidit.
— Mais vous devez vous marier Dani.
— Euh non ça, c’est ce que veut ton père. Je ne l’épouserai pas. J’aimerais qu’on parle d’autre chose s’il te plaît.
Je l’invite à allonger les bras au-dessus d’elle pour glisser dessus jusqu’à rejoindre ses doigts. Elle pousse un soupir et ses fesses se lèvent contre mon bas-ventre. C’est le moment de penser à quelque chose de très désagréable pour m’éviter des complications, mais mon corps se désolidarise de ma tête et me fout un peu dans la merde là. Je me retrouve coincé. Si j’arrête maintenant, elle va se retourner et voir mon état et si je continue, elle finira par se lasser et va me prendre pour un taré.
— Tu te rappelles quand on se courrait après ? m’interrompt-elle dans ma mise à l’épreuve.
— Comment oublier, tu chouinais dès que je t’attrapais.
— Ce n’est même pas vrai.
Les souvenirs viennent par vague et on se remémore notre enfance. Je me dirige au niveau de ses reins, et elle se cambre sous mes doigts. Putain, elle en fait exprès ou quoi !
— Je crois que t’as un problème de taille baby boy, non ?
— Depuis quand es-tu si joueuse ?
— Depuis toujours, on m’a juste privée de ce plaisir.
Je me frotte un peu à elle, mais je suis stoppé net.
— Tu... tu peux continuer à me masser s’il te plaît, me demande-t-elle.
— Je…
Me voilà en train de bafouiller, putain, mais qu’est ce qui m’arrive !
— J’ai besoin qu’on s’occupe un peu de moi Dani, j’ai jamais eu d’attention et…
— Ok, mais sois sage.
— D’accord.
Je reprends le massage et subit un sacré supplice, je me maudis d’avoir mis juste un pantalon en lin sans boxer, je n’ai pas pensé une seule seconde que je serais si sensible. Lorsque je m’attaque à ses dorsaux, elle se crispe. Putain, mais elle est complètement déboitée.
— C’est douloureux, là ?
— Ouais, depuis un petit moment, ça me résonne jusque dans le ventre.
Je bloque ma mâchoire, car ce genre de douleur, c’est souvent dû à des coups. Les abdominaux se contractent violemment et les dorsaux se verrouillent pour protéger la ceinture abdominale. J’engage mes mains sur le côté de son flanc et vient vérifier mes suppositions. Son ventre se creuse et je tente de lui détendre, me foutant dans une position délicate. Ses fesses sont collées à ma queue qui ne sait plus débander. Des idées déraisonnables me viennent. Je pourrais fermer les rideaux comme quand mon père se cachait avec ma mère et... non !
— Continue, c’est bon, surgit la voix de ma tentation qui attrape mon poignet pour le poser sous son nombril.
— Je…
— S’il te plaît Dani.
— Bébé… je vais vriller si on poursuit.
— J’ai confiance en toi.
Putain, ça veut dire quoi ça ?! Mon cerveau a du mal à fonctionner, mais j’arrive à la soulager au point qu’elle finit par s’endormir. Je m’essuie les doigts dans une serviette et attrape une couverture que je pose sur elle. On dirait qu’elle est apaisée, mission réussie. Elle est si belle que c’est en train de me rendre dingue. Je monte vite dans ma chambre et referme derrière moi. J’empoigne férocement mon érection et m’oblige à ne pas éjaculer. Je me dois de résister ! De ne plus fantasmer ! J’enrage alors que mon cerveau est envahi par des images interdites. Je ne peux plus m’arrêter, je me branle fort et vite.
— Non ! tenté-je de me raisonner.
Je me viole moi-même et m’oblige à cette masturbation que je ne veux plus.
— Arrête, hurlé-je contre moi.
Dévisagé, je me reconnais à peine dans mon reflet. Un sourire sournois se dessine et j’ai l’impression de devenir fou.
— Non pas ça, m’imploré-je.
Les sursauts de l’orgasme arrivent et mon sperme jaillit pendant que je râle le prénom de ma cousine. J’en ai plein les mains et les cuisses. Je me lave et enfile une tenue adaptée à la moto et l’enfourche pour m’éloigner le plus possible de ma tentation. J’arrive à l’église et accours vers le confessionnal.
— Pardonnez-moi mon père, car j’ai pêché, je me confie régulièrement à mes parents décédés et je ne viens voir Dieu que quand je redoute sa colère. Je ne suis pas quelqu’un de bien mon père, pourtant chaque jour, j’essaye de m’améliorer. Je crois que parfois le démon s’immisce en moi.
— Je t’écoute mon fils, qu’as-tu à confesser au seigneur ?
— Je convoite une femme de ma famille. Je la désire, je prends du plaisir alors que je n’en ai pas le droit.
— Dieu nous met souvent à l’épreuve et le démon guette, as-tu cédé à la tentation mon fils ?
— Non.
— Alors repens-toi et Dieu te pardonnera ce péché.
Je demande l’absolution au seigneur et quitte l’église un peu plus léger. Lorsque je rentre, je lance un rapide coup d’œil au lit extérieur, mais elle n’est plus là.
— Elle s’est réveillée, elle est montée se coucher. Où étais-tu ? me questionne mon bras droit.
— Me… confesser.
Il se marre en allumant sa clope et m’en propose une que je ne refuse pas.
— Tu sais, ton père n’aurait pas hésité longtemps, me lance-t-il.
Je le regarde et il ricane.
— Je ne vois pas de quoi tu parles.
— Arrête, tu crèves d’envie de te taper Esperanza. Je te connais par cœur Dani.
— C’est ma cousine !
— Ouais de nom, mais pas de sang.
— T’es encore plus fou que moi.
— Je peux t’assurer que si Céani avait été sa cousine, ton père s’en serait foutu royalement.
Je tire une bouffée de ma cigarette et inhale la fumée pour brûler mes poumons, comme si je voulais me punir de quelque chose dont je ne suis pas encore coupable.
— Lui peut-être, mais elle n’aurait pas accepté. J’adore papá, mais c’est l’exemple de mamá que je tente de suivre.
Il éclate de rire et je le fixe sans comprendre.
— Tu sais à quel point j’ai du respect pour eux, mais je t’assure que ta mère n’avait rien d’une sainte. C’est bien ce qui a rendu fou ton père d’ailleurs. Tu peux combattre autant que tu veux, mais t’es le fruit de deux pécheurs.
— Et je suis censé faire quoi ? Renier mes racines ? Putain, je suis paumé, Adil. Je souhaite rester quelqu’un de bien, honnête et droit dans ce monde pourri. Je sais plus quoi penser.
— Baise-la, clame-t-il d’un ton posé.
Je reste bloqué sur ses derniers mots et il se met à glousser.
— T’en crèves d’envie, continue-t-il en voyant clair dans mes tourments.
— Et si son père l’apprend ? Ou si je pète les plombs comme avec les autres ?
— Elle serait déjà abîmée si le monstre la voulait. C’est la bonne Dani.
— T’es barré, Adil. T’en a conscience ?
— Tu veux retrouver tes parents à ta mort ? me demande-t-il en écrasant son mégot.
Je le scrute pour deviner ce qu’il a derrière la tête mais ce gars est indéchiffrable.
— Ouais, bien sûr, répondis-je.
— Alors ce n’est pas le paradis que tu dois viser.
— T’es un vrai démon toi !
— J’ai eu la chance de servir le diable en personne. Ne renie pas ce que tu es, ni ce que tu ressens, la vie est courte. Tu ne dois rien à cette famille. Je te dis juste ce que ton père te conseillerait. Esperanza n’est pas de ton sang et elle serait bien plus heureuse dans tes bras que dans ceux de son connard de mari.
— Ce n’est pas moi qui vais te contredire, mais…
— Te prends pas la tête, t’es foutu de toute façon, me coupe-t-il en éclatant de rire.
— Ah bah merci.
— Mais de rien, c’est un plaisir de te servir, rétorque-t-il en me tapant l’épaule avant de partir avec un sourire jusqu’aux oreilles.
Après avoir enfilé une tenue plus confortable, je me tire dans ma cabane le cœur lourd. Au loin, je discerne une silhouette avancer dans les hautes herbes. Je la reconnais immédiatement.
— Je peux te rejoindre ? me demande-t-elle en bas.
— Possible, tu m’offres quoi en échange ?
— Laisse-moi monter et tu le sauras.
Et merde. J’acquiesce et elle me rejoint rapidement. Tout mon corps se charge en électricité quand elle m’attrape la main.
— Insomnie, baby girl ?
— Je me suis réveillée seule. J’ai cru pouvoir… mais…
Ses larmes arrivent, je déteste la voir pleurer.
— J’ai peur, Dani, je refuse de donner naissance à un enfant.
— Je sais.
Je l’encercle de mes bras et cherche désespérément une solution qui n’arrive pas. Elle lève son visage et ses prunelles me fixent.
— Je serai là, peu importe les épreuves, susurré-je au coin de sa bouche.
— Pour toujours ?
— Ouais, promis bébé.
Je n’ai plus envie de perdre mon temps et je pose mes lèvres sur les siennes. Au début, elle est raidie par l’interdit puis finit par abdiquer. Notre baiser ne me laisse pas indifférent, et je sens une douce chaleur monter le long de ma colonne vertébrale. Esperanza est superbe et je ne peux plus ignorer l’effet qu’elle a sur moi. Lorsque ses mains glissent sur mes abdos, ma queue se tend contre elle. Elle poursuit notre baiser et se rapproche encore un peu plus. Tous mes sens s’éveillent. Sa salive est délicieuse, son parfum de rose m’emplit les poumons. J’entends notre respiration conjointe, la pulpe de ses doigts me donne la chair de poule et je finis par ouvrir les yeux pour observer l’excitation qui a pris la place de ses craintes.
— Baby boy, siffle-t-elle à bout de souffle.
Ma bouche descend le long de son cou puis près de son oreille, je lui chuchote quelques mots.
— C’est inévitable Espe.
On s’embrasse de nouveau et elle s’accroche à mes hanches. Je l’allonge délicatement sur le lit pendant qu’elle ondule déjà son bassin contre mon sexe.
— On ne doit pas… soupire-t-elle.
J’ignore sa culpabilité, et lui retire son petit débardeur pyjama puis je me débarrasse de son short que j’envoie valser par terre. La voilà totalement nue devant moi. Merde, elle est divine. Sa peau est marquée par son bronzage et mes doigts en dessinent le tour. Lorsque j’arrive au creux de ses cuisses, elle les ouvre pour me laisser passer. Je l’effleure à peine qu’elle gémit contre ma bouche. Mon pouce vient titiller son clitoris déjà bien gonflé pendant que mon index se fraye un chemin.
— S’il te plaît, m’implore-t-elle.
— Profite.
Je la doigte minutieusement et son corps se crispe sous le plaisir que je lui offre. Elle s’agrippe à moi et ma verge durcit dans mon boxer, qui est désormais mon seul rempart. Je dois me battre pour ne pas me foutre à poil et la baiser violemment.
— Dani !!!
Ses cuisses se trempent et sa chatte ouverte m’indique qu’elle est prête à la pénétration, mais là, on franchirait une sacrée limite. Elle est complètement essoufflée par son orgasme et la gêne se dessine sur son visage.
— Ça va ? lui demandé-je pour m’assurer que tout va bien.
— Ouais, mais…
— Parle-moi, baby girl.
— Ce n’est pas bien de céder à la tentation.
Je vois qu’elle est aussi tourmentée que moi sur notre relation.
— On n’est pas du même sang, on n’enfreint aucune règle.
— Je suis mariée, Danilo, j’ai prêté serment devant Dieu.
Voilà une discussion que je refuse. Je me lève et elle tente de me retenir.
— J’en ai rien à foutre de ton mec, de ton père ou même de Dieu, je te veux. Soit je couche avec toi, soit je repars dans ma chambre Esperanza, mais va falloir te décider. Maintenant !
Elle me scrute, hésite et j’ai l’impression d’avoir la tête sous une guillotine.
— Reste.
Sa décision est prise et je retourne près d’elle. Je la couvre de mes baisers, jusqu’à obtenir son intimité sous ma langue et lui impose un plaisir en continu. Elle se tord sur le matelas, s’accroche aux draps et je la recouvre de mon corps. Offerte, j’axe mon sexe qu’elle redoute autant qu’elle le désire.
— Dis-moi si c’est douloureux, je vais y aller doucement.
Je m’enfonce délicatement dans ses chairs. Je m’attends à un blocage rapidement, mais son antre s’ouvre à moi jusqu’à m’accueillir complètement.
— Oh merde t’es grave profonde !
— Et c’est mal ? m’interroge-t-elle soucieuse.
Je bouge le bassin, et elle se mord la lèvre pour ne pas crier.
— Je dirais plutôt que c’est bon, baby girl.
Aucune femme ne m’a prise entièrement, à croire qu’elle est faite pour moi. Je ne m’arrête plus, même lorsque ses ongles s’enfoncent dans ma peau. Elle me griffe, et j’adore ça. Je ne la pensais pas si sauvage. Si dans la vie, elle semble fragile, dans le sexe, elle est bien plus ouverte. À aucun moment, le monstre ne tente de s’immiscer entre nous, même lorsqu’elle vient me dominer.
— Va doucement, tu risques de te…
Je n’ai pas le temps de finir que je suis de nouveau en elle et sans le moindre signe de douleur sur son magnifique visage. Elle s’appuie sur mes cuisses et son ventre se déforme. Mierda ! Un long gémissement s’échappe de sa bouche et elle ondule des hanches pour jouir sur moi. Je n’ose rien lui dire pour ne pas casser cette bulle autour de nous et accepte ce qu’elle m’offre. Tout est si parfait que lorsque mon sperme gicle et que nos âmes se retrouvent, je voudrais lui avouer que je l’aime. Ce moment est unique, et si ma première fois ne m’a pas marqué, celle-ci sera gravée à vie. Elle reste un temps posée sur moi pendant que j’effleure son dos.
— Faut que je retourne dans ma chambre avant qu’il ne rentre, murmure-t-elle d’une petite voix.
— Un jour, tu n’en auras plus l’obligation, je te le promets.
Elle esquisse un début de sourire, se rhabille et s’éloigne de moi. Je regarde le ciel, puis la croix autour de mon cou. Pardonnez-moi mon père, car j’ai pêché et je ne compte plus m’arrêter.
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